Inter – Roma : le point avant le choc

À l’aller, nous avions eu le droit à une rencontre spectaculaire à l’Olimpico, match qui s’était soldé par un 2-1 en faveur de la Roma. Dimanche soir à 20h45, en clôture de la 26ème journée de Serie A, l’Inter et la Roma s’affronteront dans un match essentiel pour déterminer l’issue du championnat. L’Inter, plus que jamais lancée dans sa course à la Ligue des Champions, tentera de venir à bout d’une Roma qui ne veut rien lâcher dans la course au titre. Retour sur les états de forme et les interrogations des deux équipes. 

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L’état de forme : Difficile de résister à l’Inter depuis l’arrivée de Stefano Pioli aux commandes. Après avoir conclu l’année 2016 par quatre victoires consécutives, c’est sur le même rythme que les Nerazzurri voyagent en 2017. Plusieurs statistiques sont intéressantes : une seule défaite lors des sept derniers matches – celle concédée au Juventus Stadium face à la Juve – et seulement trois buts encaissés, ainsi qu’une capacité retrouvée à élever son niveau de jeu quand il le faut et à être tranchant offensivement, comme le démontrent les trois victoires sur six acquises par un seul but d’écart. Une chose est également intéressante à analyser depuis l’arrivée de Stefano Pioli : les joueurs semblent s’être mis au diapason et adhérent au projet technique et tactique de l’ancien entraîneur de la Lazio. Tandis que sous les ordres de Frank De Boer certains semblaient hors du projet et avaient atteint un niveau de jeu proche de l’inquiétant, ils semblent aujourd’hui concernés et sûrs de leur force : ainsi, Geoffrey Kondogbia enchaîne les prestations positives, Ever Banega revient peu à peu à son meilleur niveau et Danilo D’ambrosio se montre plus concentré et rassurant que lors de la première partie de saison. L’Inter compte donc parmi les équipes les plus en forme de Serie A et rassure notamment par sa constance et sa continuité, chose qui manquait au club depuis quelques saisons maintenant.

Tout comme l’Inter depuis l’arrivée de Pioli, la Roma peut cette saison être louée pour sa continuité, puisqu’elle n’a pas connu de réelles périodes creuses. C’est probablement ce qui différencie cette Roma de celle des saisons précédentes : une plus grande maturité, une capacité à se comporter en grande équipe quand il le faut et beaucoup de certitudes. Le constat n’est donc pas vraiment différent pour les giallorossi : six victoires sur les sept derniers matches en championnat, et seul le rocambolesque faux-pas sur la pelouse de la Samp lors de la 22 ème journée pour ralentir la course de la Louve. Cette semaine également, la qualification aisément acquise en Europa League face à Villarreal a boosté encore un peu plus la confiance des troupes de Luciano Spalletti. Si l’Inter peut s’appuyer sur une solide défense, la Roma mise pour sa part sur son attaque de feu : 25 buts inscrits depuis le début de l’année 2017, toutes compétitions confondues. C’est donc un duel de folie qui s’annonce entre ces deux monstres du Calcio.

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Compositions d’équipes, absences et hommes en forme : Du côté de l’Inter, Stefano Pioli peut s’appuyer sur quelques certitudes individuelles et collectives. Notamment défensivement, tant Samir Handanovic confirme cette saison qu’il est l’un des meilleurs gardiens européens. Il avait été l’auteur à l’aller d’une superbe rencontre, multipliant les interventions décisives. Le gardien slovène a la qualité de se transcender dans les grands rendez-vous et sait sortir le bon arrêt au bon moment. Une garantie. Dans un secteur défensif qui fonctionne bien, l’absence de Miranda pèsera forcément. Ce dernier, qui est un titulaire indiscutable et qui fournit une saison de très bonne facture, manquera certainement à ses partenaires. En son absence, c’est la charnière Medel – Murillo qui devrait prendre le relais, épaulée sur les côtés par Ansaldi à gauche et D’ambrosio à droite. En ce qui concerne le milieu de terrain, quelques interrogations subsistent quand aux titulaires. Gagliardini semble pour sa part faire son trou et devrait évoluer au poste de sentinelle. Il est au même titre que Samir Handanovic un homme en forme, et sera très probablement essentiel dans cette rencontre. Dans une équipe qui a parfois du mal à gérer les transitions défensives et qui peut subir en contre, il est de ceux qui garantissent un équilibre et qui limite les risques encourus. Ensuite, quatre hommes bataillent pour deux places dans le onze de départ : Kondogbia, Banega, Brozovic et Joao Mario, avec un léger avantage aux deux derniers cités. Nous devrions donc retrouver un 4-3-3 qui se transforme en phase de possession en 4-2-3-1, avec Joao Mario sur la même ligne que les ailiers Perisic et Candreva. Un des éléments importants de cette rencontre est bien sûr le retour en pointe du capitaine et meilleur buteur interista Mauro Icardi. Après les deux matches de suspension dont il avait écopé dans la bouillante fin de match du Juventus Stadium, Maurito retrouve sa place dans le trio d’attaque.

Du côté de la Louve, le onze titulaire ne semble pas encore parfaitement dessiné. Szczesny, qui a pris cette année une toute autre dimension, gardera les buts romains. Et c’est en défense que naissent les interrogations, puisqu’il n’est pas encore clair si c’est une défense à 3 ou à 4 qui se présentera face à l’Inter. Avec la longue indisponibilité de Florenzi, le plus probable serait de voir une défense à quatre, avec le défenseur central de métier Rudiger déplacé sur le flanc droit et une paire Manolas – Fazio dans l’axe. Ce dernier est incontestablement, et à la surprise quasi-générale il faut dire, devenu le pilier de cette défense romaine. Un jeu de tête de très haut niveau, un superbe sens de l’anticipation, une grande expérience et une qualité de meneur d’hommes font de lui l’homme fort de la défense romaine en cette année 2017. Pour compléter la ligne de défense, c’est très sûrement Emerson qui démarrera côté gauche. Mais Spalletti, plutôt adepte des changements last-minute, pourrait également choisir d’aligner trois défenseurs dans un 3-4-1-2 qu’il a souvent utilisé dernièrement. Dans ce cas, Diego Perotti devrait sortir du onze et céder sa place à Bruno Peres, qui se positionnerait en latéral droit. Au milieu, ce sera quoi qu’il en soit une paire de relayeurs Strootman – De Rossi : le hollandais a pour sa part la capacité de se projeter vers l’avant et de créer le surnombre, et le capitaine ayant un rôle de régulateur et la tâche de maintenir l’équilibre défensif des romains. Dans le 4-2-3-1 probable, la ligne offensive sera certainement constituée de Salah et Perotti sur les ailes, et de l’autre homme fort du moment, Radja Nainggolan. Le milieu de terrain belge a cette année découvert un nouveau rôle grâce à Spalletti, rôle qui lui permet d’exploiter à merveille son talent. En effet, placé derrière l’attaquant de pointe, il est le premier récupérateur de l’équipe par son incessant pressing, se retrouve très souvent à la récupération des seconds ballons et peut profiter pleinement du jeu en pivot de Dzeko. Une évolution qui fait de lui le troisième meilleur buteur de son équipe et l’homme à surveiller dans ce match.

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Enfin, c’est le co-meilleur buteur du championnat qui sera à la pointe de l’attaque des giallorossi : Edin Dzeko. Raillé l’an passé pour son manque criant d’efficacité, il en est cette saison à 19 buts et a pris la bonne habitude d’être décisif. Dans son passionnant duel à distance avec Higuain, l’attaquant bosnien aura l’occasion dans ce match de faire parler son jeu en remise et son sens du but pour soigner encore un peu plus ses statistiques et pousser la Roma vers le succès, notamment dans une défense interista où Miranda sera absent. Considérations tactiques et failles à exploiter Ce qui nous pousse à penser que la Roma adoptera le 4-2-3-1 pour insister sur les ailes, c’est notamment le fait que les latéraux défensifs interistes sont le point faible du onze de Pioli. D’ambrosio, bien que plus régulier que par le passé, peut avoir du mal à gérer les phases offensives et défensives et leur transition. Il en est de même pour Ansaldi, qui aura probablement fort à faire face à Mohamed Salah et sa vitesse. C’est ici un des points essentiels de ce match, et l’on a du mal à imaginer Spalletti se priver de la force de percussion de ses latéraux défensifs et offensifs. C’est de la même façon que l’Inter peut déstabiliser la Roma. Le travail de percussion de Perisic et Candreva sera important, peu importe la composition que présentera la Roma avec une défense à trois ou à quatre. L’important sera de voir comment les joueurs offensifs s’investissent et interprètent le repli défensif, pour empêcher un quelconque surnombre adverse. Outre que sur les ailes, la bataille se jouera également au milieu de terrain. Il est probable que l’Inter accepte de céder la possession à la Roma, pour mieux se projeter en contre quand le bloc giallorosso est déséquilibré. En ce sens, les rôles de Strootman et De Rossi seront d’une grande importance pour empêcher les nerazzurri de relancer rapidement et de se retrouver en surnombre. Cependant, on ne peut que dire qu’il est compliqué de pronostiquer le déroulement d’un tel match. Bien que le papier donne un léger avantage à la Roma, c’est souvent les petits détails, la hargne et l’investissement des joueurs qui font la différence dans ce genre de match.

@Cazatizi

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