Le point sur la 28 ème journée de Serie A

Nous avons eu le droit ce week-end à beaucoup d’émotions et à des matches intéressants et rythmés, dans un championnat qui semble proche de livrer son verdict pour la course au titre et dans la lutte pour le maintien. Retour sur cette vingt-huitième journée du championnat italien, entre derby della Lanterna et duels pour l’Europe.

dzekoo

Ultra-domination et polémiques

C’était l’une des affiches de ce week-end. Un match anticipé au vendredi, puisque les bianconeri doivent jouer ce mardi leur huitième de finale retour face au FC Porto. La Juve contre le Milan, l’un des matches les plus attrayants du championnat italien, bien que les rossoneri aient perdu de leur lustre d’antan. Quelques absences des deux côtés : Chiellini légèrement touché, Alex Sandro au repos, Marchisio pas tout à fait remis et Mandzukic forfait en début de soirée pour la Vieille Dame, tandis que du côté du Milan, c’est le capitaine Abate qui était absent côté droit, ainsi que les deux principaux atouts offensifs Suso et Bonaventura. Un match que la Juve a tout de suite maîtrisé tant elle a étouffé les rossoneri et s’est créée des occasions en rafale. Dybala, Higuain, Khedira et Pjaca ont inquiété un Donnarumma impérial tout au long de la rencontre, avant que Benatia ne crucifie finalement les milanais à la suite d’une merveilleuse action en triangle et d’une passe décisive de Dani Alves. Trentième minute, 1-0, score logique. Mais Milan a du coeur et sur un contre éclair emmené par Deulofeu à la 43ème, c’est au tour de Bacca de tromper Gigi Buffon. Cruel pour la Juve, qui encaisse un but sur la première incursion milanaise. Au retour des vestiaires, même physionomie. La Juve a le ballon, met souvent en danger Milan mais les miracles à répétition de Donnarumma – on en est maintenant certains, futur très très grand gardien – et la maladresse des turinois tiennent les rossoneri en vie. Des milanais qui semblent plus en confiance et qui, en contre, vont même jusqu’à mettre en danger la défense de la Vieille Dame, sur deux frappes lointaines puis sur une passe en retrait manquée de Benatia. La Juve fait le forcing mais n’y arrive pas. Les nerfs se tendent des deux côtés, Sosa est expulsé à la 93ème et l’on semble se diriger inexorablement vers un match nul. Pourtant dans la minute qui suit, la Juve lance un dernier assaut et le centre de Lichsteiner est touché du bras par De Sciglio. Pénalty pour la Juve, que Paulo Dybala transforme à la 97ème dans un Juventus Stadium en ébullition. Les bianconeri parviennent finalement au bout du suspense à consolider leur place de leader. Milan reste pour sa part scotché en septième position, voyant les places européennes s’éloigner. Un scénario rocambolesque et qui laisse des traces chez les milanais, puisque pour beaucoup – joueurs et dirigeants – les nerfs ont lâché ce vendredi.

Derby della Lanterna :

 

Un autre derby historique s’est joué ce week-end en Italie, le derby de Gênes entre le Genoa et la Sampdoria. Deux tifoserie en grande forme et un spectacle qui était garanti sur le terrain et dans les tribunes. Après la série de résultats négatifs et une inquiétante position au classement, les rossoblù du nouvel entraineur Mandorlini accueillaient samedi soir une Sampdoria en grande forme, invaincue depuis six matches. La dynamique a été respectée, puisque ce sont les hommes de Giampaolo qui se sont imposés sur le plus petit des scores. Le buteur ? Luis Muriel, qui d’autre. L’attaquant colombien réalise sa meilleure saison en Italie et a pris la bonne habitude d’être décisif ; il a rapporté les trois points à son équipe lors des trois derniers matches où il a marqué : contre le Milan à San Siro, contre la Roma sur coup-franc direct et dans le derby de Gênes. Avant l’ouverture du score, pas mal d’occasions des deux côtés dans un match où les deux équipes ont finalement limité les risques : Muriel a lancé les hostilités d’un plat du pied décroisé qui a frôlé le montant du Genoa, avant que les contres des rossoblù n’offrent deux splendides occasions à Simeone et Pinilla. En seconde période, c’est la Sampdoria qui s’est montrée dangereuse : Luis Muriel, encore lui, a frappé la barre transversale sur un missile du pied gauche, Quagliarella a trop croisé sa frappe des seize-mètres, avant que le colombien ne profite d’une mauvaise passe latérale de la défense du Genoa pour récupérer le ballon, percuter plein axe et marquer son dixième but de la saison. Le score ne bougera plus, et la Samp passe dans la première moitié de tableau en neuvième position. La mauvaise dynamique du Genoa, elle, continue, le club étant englué en bas de tableau.

Les matches du dimanche :

Mauro Icardi, 23 ans, capitaine et fer de lance des nerazzurri

Le festival de l’Inter, le tranquille après-midi du Napoli :

Dans un match extrêmement intéressant tant pour l’état de forme des deux équipes que pour la course aux places européennes, l’Inter et l’Atalanta s’affrontaient ce dimanche après-midi à San Siro. Si le match a mis un bon quart d’heure à décoller, c’est ensuite trente minutes de folie qui ont eu lieu entre la 17ème et la mi-temps, avec pas moins de six buts (!) marqués. C’est d’abord Mauro Icardi qui s’est mis en lumière, avec trois buts inscrits en à peine dix minutes. Ensuite Banega, déjà passeur sur le troisième but du capitaine intériste, s’est fendu d’un remarquable doublé ; puis deux minutes avant la pause, le jeune Freuler a marqué pour l’Atalanta. Dans une semaine où la remuntada est à la mode, l’Inter ne s’est pour sa part pas endormie au retour des vestiaires. Gagliardini a dès l’entame de la deuxième période inscrit le but du 6-1 face à son ancienne écurie, avant que Banega ne marque le but du 7-1. Dans un match qui s’annonçait équilibré, les nerazzurri n’ont finalement pas fait de détail et continuent sur leur formidable lancée. Les hommes de Pioli sont quatrièmes, en attendant la rencontre entre le Torino et la Lazio ce lundi soir. Un match que la troupe de Gasperini devrait elle aussi suivre avec attention, puisque les bergamasques sont à seulement un point de la Lazio, cinquième, et donc d’une place en Europa League.

Fraîchement éliminés de la Ligue des Champions, les napolitains se devaient absolument de rester concentrés et de repartir sur les bons rails en championnat. Aussitôt dit, aussitôt fait dans cette rencontre qui les opposait au dix-neuvième Crotone. Avec quelques changements dans le onze – Mertens, Diawara, Albiol et Ghoulam laissés au repos – et une chance en tant que titulaire pour la recrue hivernale Pavoletti, cela n’a d’abord pas été aussi simple qu’escompté. L’équipe de Crotone, presque condamnée mais joueuse, a mis en danger Reina à quelques reprises avec ses deux meilleurs joueurs Trotta et Falcinelli. Puis en première mi-temps, Insigne a profité d’un pénalty généreusement accordé pour donner l’avantage aux siens. Il aura pourtant fallu attendre l’entrée de Mertens dans le premier quart d’heure de la seconde période pour mettre Naples à l’abri sur un second pénalty, avant qu’Insigne ne porte le score à 3-0 quelques minutes plus tard. Naples reste bien accroché à sa troisième place et était même temporairement second à la fin de la rencontre, en attendant le déplacement de la Roma à Palerme le soir.

Les autres matches de l’après-midi :

Ce dimanche de Serie A commençait à l’heure du déjeuner avec un derby d’Emilie-Romagne Sassuolo – Bologne, deux équipes que trois points seulement séparaient au coup d’envoi. L’équipe de Sassuolo avait pour sa part envie de retrouver une victoire à domicile qui lui échappe depuis quatre matches, tandis que Bologne voulait prendre des points pour s’éloigner des bas-fonds du classement et se remettre sur le droit chemin après seulement deux points pris sur les sept derniers matches. Et ce sont les rossoblù de Bologne qui ont finalement pris le meilleur sur les hommes de Di Francesco grâce à un but en seconde période signé Mattia Destro. Cinq défaites consécutives à domicile pour Sassuolo, et un peu d’air pour Bologne au terme de ce match qui aura réservé peu d’émotions.

Des émotions, il y en a eu (comme toujours) avec le Pescara de Zdenek Zeman, qui était opposé à l’Udinese. Une équipe de Pescara qui est condamnée à la Serie B avec seulement 12 points pris depuis le début du championnat et que l’Udinese n’a pas eu de mal à battre avec des buts de Zapata, Jankto et Théreau, avant que Muntari ne sauvent l’honneur en fin de match. Après son nul obtenu face à la Juve, les hommes du Frioul continuent sur leur lancée et se rapprochent de la première partie de tableau.

Chievo affrontait également l’Empoli, une équipe qui est sur une série de quatre défaites consécutives et stagne à la 17ème place. La logique a été respectée puisque le Chievo s’est largement imposé 4 buts à 0 grâce à un doublé de Birsa, un but de Pellissier et un but de César. Empoli n’a inscrit depuis le début de la saison que 15 buts, soit la pire attaque du championnat. Le Chievo est 11ème.

Enfin, c’est une Fiorentina en petite forme et récemment contestée par ses tifosi qui accueillait Cagliari. Les hommes de Sousa, qui espèrent encore accrocher une qualification pour l’Europa League ont eu un mal fou à se défaire de l’équipe sarde. En effet, et ce malgré de nombreuses occasions créées tout au long du match – les joueurs de la Viola ont frappé plus de vingt-cinq fois au but – il aura fallu attendre la 92ème minute et le buteur providentiel Kalinic pour libérer l’Artemio Franchi. Les hommes de Paulo Sousa se rassurent et sont huitièmes tandis que Cagliari, qui n’a plus grand chose à jouer cette saison, est quinzième.

Le match du dimanche soir :

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Palerme – Roma était également un match extrêmement important en cette vingt-huitième journée de Serie A. Les palermitains, 18èmes au coup d’envoi, nourrissaient l’espoir de faire un croc-en jambe à une Louve qui restait sur trois défaites consécutives toutes compétitions confondues. Et malgré l’abyssale différence de points, c’est un match d’abord très ouvert auquel nous avons pu assister, avec de nombreuses occasions de chaque côté et notamment un but refusé à Palerme dans le premier quart d’heure. Après ça, la machine giallorossa s’est mise en route et Clément Grenier a profité de sa première titularisation pour offrir une belle passe décisive à El Shaarawy. Après ce but intervenu à la 22ème, la Roma n’a pas eu de mal à gérer la possession grâce à la bonne entente entre l’ancien lyonnais et Paredes au milieu et a mis la pression sur le but rosanero jusqu’à la pause. Et puis, changement de tempo en seconde période. La tendance s’inverse et Palerme, notamment grâce à l’entrée d’Alessandro Diamanti dès le début de la seconde mi-temps, réussit à mettre grandement en danger les romains. Szcezny aura le temps de réaliser une belle parade sur une frappe croisée de Nestorovsky et, quelques frayeurs plus tard, c’est Dzeko qui pliera définitivement le match à la 76ème. C’est déjà le trentième but du bosnien depuis le début de la saison toutes compétitions confondues. Le 9 de la Roma est plus que jamais dans la lutte avec Icardi, Higuain et Belotti pour le titre de capocannoniere. Au classement, la Roma repasse donc devant le Napoli et est à huit points de la Juventus, tandis que la situation se complique de journée en journée pour les palermitains, toujours 18èmes à sept points de la dix-septième place.

Les hommes forts de cette journée :

Plusieurs très belles performances individuelles sont à retenir de cette 28ème journée de Serie A. D’abord, le super match de Paulo Dybala vendredi soir contre Milan. Toujours plus à l’aise dans le 4-2-3-1 de Max Allegri et ce poste de numéro 10, il a été techniquement irréprochable et à l’origine de nombreux mouvements collectifs dangereux des bianconeri. Il a notamment une incroyable capacité à fluidifier le jeu et n’a pas tremblé au moment de transformer le pénalty de la victoire à la 96ème. Un bijou toujours plus poli.

Outre Paulo Dybala pour la Vieille-Dame, deux joueurs de l’Inter ont brillé. Un triplé chacun pour Maurito Icardi et Ever Banega, les deux argentins des nerazzurri. Bien que la performance de Banega soit exceptionnelle, et tout particulièrement pour un milieu de terrain, c’est forcément le triplé du capitaine de l’Inter qui a retenu notre attention : trois buts en neuf minutes contre l’Atalanta pour porter son total à 20 réalisations. Un but du droit, un du gauche et un de la tête, Icardi a pu faire étalage de toutes ses qualités devant le but en ce dimanche après-midi. Moins esseulé en attaque depuis l’arrivée de Pioli et l’avènement d’une Inter plus joueuse, le buteur argentin est remarquable d’efficacité et confirme qu’il est l’un des jeunes attaquants les plus intéressants en Europe.

Le classement

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