Gullit et Zenga, les guerriers pour le derby

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Une icône du Milan, une autre de l’Inter. Ils ont joué, respiré, mangé, vu le derby de Meazza. Ils ont été les personnages principaux d’un duel qui pouvait renverser le sort du scudetto 92-93 : les rossoneri étaient devant, les nerazzurri remontaient. Sur le terrain l’équipe de Bagnoli avait presque mis KO l’armada de Capello : puis un tir du droit de Ruud à un souffle de la fin laissa le Milan devant au classement. Plus de 20 ans sont passés depuis leur épopée, mais le temps n’atteint pas les icônes : Gullit et Zenga signifient encore quelque chose. Le derby.

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Bien avant d’être consultant beIN.
  • Ruud, dimanche c’est le derby. Vos sensations ?

« Le Milan est bien meilleur qu’il y’a quelques temps. Il joue bien et a des jeunes italiens. Les joueurs comprennent ce qu’ils doivent faire et les matchs sont plus beaux »

  • Avez-vous vu Milan – Juve ?

« Oui, je l’ai vu. Quel beau but ce gamin a mis, Locatelli. J’ai aimé »

  • Et l’Inter ? Le seul hollandais, de Boer, est déjà ailleurs.

« Je ne sais pas ce qui s’est passé en interne, mais je pense que si tu prends de Boer et que tu lui demandes d’imposer un travail comme à l’Ajax, tu dois patienter. Tu ne peux pas le dégager après 2 mois »

  • Qu’est-ce qu’il manque au Milan pour redevenir une grande équipe ?

« Du temps : ces jeunes ont besoin d’expérience. Et aussi un crack, un joueur qui change un match… mais pour un crack il faut de l’argent »

  • Y’a-t-il un joueur qui serait beau à voir au Milan ? Peut-être un hollandais.

« Les Pays-Bas n’ont pas de crack à l’heure actuelle, seulement de bons jeunes. Klaassen de l’Ajax est intéressant, selon moi Bazoer aussi est vraiment bon. Mais mon préféré c’est Rick Karsdrop, un ailier droit du Feyenoord classe 1995 qui joue aussi en sélection maintenant »

  • Quand vous jouiez les derbys, Karsdorp n’était pas encore né. Quels souvenirs sont restés ?

« Ces derbys étaient… « alla grande ». ça se dit ? Il y’avait les meilleurs joueurs italiens et étrangers, à l’Inter aussi. Les 3 allemands, Passarella, Berti, l’Oncle Bergomi. Que des cracks »

  • Comment Sacchi les préparait ? Vous stressait-il plus que d’habitude ?

« Noooon, ce n’est pas possible. Il ne pouvait pas nous tuer en nous donnant plus de travail qu’il nous en donnait déjà. Mais il était fort, il comprenait tout avant »

  • Parmi les 3 buts inscrit contre l’Inter, lequel est le plus beau ?

« Dans ma tête il y’a celui de 1988, du gauche, contre Zenga. Il restait peu de temps, nous risquions de perdre. Et moi je n’ai jamais perdu un derby en Serie A »

  • à propos de Zenga, comment était-il ?

« Un des meilleurs gardiens. Il vivait à l’instinct, il comprenait toujours où allait le ballon. Nous avons été coéquipiers à la Samp, nous avons participé à quelques fêtes : il organisait mille blagues. Oui, c’est une bonne personne »

  • Ces dernières années, Zenga a coaché, pas Gullit. Pourquoi ?

« J’ai un fils de 15 ans qui vit avec moi. J’ai refusé chaque proposition pour rester avec lui. Il joue aussi au foot, au Football Club Amsterdam : il est défenseur, moi aussi j’ai commencé là »

  • Comment est l’Italie vu de loin ?

« Différente de celle où j’ai vécu. Quand j’ai dédié mon Ballon d’Or à Mandela, en 1987, personne ne savait qui c’était. Puis il m’a dit qu’en prison ça s’était su et tout le monde a fêté cela. ça donne la chair de poule. Mais en Italie j’ai beaucoup d’amis et j’en profite : je salue tout le monde depuis les bureaux de la Gazzetta »

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Depuis, les cheveux ont perdu la tête.
  • Walter Zenga, un derby dont vous rêvez encore la nuit ?

« Novembre 1988, 1-0 pour nous chez eux, but de la tête de Serena. C’était la synthèse de cette équipe : le mercredi d’avant nous avions perdu 3-1 à domicile face au Bayern, nous avons été éliminés en 8èmes d’une Coupe UEFA que nous pouvions gagner »

  • La meilleure parade dans un derby ?

« La dernière de ce même match, sur Mussi »

  • Les derbys Zenga – Gullit étaient-ils les plus beaux ?

« Je vivais les miens avec 3 états d’âme : l’émotion, la passion, le sentiment d’appartenance. Peut-être qu’aujourd’hui l’émotion est la même, y compris pour l’étranger le plus froid, mais le reste je ne crois pas »

  • Un souvenir qui vous lie à Gullit ?

« Mille : nous nous fréquentions aussi en dehors du terrain, nos compagnes étaient amies. Peut-être la 1ère fois qu’il est venu chez moi : je le vois à contre jour devant la porte et je me demande « Mais qu’est-ce qu’il est gros ? » « 

  • Et qu’avez-vous pensé quand il marqua selon lui le plus beau but du derby, celui d’avril 1988 ?

« Peut-être qu’il oublie autre chose, ce jour-ci la Gazzetta m’a mis un 7 : j’ai fais quelques parades, parce qu’aussi c’était quelqu’un qui ne faisait pas parti de ceux qui tirent peu. Son but 5 ans plus tard est bien plus important : s’il ne me marque pas celui là, nous gagnons le Scudetto. Et si nous avions empoché les 3 points de la victoire peut-être aussi que nous l’aurions remporté »

  • Les qualités de Gullit ?

« Il allait toujours de l’avant. Et il était chirurgical, comme Van Basten et Rijkaard. C’est pour cela qu’il s’est bien adapté au climat de respect qui régnait entre nous, les sélectionnées interistes et milainais : on venait de différents pays, mais nous savions gagner et perdre »

  • à propos de perdre : pour l’Inter c’est dimanche ou jamais ?

« Je vais m’expliquer ainsi : j’ai été à Wolverhampton 87 jours et à ce même moment l’Inter a changé 3 coachs. Ce n’est pas facile de se remettre d’un pareil coup. Ils restent 26 matchs, aujourd’hui l’Inter a 17 points, la Roma est arrivée 3ème l’année dernière avec 80 : le calcul est simple »

  • Comment dire : la Ligue des Champions est presque impossible ?

« Je dirai compliquée. Mais évidement l’Inter a le devoir d’essayer. Quand au derby, il n’y a jamais de vrai favori : c’est le match des inconnues et aujourd’hui, l’Inter est pleine d’inconnues »

  • Comment feriez-vous jouer l’Inter ?

« Avec Jovetic derrière Icardi : 4-2-3-1 ou 4-4-1-1 comme vous voulez »

  • Quel Milan affrontera l’Inter ?

 » Montella se posera encore plus cette question : et maintenant qu’inventera Pioli ? Cependant, le Milan aujourd’hui est plus une équipe que l’Inter : elle travaille avec le même coach depuis juillet et possède une basse de joueurs jeunes et forts »

  • Quel entraîneur vous impressionne ?

« Montella venait de conclure une expérience très négative à la Samp : il est arrivé en ressemblant à Clinton, mais il se trouve que c’est Trump qui a gagné. Mais un bon gars reste un bon gars : il a retenu de cette expérience que comment gérer une nouvelle équipe et adapter son jeu aux hommes qu’il a »

  • Donnarumma deviendra-t-il le gardien le plus fort au monde ?

« Oui, mais je suis un maniaque : seulement s’il améliore deux petites choses. Qu’il bouche son 1er poteau et la gestion des actions rapides dans sa « petite surface ». Moi à mon époque, puis Buffon et lui demain : le meilleur gardien au monde est toujours italien. C’est beau, pour notre foot »

  • Qui vous ressemble plus : Donnarumma ou Handanovic ?

« Aucun mais tous les deux ont une caractéristique particulière : ils mettent le visage dans le un contre un. Devant, entre les mains »

  • Deux hommes qui peuvent décider du derby ?

« Eder et Bacca. J’adore « Ed » : il est super professionnel et c’est un homme avec un « h » majuscule. Mais Bacca qui ne marque pas depuis 5 matchs en championnat m’épouvante »

  •  Comment ce sera pour Pioli de commencer avec un derby ?

« Pour un entraîneur c’est bien de commencer : point. Encore moins avec l’Inter et avec un derby »

  • Qui a été moins patient : Wolverhampton avec vous ou l’Inter avec de Boer ?

« Wolverhampton avec moi, bien sûr. Mais nous avons une chose en commun : des propriétaires chinois… L’important est de transformer le négatif en positif : comme l’a fait Montella »

  • Nous savons vous faire mal : avez-vous espéré commencer à la place de Pioli ?

« Pendant les entretiens j’ai pensé à une combinaison du destin : je partais des Wolves et de Boer de l’Inter. Je ne suis ni quelqu’un de faux ni un hypocrite : j’espérais que oui, cette fois aussi »

Traduit de l’édition de la Gazzetta dello Sport du 17/11/16 par Giacomo

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