AC Milan – Inter : ils ont porté les 2 maillots

A l’approche de ce Derby della Madonnina, je vous présente 10 joueurs ayant endossé sur leurs épaules à la fois les couleurs rossoneri puis celles nerazzurri ou vice-versa. Ici, pas de Maldini, de Baresi, de Mazzola ou de Bergomi, légendes de leurs clubs respectifs qui n’ont connu qu’un seul maillot durant toute leur carrière.

Giuseppe Meazza : Inter 1927/40, 1946/47 et AC Milan 1940/42

 

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Giuseppe Meazza est l’autre nom du stade milanais, connu aussi sous le diminutif de San Siro. Pur produit de la formation interiste, Meazza arrive au club à 14 ans, après avoir essuyé un refus de la part du … Milan à cause d’un physique trop frêle et signe pro dès ses 17 ans. Il y passe 13 saisons disputant 391 matches pour 282 buts, remportant 3 titres de champions d’Italie et 3 titres de Capocannoniere avant de rejoindre le rival historique. Réputé pour sa vie dissolue (un précurseur de Ronaldinho), son passage au Milan n’est pas aussi glorieux. Mais en février 1941, c’est lui qui signe l’égalisation pour ses nouvelles couleurs face à l’Ambrosiana (nom de l’Inter pendant la période fasciste) Après des passages sous les couleurs de la Juve, de Varèse et de l’Atalanta, il revient à l’Inter comme entraîneur-joueur avant de prendre sa retraite sportive à l’issue de la saison.

Aldo Serena : Inter 1978/79, 1981/82, 1983/84, 1987/91 et AC Milan 1982/83, 1991/93

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Arrivé à l’Inter en 1978 pour être la doublure de Muraro et d’Altobelli, il n’arrive pas s’imposer avec les Nerazzurri multipliant les prêts pour gagner du temps de jeu. D’abord à Côme, avec qui il est sacré champion de Serie B, puis à Bari. Il revient à l’Inter en 1981, participe à 21 matches ne marquant qu’à 2 reprises. Il (re)part en prêt en Serie B chez les voisins rossoneri. Il y effectue une saison honnête (20 matches pour 8 buts) contribuant au retour du Milan parmi l’élite et d’accrocher un nouveau titre de champion de Serie B. Il retourne à l’Inter. Il y fait une saison correcte mais pas assez pour convaincre définitivement ses dirigeants qui l’envoie en prêt au Torino. A l’issue de la saison, il ne retourne pas à l’Inter mais reste à Turin. Il est vendu à la Juve pour 2,8 milliards de lire + Marco Tardelli, estimé à 3,2 milliards de lire. Après avoir remporté un scudetto et la coupe Intercontinentale, il fait le chemin inverse 2 ans après son arrivée contre la somme de 3,5 milliards de lire. En 1988/89, il fait parti de l’équipe remportant le « Scudetto dei record » avec le « Trap » à la manœuvre inscrivant 22 buts en 33 matches, terminant meilleur buteur. L’arrivée de Klinsmann le pousse vers la sortie. Âgé de 31 ans, il rejoint le Milan pour une place de remplaçant. Très peu utilisé, il met un terme à sa carrière en 1993 avec 2 autres Scudetti en poche.

Roberto Baggio : AC Milan 1995/97 et Inter 1998/00

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Désiré par Fabio Capello, le Divin Codino arrive en provenance de la Juve, championne en titre, en 1995. Âgé de 28 ans, Baggio signe un contrat de 3 ans. Sa 1ère saison est couronnée de succès. L’AC Milan succède à la Juve et Baggio entre dans le cercle fermé des joueurs (6 seulement) ayant remporté 2 titres consécutivement avec 2 équipes différentes. La suivante est plus délicate. Oscar Tabarez, coach éphémère, est remplacé par Arrigo Sacchi en décembre 95. Les relations entre le N°10 et l’ex sélectionneur de l’Italie lors de la Coupe du Monde 94 ne sont pas au beau fixe. Déçu d’être abonné au banc et non titularisé lors d’un Milan-Juve, il refuse d’aller s’échauffer. C’est finalement l’adjoint de Sacchi qui réussit à le convaincre de jouer. Son aventure milanaise se termine à la fin de la saison par un départ vers Bologne pour retrouver du temps de jeu avec l’objectif du Mondial 98 en perspective. Après une saison énorme avec Bologne (22 buts en 33 matches), il est recruté par le président Moratti avec l’ambition de former un duo d’attaque flamboyant avec le brésilien Ronaldo. Malheureusement, c’est une saison cauchemardesque pour les nerazzurri. 4 coaches se succèdent sans trouver la bonne formule. La saison suivante, Marcelo Lippi est appelé pour sauver le soldat Inter. Les relations entre les 2 hommes ne sont pas bonnes. Baggio est souvent remplaçant ou dans les tribunes. A l’issue d’une saison qui voit le club milanais qualifié pour le tour de qualif de la Champion’s League grâce à un but de … Baggio, le Vénitien poursuit sa carrière à Brescia. Il fait parti du top 10 des meilleurs buteurs de Serie A avec 205 buts en 453 matches.

Luis Nazário de Lima, dit Ronaldo : Inter 1997/02 et AC Milan 2007/08

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Débauché du Barça contre un joli chèque, bien au dessus de sa clause libératoire, de 30,5 millions d’euro : record mondial pour un transfert à l’époque. Le Brésilien s’adapte comme un poisson dans l’eau à son nouvel environnement malgré le scepticisme des observateurs. Dès son arrivée, il bat le record de buts inscrits (25 buts) pour une première saison en Serie A mais c’est insuffisant pour empêcher Oliver Bierhoff (Udinese) d’être sacré capocannoniere avec 27 buts. L’Inter se classe 2ème derrière la Juve mais remporte la Coupe UEFA face à la Lazio au Parc des Princes. Ronaldo n’a alors que 21 ans mais il est déjà un joueur de classe mondiale que les journalistes italiens surnomment « Il Fenomeno ». La suite de sa carrière avec l’Inter est émaillée de très graves blessures au genou. La 1ère fin 1999. Après une longue convalescence, il rechute en avril 2000 pour sa reprise face à la Lazio seulement 6 minutes après son entrée en jeu. Il ne revient sur les terrains qu’à la fin 2001. Il finit son aventure milanaise en larme à cause d’une défaite sur le terrain de la Lazio (4-2) et d’un dénouement Shakespearien qui voit la Juve sacrée lors de l’ultime journée de championnat alors que l’Inter était devant avant ce dernier match. Après plus de 4 ans au Real Madrid, Ronaldo revient en Italie, à l’AC Milan, en déclarant que c’était son rêve d’y évoluer. Ce transfert est vécu comme une trahison par les tifosi de l’Inter qui ne lui pardonneront jamais cet affront. Avec 7 buts en 14 matches dont un face à … l’Inter, Ronaldo assiste à la victoire de ses coéquipiers en Champion’s League. Cependant, il ne peut y participer puisqu’il a déjà été aligné avec le Real dans cette même compétition. Sa 2ème saison est plus délicate. Grandement handicapé par des problèmes musculaires puis par une rupture du tendon rotulien, il joue peu. En fin de contrat, il rentre au pays et signe avec les Corinthians de São Paulo.

Christian Vieri : Inter 1999/05 et AC Milan 2005/06

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Au début de sa carrière, Bobo Vieri était légèrement instable. De 1991 à 1999, il change tous les ans de club : le Torino, Pise, Ravenne, Venise, l’Atalanta, la Juve, l’Atletico et la Lazio. Il voyage beaucoup et connait la réussite en remportant de nombreux titres sous ses différentes couleurs. Le président Moratti lui propose un contrat en or massif pour l’attirer à l’Inter où il reste 6 saisons. Son transfert est qualifié de « folie du siècle » par la presse transalpine. Buteur prolifique et régulier, il est pendant 5 années consécutives le meilleur buteur de son équipe. Il termine capocannoniere en 2003 avec 24 réalisations en 23 matches. Si son compte bancaire est bien garni, son palmarès ne s’enrichit que d’une coupe d’Italie avec l’Inter. Lors de l’intersaison 2005, il passe à l’ennemi en rejoignant l’AC Milan. Après seulement 6 mois, il est transféré à Monaco victime de la concurrence avec Gilardino et Schevchenko. Il reprend alors son rythme initial d’un club par an jusqu’à sa retraite en 2009.

Clarence Seedorf : Inter 1999/02 et AC Milan 2002/12

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Transféré pour 24 millions d’euro du Real à l’Inter en décembre 1999, il ne connait pas la même réussite que dans ses précédents clubs (Ajax, Samp et Real). Il est positionné sur un côté par ses différents coaches intéristes, un rôle qui ne lui convient pas. En 2002, il signe un fameux doublé lors de la confrontation contre la Juve (2-2), il est échangé à la fin de la saison contre … Francesco Coco et part vers le Milan. Dès son arrivée, Carlo Ancelotti le place au centre de son milieu à 3 avec Pirlo et Gattuso. Un choix judicieux. Le Diavolo est sacré champion d’Europe en 2003 et champion d’Italie en 2004. Élu meilleur milieu de terrain de la Champions League 2006/07, « Il Professore » remporte sa 4ème couronne européenne. Joueur polyvalent, possédant une frappe de balle redoutable, au physique imposant et robuste, il a passé une décennie à régner dans l’entre-jeu milanais. En 2012, à 36 ans, il part au Brésil avec le club carioca de Botafogo pour y finir sa carrière.

Andrea Pirlo : Inter 1998/01 et AC Milan 2001/11

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Andrea Pirlo débarque à 19 ans à l’Inter avec l’étiquette de grand espoir du foot italien. Meneu de jeu de formation, Pirlo évolue dans une équipe fortement concurrentielle. Il est donc envoyé en prêt pour parfaire sa formation. D’abord dans le sud : à la Reggina, puis au nord dans son club formateur : Brescia. Jugé peu convaincant, il n’est pas retenu par l’Inter. Milan flaire le bon coût et l’engage contre 35 milliards de lire + le passage à l’Inter d’un joueur croate, un certain Dražen Brnčić. Il débute timidement étant peu utilisé. Mais un événement va le faire changer de dimension. Suite à la suspension d’Ambrosini et Gattuso (les 2 titulaires), Pirlo propose à Carlo Ancelotti de le mettre au poste de numéro 6, juste devant la défense à l’instar d’un Guardiola avec le Barça de Cruyff. Il avait quelquefois joué ce poste à Brescia derrière son idole : Roberto Baggio. Carletto accepte. C’est un coup de maître. Dans son nouveau rôle, il allie le positionnement bas d’un milieu récupérateur à un véritable rôle de meneur de jeu. Tous les ballons passent par lui. Il alterne le jeu court, le jeu latéral, la prise d’intervalles ou encore sa spécialité, le jeu long. Il devient la rampe de lancement de son équipe et gagne son surnom : l’Architecte. En 10 ans, il se forge un solide palmarès remportant entre autres 2 Scudetti et 2 Champion’s League. En fin de contrat, laissé libre par Allegri, il s’engage à 32 ans à la Juve où il connait un succès retentissant.

Hernán Crespo : Inter 2002/03, 2006/09 et AC Milan 2004/05

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Crespo est un buteur possédant de sérieuses références lorsqu’il débarque à Milan. A 27 ans, en Italie depuis 6 ans, il a porté les couleurs de Parme et de la Lazio. Malheureusement, il se blesse en janvier 2003 amputant sa 1 ère saison sous le maillot nerazzurro. Malgré cette saison mitigée, Chelsea n’hésite pas à débourser 26 millions d’euro. En dépit de stats honnêtes, il n’arrive pas à s’acclimater à la Premier League. Le club d’Abramovitch l’envoie se refaire une santé en Italie, à Milan mais avec le Diavolo. Mission presque réussie mais cette année là, le Milan est abonné aux 2nde places. D’abord en championnat puis en Champion’s League avec le traumatisme d’Istanbul. Crespo réalise un magnifique doublé. Le Milan mène 3-0 à la pause. Mais ensuite Liverpool réalise un des come-back les plus fameux de l’Histoire de la Coupe d’Europe. Il retourne à Chelsea. Il remporte le titre mais l’arrivée de Shevchenko en provenance du Milan le pousse vers la sortie. Et vers un retour à … l’Inter pour un prêt de 2 ans avant un transfert définitif en 2008. Lors de ce nouveau séjour milanais, il engrange 3 nouveaux Scudetti consécutivement. Cependant son temps de jeu s’amenuise au fil des ans. Il rejoint le Genoa pour remplacer son compatriote Diego Milito, parti à … l’Inter.

Zlatan Ibrahimović : Inter 2006/09 et AC Milan 2010/12

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Été 2006, la Juve est reléguée en Serie B suite à l’affaire du Calciopoli. De nombreux joueurs bianconeri comme Buffon, Del Piero ou bien Nedved restent au club malgré cette relégation administrative. D’autres en profitent pour migrer vers d’autres cieux plus cléments. C’est le cas de Zlatan. Après un bras de fer avec sa direction, il est recruté par l’Inter contre 25 millions d’euros. Le géant suédois est vite à l’aise sous ses nouvelles couleurs. Buts et assists à gogo permettent aux milanais d’être sacré champion. Il récidive en 2008 et 2009. Il remporte le titre de meilleur buteur avec 25 buts en 35 matches. Le Barça propose alors un deal impossible à refuser pour l’Inter : 50 millions d’euro + Samuel Eto’o. Malgré une saison lui permettant de devenir Champion d’Espagne mais qui le voit se faire éliminer de la Champion’s League par son ancienne équipe milanaise, il ne parvient à s’adapter à la philosophie barcelonaise. Le Milan récupère le natif de Malmö contre la somme de 24 millions d’euro. Dès sa 1ère saison, il reconquiert le Scudetto en étant le fer de lance de l’attaque d’Allegri. La saison suivante, il pulvérise ses stats avec pas moins de 28 buts en 32 matches mais le club perd sa couronne au profit d’une Juve invincible et invaincue. A l’issue de la saison, il répond favorablement à l’appel de Leonardo et aux sirènes qatari du PSG.

Mario Balotelli : Inter 2007/10 et AC Milan 2013/14, 2015/16

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Surdoué ayant fait ses débuts en carrière pro à 15 ans, il est recruté par l’Inter en 2007. Il arrive lors de la période faste du club. Il débute à 17 ans avec l’équipe première. Il se fait très vite remarqué grâce à ses buts précoces dont notamment un doublé contre la Juve, en Coupe d’Italie. Mais le garçon est aussi brillant qu’agaçant. Il connait de nombreux problèmes disciplinaires avec ses différents coaches dont Mourinho ou Mancini, lui reprochant son manque d’implication à l’entrainement. Mais le joueur est talentueux. Super Mario remporte 3 Scudetti et fait parti de l’équipe du triplé de 2010. Réclamé par Mancini à City, il quitte l’Inter à 21 ans. Cette expérience est mitigée. Ponctuée de buts venus d’ailleurs et de problèmes extra-sportifs venus d’ailleurs aussi comme l’affaire de feux d’artifices tirés depuis sa salle de bain qui cause l’incendie de sa maison. Las de ses frasques, il est transféré en janvier 2013 au Milan. Avec 12 buts en 13 matches, sa demie saison est une réussite. Sa seconde saison est réussie au point de vu statistique (14 buts en 30 matches). Mais là encore, il irrite sa direction à cause de ses frasques. Appelé par Liverpool, orphelin de Luis Suarez, il se plante complètement pour son retour en Premier League. Après une saison catastrophique (1 but en 16 matches), il retourne au Milan en prêt avec option d’achat. Gêné par une pubalgie récurrente, il est bien loin de son meilleur niveau (1 but en 20 matches). Le Milan ne lève pas l’option. Indésirable à Liverpool, il rejoint Nice pour se relancer à l’instar de HBA auparavant. Avec 6 buts en 7 matches de L1, il est sur la bonne voie. La voie de la rédemption ? On lui souhaite.

@friûlconnection

 

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