Federico Chiesa : Au nom du père

Vous avez tous vu ou lu l’histoire insolite de ce petit garçon italien à qui la maîtresse a demandé de dessiner une église (chiesa en VO) et qui a dessiné un de ses joueurs de foot préférés : Federico Chiesa. L’histoire a fait le buzz. Télé, internet et le petit Vittorio a pu rencontrer son idole au centre d’entrainement de la Viola, Pantaleo Corvino. Vittorio est reparti la tête pleine d’étoiles et de souvenirs, les mains pleines de cadeau dont une invitation familiale pour le prochain match au Franchi. Une histoire qui nous montre la popularité croissante de ce jeune joueur bourré de talent effectuant sa première année pro et marchant dans les pas de son père : un certain Enrico Chiesa.  

Issu de la formation florentine

Le jeune Federico commence le football sous les couleurs de la Settignanese, petit club situé à Settignano dans la périphérie de Florence. Il évolue sous les ordres d’une Légende de la Viola, le suédois Kurt Hamrin. Attaquant prolifique des années 50/60 avec qui la Viola remporte deux Coupes d’Italie en 1961 & 1966.

Dès lors, Fede veut l’imiter. Il veut jouer pour la Fio, le club phare de la région et accessoirement un des anciens clubs de son père. Dès ses 10 ans, il intègre donc les équipes de jeunes du club toscan.

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En dépit de sa filiation célèbre, Federico doit lutter pour trouver sa place malgré de troublantes similitudes gestuelles avec son père. Il ne participe qu’à un seul match avec les Juniors avant d’être envoyé avec les 98 comme il le remarque lui-même :

« En fait, chez les jeunes, je ne jouais quasiment jamais dans ma catégorie d’âge, on m’envoyait quasi invariablement chez ceux nés en 1998 »

Pourtant, il se fait enfin remarquer dans un premier temps avec les Allievi puis avec la Primavera, où il commence à jouer avec plus de continuité. Il finit la saison avec 8 buts.

Au début de la saison 2016-2017, les choses sérieuses commencent. Ses performances avec les jeunes incitent l’entraîneur portugais Paulo Sousa à l’insérer au groupe pro en le convoquant pour le camp d’entraînement d’été à Moena.

Puis les événements s’accélèrent. Le 20 août 2016, il fait ses débuts à 18 ans lors du  match de championnat de la première journée à Turin. Titularisé à la surprise générale, il est remplacé par Cristian Tello. Ce premier match se solde par une défaite 2-1  contre la Juventus.

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Fin septembre, il fait également ses débuts en Ligue Europa, en jouant les 29 dernières minutes de la partie remportée 5-1 à la maison contre Qarabağ.

Par la suite, il réussit un doublé insolite lors du match retour face à Qarabağ. Il inscrit son premier but sous le maillot violet en assurant la victoire finale (2-1) à son équipe mais après deux cartons jaunes, il subit sa première expulsion.

Son entente avec le buteur croate Kalinic et avec l’autre pépite florentine Bernardeschi fait de ce trio l’une des lignes d’attaque les plus séduisantes de la Botte.

L’année 2017 démarre bien pour le jeune ailier, il marque son premier but en Serie A en inscrivant son nom au tableau d’affichage. Il est le troisième buteur des Toscans lors de la victoire 3-0 à Vérone, face au Chievo.

Il réitère la semaine suivante lors du prolifique match nul 3-3 contre le Genoa dans un mano a mano avec un autre « fils de », l’excellent goleador argentin  : Cholito Simeone.

CF notre précédent article :

https://frseriea.wordpress.com/2016/12/22/cholito-simeone-se-fait-un-nom/

Un avenir radieux 

Considéré comme l’un des plus grands espoirs de football italiens, Federico Chiesa vient de signer un nouveau contrat avec la Fiorentina avec l’aide de son père. En effet, le jeune homme n’a pas d’agent. Il est désormais lié avec le club jusqu’en 2021.

Chiesa occupe l’aile gauche offensive. Mais il peut aussi occuper l’aile droite de l’attaque.

Il repique souvent dans l’axe pour se remettre sur son bon pied. Ainsi il peut délivrer assists, centres et autres ballons en profondeur pour ses partenaires d’attaques.

Bon dribbleur et frappeur, il n’hésite pas à prendre sa chance de loin.

Travailleur, il est aussi bien impliqué dans le repli défensif de son équipe.

Ces qualités lui ont permis de concurrencer un joueur confirmé et talentueux de l’effectif florentin : Cristian Tello. D’ailleurs, Federico raconte cette anecdote à son sujet :

“Quand je joue à FIFA sur ma PlayStation,  je le prends toujours dans mon équipe. Il est très rapide »

Le jeune homme possède une solide éducation reçue dès son plus jeune âge à l’école internationale de Florence.

Alliant humilité et discrétion, des qualités plutôt rares de nos jours dans l’environnement bling-bling du foot business, il poursuit actuellement des études supérieures à l’Université en parallèle de sa carrière de footballeur.

D’ailleurs, il déclare :

« Si je n’avais pas été joueur, j’aurais bien aimé être physicien« 

Son excellente première saison ne passe pas inaperçue. Le CT Ventura songe à l’appeler lors du prochain rassemblement de la Nazionale.

Son père, ce héros

Enrico Chiesa, technicien surdoué dont les coups de pied arrêtés et les frappes chirurgicales ont illuminé la Serie A pendant de nombreuses années, était un attaquant polyvalent.

Possédant des caractéristiques quasiment identiques à son fils (1,76 m pour 70 kg contre 1,75 m pour 70 kg pour le fiston), Enrico Chiesa avait cependant un registre différent de sa progéniture.

Attaquant de pointe ou 9 et 1/2, Capello l’a décrit comme un croisement entre Paolo Rossi et Gigi Riva. Riva lui même dira se retrouver en lui aussi bien sur le plan technique que sur le plan du caractère.

Pourtant sa carrière est loin d’être un long fleuve tranquille.

Avec pas moins de 11 clubs à son actif durant sa carrière pro, Enrico Chiesa a connu une certaine instabilité à se fixer.

Néanmoins, il a laissé de très bons souvenirs dans les différents clubs fréquentés avec des mentions spéciales lors de ses passages à la Samp, Parme, la Fiorentina ou encore Sienne avec lesquelles Chiesa senior a marqué de nombreux buts.

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International à 17 reprises, il a pris part à l’Euro 96 et à la Coupe du Monde 98 sous le maillot azzuro.

Un véritable exemple pour Federico qui suit le chemin tracé par son père tout en cultivant sa différence sans subir une pression due à un patronyme célèbre ou familiale comme le confirme Maurizio Romei, un des formateurs de Chiesa junior :

« Il a une famille loin d’être intrusive. Ils n’ont jamais eu un mot plus haut que l’autre, je ne les ai jamais entendus dire » : « C’est mon fils, laissez-le jouer »

Federico Chiesa est assurément l’une des révélations du championnat 2016/17. Les performances de l’ailier italien ne sont pas étrangères avec le regain de forme des florentins, qui n’ont plus perdu en Serie A depuis le 18/12/2016. La Viola va s’offrir un vrai test d’envergure lors de leur déplacement dans le capitale pour affronter la Louve de Spaletti, mardi prochain. Un nouveau test aussi pour Chiesa junior, la nouvelle coqueluche du Calcio. 

@friulconnection

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