Parme : Chronologie d’une chute et espoirs nourris

Parme, ce n’est ni plus ni moins un club mythique du football italien. Entre années de galère, gloire et faillites diverses, retour sur l’histoire récente du club et aspirations futures. De la naissance du club dans les années 1910 à sa renaissance : comment comprendre le Parma Calcio ?

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Création et stagnation

Avant de parler de son histoire récente, il nous semble intéressant de revenir brièvement sur les premières années du club. Ce dernier est créé en 1913 sous le nom de Parma Foot Ball Club et dispute alors plusieurs championnats dans les catégories régionales. En 1922, la construction du stade est lancée par Ennio Tardini, figure symbolique extrêmement importante pour le club. Puis en 1924-1925, la première promotion du club en première division intervient, pour une année seulement. Parma Football Club devient Parma Associazione Sportiva en 1930, et vingt-trois années de balançoire entre Serie B et Serie C s’en suivent, avant que le club ne réussisse enfin à se stabiliser à partir de la saison 1953-1954 : onze années de Serie B consécutives, sans briller ni démériter. Fidèle à son histoire, le club rétrocède d’abord en Serie C en 1964 puis en Serie D l’année suivante. Ce sont donc des années de galère qui caractérisent le club parmesan depuis sa création, puisque le club ne parvient pas à s’inscrire dans la durée au haut niveau.

La situation ne va pas en s’améliorant pour le club, puisqu’il est placé en 1968 en liquidation judiciaire. Il est alors repris par plusieurs entrepreneurs parmesans qui ne le présideront qu’une année, puisque dès la saison 1969-1970 les dirigeants renoncent à l’inscription au championnat. C’est l’autre club de la ville de Parme, la Parmense, qui milite également en Serie D, qui se retrouvera avec le monopole footballistique. Le club de la Parmense rachète Parma Associazione Sportiva et quelques joueurs de l’effectif, et choisit judicieusement de respecter la tradition chère aux tifosi parmesans, en reprenant les couleurs du club et le nom de Parma Associazione Calcio. Malgré une première saison réussie avec une promotion en Serie C, les années qui passent se suivent et se ressemblent pour l’équipe, qui ne parvient toujours pas à gravir durablement les échelons. Mais la patience des parmesans finira par payer, puisque durant la saison 1985-1986, un certain Arrigo Sacchi amènera le club à la promotion en Serie B. Au milieu de ces mêmes années 80, le club réussit également à se stabiliser financièrement sous l’égide du président Ceresini, qui obtient notamment un contrat de sponsorisation avec Parmalat.

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Après qu’un très jeune Zdenek Zeman ait pris les rênes de l’équipe, sans succès, le président Ceresini choisit comme entraîneur Nevio Scala durant la saison 1989-1990. Le club débute brillamment la saison. Cependant, la mort du président Ceresini au cours de l’année plombe le moral des troupes qui pendant quelques matches enchaînent les défaites. Finalement, comme un merveilleux hommage, l’équipe accroche la quatrième place de Serie B et décroche la première promotion en Serie A de son histoire.

Les années 90, les années en or

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Les années 90 sont incontestablement la période la plus glorieuse du club parmesan. Après cette première promotion en Serie A, le club passe dans les mains du groupe d’investissement Parmalat, qui décide de faire de Parme un grand d’Italie. Les effets sont immédiats : dès la première année, le club finit sixième du championnat et se qualifie pour la Coupe UEFA. L’année suivante, le premier trophée de l’histoire du club est gagné, une Coupe d’Italie arrachée à la Juve lors d’une victoire 2-0, alors que les parmesans s’étaient inclinés 1-0 à l’aller. Le club se structure, des investissements sont faits avec notamment les recrues de Faustino Aprilia et Gianfranco Zola et les succès s’enchainent alors : d’abord la Coupe des Coupes en 1993, premier trophée européen du club, puis la Supercoupe d’Europe en battant Milan 2-0 à San Siro, après avoir perdu le match aller sur le score de 1-0. Parme passe également tout proche d’un doublé européen mais est défait en finale de la Coupe des Coupes par Arsenal.

La saison 1993-1994 est caractérisée par un triple duel face à la Juventus : en championnat et en Coupe d’Italie, ce sont finalement les bianconeri qui montent sur la plus haute marche du podium, tandis que Parme remporte la Coupe UEFA grâce notamment aux superbes performances de Dino Baggio. C’est un grand monsieur du football italien qui s’installe ensuite sur le banc à partir de la saison 1996-1997, c’est à dire Carlo Ancelotti. Le club finit deuxième du championnat et se qualifie alors pour la première fois de son histoire en Coupe des Champions, ancêtre de la Ligue des Champions. L’équipe parmesane réussira durant les années 90 à mettre en avant de grands joueurs, notamment un trio défensif que l’on ne reverra pas de sitôt, composé de Gianluigi Buffon, Fabio Cannavaro et Lilian Thuram, et des joueurs offensifs du calibre de Chiesa ou Crespo. Les années passent et Parme continue d’être une machine à gagner.

En 1999-2000, sous les ordres d’Alberto Malesani, le club remporte deux titres avec d’abord la victoire en coupe d’Italie, puis celle en Coupe UEFA. La saison suivante débute par une victoire en Supercoupe d’Italie face au grand Milan AC, mais est finalement moins glorieuse que les précédentes : Parme semble avoir perdu de son aura et l’équipe enchaîne les entraîneurs – Malesani, Sacchi, Passarella et Carmigiani… L’année se conclura tout de même par une nouvelle victoire en Coupe d’Italie. En 2002-2003, c’est au tour de Cesare Prandelli de prendre place sur le banc des gialloblù. Après des départs importants, c’est notamment grâce aux belles performances d’Adriano et de Mutu que le club termine à la cinquième place.

Les années 2000, le crac Parmalat et la gestion défaillante

Après ces merveilleuses années 90, le club va connaître des évènements qui marqueront à jamais son histoire. L’actionnaire majoritaire du club, Parmalat, s’effondre financièrement en 2003. Le patron Tanzi est alors accusé de banqueroute frauduleuse. Le club devient donc d’une grande fragilité financière et est placé sous administration contrôlée. Après une saison de Serie A honorablement conclue à la cinquième place, le club parvient à éviter la faillite totale en se transformant en Parma Football Club et en bénéficiant d’une loi gouvernementale destinée aux grandes entreprises, loi qui lui permet d’attendre un hypothétique repreneur tout en conservant les dettes de l’ancienne administration. L’équipe ressent le contrecoup de cette situation tourmentée et lutte jusqu’au dernier souffle pour son maintien, mais réussit tout de même à se hisser jusqu’en demi-finale de Coupe UEFA. Puis dès la saison suivante, l’équipe désormais entrainée par Mario Beretta retrouve les compétitions européennes, grâce notamment aux diverses pénalisations liées à Calciopoli qui touchent les autres clubs.

Cependant, le club semble de plus en plus fragilisé, malgré qu’il ait été repris par l’industriel Ghirardi. En effet, il est compliqué pour le club et ses tifosi d’imaginer un futur sain et cohérent, tant le flou règne autour des dirigeants, de la gestion du club et de ses finances. L’optimisme n’est pas de mise, et Parme s’intéresse plus à survivre footballistiquement qu’à retrouver une dynamique viable. En 2006-2007, Stefano Pioli est sur le banc du club mais les résultats ne suivent pas. Ranieri prendra finalement sa place en cours de saison et sauvera cette même année le club de la relégation. Mais la saison suivante est totalement manquée : trois changements d’entraîneurs conduisent le club en Serie B, après dix-huit saisons consécutives en Serie A. Une année au purgatoire avant que le club ne remonte en première division et qu’il ne finisse huitième. Parme enchaîne pendant quelques années des résultats en dents de scie, jusqu’à la saison 2013-2014 et l’arrivée notamment d’Antonio Cassano, dans une équipe qui depuis 2012 est dirigée par Roberto Donadoni. Certains leaders techniques, dont Cassano, réussissent à s’affirmer. Le football efficace pratiqué par les hommes de Donadoni leur permet de se qualifier à la surprise générale au troisième tour préliminaire d’Europa League. Les ennuis ne sont cependant pas terminés : faute de certains paiements non réglés aux instances, l’UEFA refuse d’accorder au club la licence nécessaire pour participer à la Coupe d’Europe. Les dirigeants ne sont plus en mesure de payer les salaires des joueurs, du staff et de tous les dépendants du club. Dans un ultime baroud d’honneur, les joueurs acceptent de ne plus être payés. En quelques semaines, les dirigeants se succèdent tout comme les changements de propriété. En vain, puisque les problèmes financiers ne font que s’aggraver et condamnent le club à une seconde faillite. Le Parma Football Club est dissout et c’est toute l’Italie du foot qui est endeuillée.

Quel avenir pour le club ?

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Suite à cette faillite, conjuguée à la semi-dissolution du club, un nouveau club vient à naître. Pour la saison 2015-2016, la S.S.D. Parma Calcio 1913, affiliée à la FIGC, disputera le championnat amateur de Serie D. Poussé par l’enthousiasme intact des tifosi et par la permanence de quelques cadres, dont le capitaine Lucarelli, l’équipe termine la saison en n’ayant enregistré aucune défaite. Le club peut donc fêter dès avril 2016 son retour dans le monde du football professionnel. Depuis la faillite printanière de l’année 2015, c’est un consortium composé d’entrepreneurs locaux et de tifosi gialloblù qui est propriétaire du club. Cela dans le but de garantir de façon pérenne les intérêts footballistiques du club, après que des dirigeants soit malhonnêtes, soit laxistes l’aient condamné à deux faillites en moins d’une décennie. L’important est pour le club de se reconstruire. Pour cela, Parma Calcio peut compter sur ses merveilleux supporters, qui font enregistrer à la Lega Pro des records de fréquentation des stades, mais aussi sur cette idée certaine et incontestable que Parme a été un grand club et doit le redevenir. L’équipe, composée dans sa quasi-totalité de joueurs italiens, est aujourd’hui deuxième de Lega Pro et entend bien participer aux play-off pour la promotion en Serie B. La route est encore longue pour un retour au premier plan, mais le chemin emprunté semble être le bon. Il s’agit désormais de reconstruire un club sain sur le plan financier, grandement structuré, et qui mise sur la formation pour revenir au plus vite dans le calcio che conta.

Gabriel 

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