Les quatre A qui ont fait renaître la Juve

Il est des moments charnière dans la vie des clubs qui ne peuvent être oubliés ni par les supporters, ni par les simples observateurs du football. L’ère Allegri – deuxième grand période du règne d’Andrea Agnelli – en est un. En effet, voilà que la Juve, après une décennie passé dans l’ombre – et même dans la honte – retrouve sa gloire d’antan, à nouveau respectée et crainte, elle a réintégré le gotha du football européen avec une nouvelle qualification en demi-finale de la Ligue des Champions grâce au génie de quatre hommes, quatre A dont le dernier vient de parachever ce grand retour.

Juve des 4

 

Andrea Agnelli, le boss

Neveu du mythique Gianni Agnelli, c’est lui le grand architecte du grand retour de la Juventus. Alors de retour en Serie A après le traumatisme Calciopoli et une descente aux enfers, la Juve se retrouve perdue, sans moyens, sans idée et patine comme le démontre la piteuse septième place obtenue à la veille de l’arrivée de l’héritier de « l’Avvocato » Entré en fonction en juillet 2010, il pose les bases de ce retour en s’entourant d’une équipe compétente dans les domaines financiers et sportifs. Dans le domaine financier, ce capitaine d’industrie formé à Oxford et Milan pratique une politique de saine gestion des finances et de recherche de juteux sponsors lui permettant d’accroître sa puissance d’action, de plus, il redonne à la Juve une envergure internationale par le développement de la marque juventina à travers le monde. Le volet sportif,  n’est pas moins rayonnant, il nomme à son arrivée Giuseppe Marotta, ce dernier, génie du mercato s’acclimate parfaitement à la politique financière de la Juve et pratique une politique de transferts à bas coût de joueurs amenés à devenir des tops ou de joueurs sous-cotés en quête de revanche. C’est comme ça qu’arrivent Andrea Barzagli pour 500 000€, Arturo Vidal pour 10 millions, Leonardo Bonucci pour 15 millions, Stephan Lichtsteiner pour 10 millions, Carlos Tevez pour 9 millions, ou encore Paul Pogba et Andrea Pirlo gratuitement. La stratégie paye et Andrea Agnelli se retrouve rapidement à la tête de la meilleure équipe d’Italie notamment grâce à un gros coup de sa part : la signature d’Antonio Conte.

Antonio Conte, l’enfant prodige

Après l’échec Luigi Delneri, et une piteuse septième place obtenue, Agnelli fait appel à son chouchou, l’homme qu’il estimait être le seul à même de manager l’équipe turinoise, j’ai nommé Antonio Conte. Ancienne gloire de la Juve et capitaine emblématique de la Vieille Dame avec laquelle il décroche le graal européen en 1996, c’était l’enfant de la maison, l’oiseau qui rentre au nid, l’enfant prodige revenant à son père ! Personne ne pouvait mieux représenter l’âme juventina que lui. En mai 2011, il signe un contrat de deux ans faisant de lui le nouvel homme fort du vestiaire bianconero, très rapidement, il construit un groupe qu’il inscrit dans une de ces aventures humaines qu’ont connues toutes les grandes équipes de l’histoire du football. Il impose son style, et redonne à cette équipe une force, un orgueil d’elle même, un caractère, en un mot : une âme ! En l’espace de trois saisons, par sa maîtrise tactique et son leadership charismatique, Antonio Conte fait de la Juventus la meilleure équipe d’Italie, et remporte alors trois fois de suite le championnat – dont  le premier est gagné en étant invaincu – et deux Supercoupe d’Italie. Cependant, il échoue toujours dans les compétitions européennes et ne parvient pas à imposer la Juve dans la classe des grands. Ces succès, il les doit au fameux 3.5.2  de son inspiration et cette défense à trois (Chiellini, Bonucci, Barzagli) qui deviendra la meilleure au monde ainsi qu’à Andrea Pirlo, le maître à jouer de cette nouvelle Juve.

Andrea Pirlo, le fuoriclasse

Nous sommes en mai 2011, les observateurs du football italien considèrent qu’Andrea Pirlo vieille gloire du Milan AC – alors laissé libre de tout contrat par  Milan – est un joueur trop fragile, physiquement en deçà d’autres joueurs à son poste, sans référence, en bref, fini pour le football. Cependant, Giuseppe Marotta alors directeur sportif de la Juventus, décide de le faire signer dans le club piémontais voyant en lui le futur cerveau des hommes d’Antonio Conte. Très rapidement, Pirlo donne raison au pari de Marotta, placé au cœur du jeu au poste de regista, il devient le cerveau de cette équipe dès la première saison en distribuant seize passes décisives. Il démontre à tous qu’il n’a rien perdu de ses qualités d’antan : une vision de jeu hors du commun accouplée à une qualité de passe qui fait de lui l’un des meilleurs organisateurs du monde, ainsi qu’une patte de génie qui fait de lui un tireur de coup de pied arrêté exceptionnel. Véritable meneur sur comme en dehors du terrain, il sera l’un des grands artisans de l’épopée de 2015 durant laquelle la Juve se hisse en finale de la Ligue des Champions. Arrivé en bout de piste à l’issu de cette aventure, il aura néanmoins prouvé à tous qu’il était encore au niveau pour un défi de la sorte, et notamment à Massimiliano Allegri, l’architecte de cette épopée qui, ironie de l’histoire fût celui qui le vira de Milan…

Massimiliano Allegri, le maestro

Nous sommes à l’été 2014, Antonio Conte vient de quitter Turin avec perte et fracas, Andrea Agnelli cherche alors un nouvel homme fort pour diriger la Juve, et nomme alors Massimiliano Allegri qui sortait alors d’une aventure Milanaise assez prometteuse bien qu’ayant mal finie. Accueilli sous une pluie de critiques par les supporters bianconeri voyant en sa nomination une mauvaise décision qui ferait régresser le club. Après des débuts chaotiques, il remet l’équipe sur les rails et lui fait retrouver le chemin de la gagne. Tacticien de génie, stratège hors du commun et pragmatique radical, il fait de la Juve une équipe pratiquement invincible et à nouveau un candidat sérieux à la victoire finale en Ligue des Champions. Ses choix tactiques – souvent mal compris et critiqués – font souvent mouche, et lui assurent une maîtrise totale des matchs, sa grande flexibilité tactique lui permettant également d’utiliser de façon optimale chaque joueur composant son effectif. Dès sa première année, il envoie la Juve en finale de la Ligue des Champions en éliminant successivement le Borussia Dortmund, l’AS Monaco et le Real Madrid mais est malheureusement défait par le Barça. Les deux années qui suivent, Allegri confirme qu’il est l’homme qui fera prendre une nouvelle dimension aux joueurs de la Vieille Dame avec un match d’anthologie contre le Bayern en 2016 et cette année avec une qualification en demi-finale en ayant éliminé Porto et le Barça sans prendre un seul but. Sur le plan national, il remporte deux fois le championnat, portant à cinq le nombre de titres successifs gagnés par cette équipe, renouvelant alors l’exploit de la Juventus des années 1930 et son fameux Quinquennat d’or, il y ajoute deux coupes d’Italie ainsi qu’une Supercoupe d’Italie.

Sept ans. C’est ce qu’il aura fallu  aux quatre A pour remettre la Juve à sa place, c’est-à-dire au sommet du football européen. Chacun à leur manière ont apporté un élément clé, un rouage indispensable au retour de la Vieille Dame à la table des grands. Dans trente ans, lorsque l’on parlera de cette période de régénérescence, il sera alors dans l’ordre des choses que l’on parle de « la Juve des quatre A »

@OsxSts

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