Rétro 2016 : « Fratelli d’Italia »

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Chose promise chose due, FrSerieA continue sa rétrospective de l’année écoulée avec aujourd’hui les « bâtards ». Pas ceux du commandant Aldo Raine, mais les vaillants soldants d’Antonio Conte soutenant très bien la comparaison.

13 juin : l’Italie frappe fort pour son entrée dans l’Euro

Contre une Belgique présentée comme l’épouvantail de la compétition, l’Italie guidée par Antonio Conte a fort à faire. Privés de Verratti et Marchisio blessés, les Azzurri doivent faire preuve d’un grand sens du collectif pour faire bonne figure dans un tournoi où la victoire finale semble impossible.

Mais ce mot-là, Conte ne le connaît pas. Et face à des Diables Rouges constitués d’une somme d’individualités plus que d’un véritable 11, la Nazionale démontre sa supériorité tactique couplée à une solidarité de chaque instant. Les duels sont âpres, Nainggolan est le plus dangereux face à des adversaires qu’il connaît par cœur mais Giaccherini plante la 1ère banderille sur une ouverture de Bonucci qu’un quaterback de NFL n’aurait pas renié.

Lukaku a une balle d’égalisation mais ses pieds tremblent et le cadre se dérobe. Courtois multiplie les miracles puis en fin de match, Candreva dépose un amour de ballon en rupture sur lequel Graziano Pellè se couche. Sur beIN Sports Christophe Josse se lâche : « Pellè a un nom, ce soir il s’est fait un prénom ».

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Au fond de la poche de Bonucci, les clés du domicile et toute l’attaque belge.

17 juin : au bout de l’ennui, la qualif pour les 8èmes 

Italie – Suède à l’Euro est un souvenir douloureux car en 2004 un but magistral d’Ibrahimovic a renvoyé les transalpins chez eux avant même de voir les matchs à élimination directe. C’est donc une histoire de revanche qui prend place à Toulouse en milieu d’après midi.

Mais l’enjeu prend le pas sur le jeu et face à des Suédois peu inventifs, l’Italie se crispe et ne trouve pas les solutions quand elle doit proposer du jeu. Parolo trouve la barre sur un caviar de « Giaccherinho » et on se dit que l’Italie retombe dans ses travers face à des adversaires à sa portée.

Et puis on se rappelle que cette nation adore gagner « salement » comme les « spécialistes » aiment le rappeler avec tout le dénigrement qui l’accompagne. C’est donc Eder, très critiqué par ailleurs pour sa prestation globale, qui à la 88ème profite d’une déviation aérienne de Zaza pour emmener toute la défense suédoise dans ses dribbles et tromper Isaksson. Tout un peuple est libéré ! Et la vendetta contre Ibra assurée.

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« Libérééééééés, délivrééééés » (cit.)

La Squadra Azzurra terminera 1ère de son groupe malgré une défaite 1-0 face à l’Irlande du Nord lors du dernier match de groupe. Mais avec le format de la compétition à 24 équipes et la défaite de l’Espagne lors de son dernier match de groupe, c’est la Roja double tenante du titre que la bande à Conte doit se coltiner. 4 ans sont passés depuis la lourde défaite 4-0 en finale de l’Euro 2012. 8 ans depuis l’élimination en quarts de l’édition 2008. Encore une histoire de revanche(s).

27 juin : au-delà de la logique

Dans l’avant match, Antonio Conte est très clair « Nous devons aller au-delà de la logique parce qu’au delà de la logique il y’a probablement un résultat important ». L’Italie n’est pas favorite mais en fin d’après-midi sous la pluie estivale de Saint Denis, on est loin de s’imaginer assister à un remake de la Bataille des Thermopyles.

Conte conserve son inamovible 352 qui a déjà brillamment renversé la Belgique de Wilmots. Et l’Espagne de Del Bosque en prend le même chemin. De Gea doit s’employer devant Pellè à la 8ème puis est sauvé par son poteau gauche suite à une retournée acrobatique du « Giak » (même si le petit italien est sanctionné d’une faute pour pied haut sur Busquets) avant d’accompagner du regard un coup de boule de Parolo qui fuit le cadre.

Puis à la 33ème, Ramos sort violemment sur Pellè. Coup franc à l’entrée de la surface, Eder frappe en force, De Gea ne peut que repousser mais Giaccherini puis Chiellini se jettent comme des morts de faim pour faire trembler les filets. 1-0 signé « Gogorilla » !

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La joie « contrôlée » de Conte pour l’ouverture du score.

Au milieu de terrain De Rossi boit Iniesta pendant que De Sciglio fait visiter à David Silva les coins et les recoins de sa poche. Et ce n’est pas fini puisque juste avant la mi-temps, un Giaccherini survolté part côté gauche, repique dans l’axe et lâche un missile sol air claqué miraculeusement en corner par le dernier rempart espagnol.

Enlisée, l’Espagne réagit timidement en 2nde période mais c’est bien Eder qui manque de boucler le match en ratant son duel face à De Gea. Dans le dernier quart d’heure c’est au tour de Gigi Buffon de briller devant Iniesta et Piqué par 2 fois. On commence à trembler car les contres italiens sont moins tranchants et les ballons ne ressortent plus aussi bien.

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Le Conte Show.

Puis comme face à la Belgique, c’est Pellè et ses yeux noisettes qui bouclent le match d’une volée puissante à bout portant avec Darmian dans le rôle du passeur cette fois. L’Italie est qualifiée pour les 1/4 et Conte peut laisser exploser sa joie avec ses « ragazzi » !

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Une victoire grandement méritée pour l’Italie qui a déjouée tous les pronostiques. Même si pris individuellement, la majorité des titulaires est inférieure aux espagnols, c’est à la force de l’effort et du sacrifice que les Azzurri s’offrent un triomphe retentissant. Et le prochain adversaire annoncée est l’Allemagne, victime préférée des « Fratelli d’Italia ».

2 juillet : chaque série a une fin

à Bordeaux, l’Italie se présente en 1/4 de finale sans Daniele De Rossi, non remis d’une blessure musculaire contractée face à l’Espagne. C’est donc Sturaro qui évolue devant la défense, pas son poste de prédilection pour le coup. On apprendra après la rencontre que le pitbull de la Juve a ressenti une gène musculaire au bout de 10 minutes mais qu’il a serré les dents jusqu’au bout pour « ne pas pénaliser l’équipe ».

Pourtant, la seule grosse opportunité de la 1ère période est italienne avec Bonucci  qui réussit à placer Giaccherini encore mieux que la sonde Rosetta (ça ne rappelle rien à nos amis belges ?). Il voit son centre fort à destination de Pellè repoussé par Boateng puis la frappe puissante de Sturaro dans la foulée déviée en corner par ce même Boateng. Côté allemand, Sami Khedira quitte la pelouse sur blessure et ses retrouvailles avec ses équipiers de la Juventus tournent court.

En 2nde période, Müller (encore lui) pense inscrire son 1er but dans le tournoi mais Florenzi détourne le cuir devant ses cages de manière acrobatique (et du bout des crampons !). Malheureusement suite à un travail de Gomez qui fixe Florenzi, le latéral Hector glisse un ballon dans la surface transalpine repris en force Ozil. L’Allemagne prend les devants et le coup est dur. Buffon doit même sortir le grand jeu sur une talonnade à bout portant de Gomez pour garder la Nazionale dans le match. à force d’y croire, l’Italie obtient un pénalty suite à une maladresse de Boateng. C’est Bonucci qui s’en charge admirablement.

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Les cartons jaunes pleuvent et des joueurs seront suspendus en cas de qualification ? Aucun calcul n’est à faire pour le moment. L’Italie termine fort mais on part pour des prolongations stressantes. 5 italiens sont avertis, on est sur un fil, celui qui fait basculer un match à élimination directe vers une rencontre d’anthologie. Darmian et Insigne sont entrés en jeu puis Zaza remplace Eder dans le temps additionnel des prolongations, il n’aura couru que 12 secondes, assez cocasse.

Les tirs au but commencent avec des stats moyennes pour l’Italie en compétitions internationales : 3 victoires, 4 défaites. En revanche, les Allemands ont un bilan de 5 victoires pour une défaite. Neuer face à Buffon, tout le monde retient son souffle. Insigne et Kroos ne tremblent pas, Zaza envoie son tir dans la Garonne (il n’avait pas touché un pauvre ballon du match, choix de tireur discutable dirons nous). Mais Buffon arrête la tentative de Müller ! Barzagli redonne l’avantage aux italiens, Ozil manque mais Pellè l’imite… L’Italie a laissée passer sa chance. Hector envoie les Allemands en demi et la Nazionale sort encore victime de la loterie des tirs aux buts.

Les joueurs sont inconsolables en zone mixte. Bonucci « Ca fait mal de sortir aux tirs au but parce qu’on a eu tellement d’occasions de conclure avant les penaltys. C’est une loterie, mais les Allemands ont été plus talentueux et plus chanceux que nous. Notre équipe a réussi à restaurer l’enthousiasme de tous les Italiens. Ne baissons pas la tête, je suis fier d’avoir fait partie de ce groupe merveilleux. Nous avons résisté à l’Allemagne et c’est déjà bien. »

Conte achève son aventure avec la sélection aux 4 étoiles « Mes joueurs ont montré leur amour pour le maillot, ils ont vraiment donné tout ce qu’ils avaient. Je suis content d’avoir eu cette expérience. Mon avenir ? Cette sélection me donne énormément d’émotions même si pour l’instant, je suis très déçu. Je suis vraiment désolé pour les garçons. Maintenant, c’est ‘arrivederci’. Nous avons montré que cette équipe est solide car tous nos adversaires nous ont respectés. L’équipe nationale vous donne des émotions fortes et j’espère que ce Championnat d’Europe laissera une trace. Je pense que ma plus grande victoire reste d’avoir travaillé avec ce groupe. Des intendants aux cuisiniers, tout le monde a fait partie de cette fabuleuse expérience et c’est ce qui m’a donné la plus grande satisfaction. J’ai eu l’honneur de travailler avec ces personnes qui m’ont tout donné. Quand vous faites de votre mieux, personne ne peut vous critiquer et ces garçons ont fait tous les efforts possibles et je pense que les gens peuvent le voir. Vous aimez votre pays et le maillot que vous portez. »

Barzagli se laisse aller aux larmes « C’est une immense déception, on a vraiment tout donné mais au final on est éliminés. Malgré le beau jeu produit, personne ne se souviendra de cette Nazionale qui a tout donné. »

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La fierté domine au lendemain de l’élimination amère.

L’épopée italienne se termine honorablement car les champions du monde allemands ont dû batailler jusqu’aux pénos pour venir à bout des gars de Conte. Non, personne n’oubliera la grinta vue sur la pelouse et la transformation de certains joueurs le temps d’une compétition. Les 23 italiens et tout le staff peuvent quitter la France la tête haute.

Demain, le dernier volet de cette rétrospective avec un mercato estival à retourner le cerveau ainsi que le début de la saison en Serie A.

Giacomo

Bonus : on ne pouvait pas vous laisser sans un rappel du « Conte Show ».

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