Max Allegri « J’ai failli démissionner »

Max Allegri, entraîneur de la Juventus et tacticien de génie s’est exprimé pour The Player’s Tribune à propos de sa carrière, la finale de la dernière édition de la Ligue des Champions ainsi que son licenciement au Milan : extrait.

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La dernière finale de Ligue des Champions

Quand j’ai vu la frappe de Mandzukic lober le gardien, j’ai pensé « Wow… Et si ça rentrait ? » Puis la balle a terminé au fond des filets, et j’ai pensé « Peut-être que c’est notre occasion ». Ce but a été, dans sa création, une séquence technique magnifique de la part de nos joueurs, en plus d’une finition merveilleuse de la part de Mario Mandzukic. Pour moi, c’est un but qu’on ne reverra jamais.

Cela montre quelle est la nuance quand on est un club qui dispute une finale de Ligue des Champions. Tu ne peux pas simplement être très bon, tu dois être spécial. De notre côté, on a des joueurs « spéciaux ». Mais le Real en a beaucoup également. Pendant la seconde mi-temps, je me suis rendu compte que l’on n’avait pas les outils et les pièces dont on aurait eu besoin pour gagner. Deux de nos joueurs pouvaient à peine tenir debout à cause de blessures, et le Real a, en plus de ça, joué un match très intelligent. Ils étaient tranquilles, dans leur zone de confort. Pour arriver jusqu’en finale, tu dois avoir et du talent et de la chance. Pour la gagner, tu dois être la meilleure équipe. Et cela peut paraître étrange, mais lorsqu’à la fin de ce match j’ai quitté le terrain, j’étais apaisé. Parce que je savais que l’on n’était pas la meilleure équipe. C’est aussi simple que ça. J’ai quitté Cardiff avec l’équipe et je suis retourné en Italie.

Le lendemain, quand je suis arrivé chez moi, il m’était essentiel de me poser une question très compliquée : « Est-ce que c’est la fin de notre chemin ? Est-ce que je peux encore amener cette équipe plus haut ? » Je me suis demandé s’il fallait que j’écrive le dernier chapitre de mon histoire avec la Juve. Une partie de moi me faisait penser qu’il fallait que je donne respectueusement ma démission le lundi. Puis quand j’ai pensé à l’équipe, ma décision est devenue plutôt personnelle. Je sais que j’ai encore beaucoup à prouver. Et je sais que j’ai encore beaucoup à leur apprendre. Alors cette nuit là, avant d’aller me coucher, j’ai décidé que si le club était d’accord avec ma stratégie et que l’on pouvait avancer ensemble, je serais resté. Le lendemain matin, tout était clair dans ma tête. Je me suis rendu à mon bureau à 7 heures, j’ai bu mon café, et une nouvelle saison commençait. Avec de nouvelles opportunités.

La nouvelle saison

Dans les médias, beaucoup de choses ont été dites sur cette équipe et sur ses joueurs. Sur ce que l’on pouvait faire, sur ce que l’on ne réussirait pas à faire… Moi, je n’ai qu’à regarder Paulo Dybala et Gigi Buffon. En un certain sens, ils sont les symboles de cette équipe. Je vois Dybala comme un brillant jeune homme qui va commencer sa première année à l’école. Et Buffon, qui a gagné la Coupe du Monde, est en quelque sorte un doctorant. Un a sa carrière devant lui, l’autre est proche de la fin. L’un veut montrer qu’il peut être l’un des meilleurs en Europe ; l’autre est déjà l’un des meilleurs, mais qui veut soigner son histoire jusqu’à la fin.

Je sais qu’on peut tirer des leçons de Cardiff. Je sais que l’on peut faire une grande saison. Je sais que l’on peut faire une superbe Ligue des Champions. Maintenant, il ne nous reste plus qu’à travailler. On tentera encore une fois d’ouvrir le bal à La Scala. Ce qui est bien avec l’Opéra, c’est qu’il y a une nouvelle représentation chaque année.

Son départ de Milan 

Mon licenciement a été le moment le plus important de ma carrière. En tant que coach, c’est des échecs que tu apprends le plus. Quand je pense au moment le plus important de ma carrière, ce n’est ni le Scudetto ni la Ligue des Champions qui me viennent en tête. C’était le jour où je suis arrivé dans les bureaux de Milan et que j’ai été viré. Ce n’était de toute façon pas une surprise, je savais que j’allais être viré. Ils ont été respectueux, ils m’ont dit entre quatre yeux que j’allais quitter mon poste. Mais ça n’a en rien atténué à la déception. Dans un coin de ta tête, tu es de toute façon conscient qu’un limogeage fait partie de la vie d’un coach. Mais cela n’empêche pas, au plus profond de ton cœur, le sentiment d’échec. Quand j’ai quitté le Milan AC, je l’ai vécu comme un échec professionnel.

Propos traduits par @Cazatizi

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