Baggio et Bernardeschi, quand l’histoire se répète

18 mai 1990. La Juventus officialise l’arrivée de Roberto Baggio en provenance de la Fiorentina après 5 saisons passées en Toscane. Il restera pendant 27 ans le dernier italien à avoir fait le chemin dans ce sens, pourtant jamais la distance temporelle n’a été aussi courte que ces derniers jours, et pour cause l’histoire est sur le point de se répéter.

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Baggio et Bernardeschi, tous deux numéro 10 de la Fiorentina passés à la Juventus

A Florence c’est une ancienne blessure qui se ravive, encore une fois, l’idole locale s’en va, encore une fois le numéro 10 de la Fiorentina rejoint l’ennemi turinois. A Turin, c’est la joie d’avoir encore une fois enlevé à la tifoseria rivale son joueur fétiche qui domine. Deux joueurs que Florence a aimé, chéri et surtout soigné comme ses propres enfants. Le premier, Roberto Baggio arrivé avec un genou meurtri par une rupture des ligaments croisés en provenance de Vicenza. Le second Federico Bernardeschi à qui il est diagnostiqué une anomalie cardiaque quelques mois après ses débuts chez les pros, qu’à cela ne tienne, Florence attendra leurs retours avant de leur permettre de se révéler aux yeux du monde.

Bernardeschi était l’héritier désigné de « L’unico dieci » Giancarlo Antognoni qui y a passé l’essentiel de sa carrière, lui qui avait osé dire « non » à la Juventus. Federico était à l’instar d’un Brunelleschi devenu l’un des symboles de la renaissance -sportive cette fois- florentine, lui le toscan pur souche évoluant à la Fiorentina depuis ses 9 ans et dont il jurait vouloir en devenir une bandiera. Il n’en sera rien, le natif de Carrara n’a pas résisté à la possibilité de récupérer le mythique numéro 10 de la Juventus qui n’a plus été porté par un italien depuis le départ d’Alessandro Del Piero en 2012 et qui de 1990 à 1995 était la propriété d’un certain…Roberto Baggio.

Accusation de trahison, banderoles insultantes, et certificat médical bidon pour permettre  à Bernardeschi de sécher la reprise de l’entrainement, le divorce entre Florence et son enfant prodige se passe mal, tout semble fait pour répéter l’histoire de ce mois de mai 1990. Alors que le président de l’époque, Flavio Fontello négocie la vente de Baggio à Turin pour une somme record de 18 milliards de lires, une colère noire s’empare de la capitale de la Toscane. Les ultras descendent dans les rues de Florence, créant de véritables émeutes, jets de cocktails molotov et affrontements avec la police plongent la ville dans le chaos. Le peuple Viola organise même une descente à Coverciano où Roberto Baggio était en stage avec la Nazionale pour préparer le Mondial, les insultes et autres crachats fusent, les mêmes que les tifosi de la Fiorentina auraient voulu envoyer à Bernardeschi comme l’évoquait une banderole déposée il y’a quelques jours devant l’Artemio Franchi.

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Banderole déployée à l’encontre de Bernardeschi avant son transfert

La comparaison pourrait cependant s’arrêter là, alors que Baggio a souvent répété « Je ne suis pas parti, c’est le club qui m’a vendu. », Bernardeschi pourra difficilement utiliser cette excuse après avoir refusé l’offre de prolongation de la Fiorentina et déclaré à la Gazetta Dello Sport qu’il aimerait jouer pour les bianconeri. Lors de son retour à Florence avec le maillot de la Juventus, Baggio refusera même de tirer le pénalty – qui sera raté par De Agostini, permettant à la Fiorentina de s’imposer 1-0 – contre son ancienne équipe, lors qu’un supporter Viola lui lance une écharpe, « Il Divin Codino » la récupère et la serre contre lui comme pour témoigner son amour au club qui lui a permis de se révéler. Mars 2017, Bernardeschi ne le sait surement pas encore aux moments des faits mais il a lui aussi une écharpe qu’il retrouvera dans son destin, cette écharpe c’est le maire de la ville de Viareggio qui lui tend, une écharpe…de la Juventus, le natif de Carrara la refuse et dit que s’il l’accepte il sera jeté en prison par ses tifosi, ce geste qui il y’a quelques mois fut interprété comme une véritable déclaration d’amour ne ressemble aujourd’hui qu’à un moyen de dribbler une éventuelle polémique.

Antonio

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