Gasperini « Je rêve d’un Bilbao italien »

Gian Piero Gasperini
Gian Piero Gasperini

Il pensait s’arrêter une saison, reprendre les études, parce que même à 58 ans il y’a des choses à apprendre, approfondir sa connaissance du jeu de Guardiola qui est sa référence mais en juin il reçoit le coup de téléphone décisif. Le président Percassi lui a fait une offre qu’on ne peut pas refuser : faire grandir une équipe de province à travers le beau jeu et les jeunes. Le Gasp s’est mis à penser qu’il n’avait pas si envie que ça d’arrêter, qu’il avait le temps pour étudier et que Manchester City était diffusé à la télévision. Le terrain c’est autre chose, envoutant comme ses secrets. Ceux qu’ils transmet jours après jours aux joueurs de l’Atalanta qu’il porte à l’actuelle sixième place. Un départ lent, risquant le licenciement, et puis le tournant : les jeunes, les victoires contre l’Inter et le Napoli, l’ascension au classement…

Gasperini, vous avez un secret pour ces résultats ?

Le travail. Il y’a eu besoin d’un peu de temps parce que je me suis retrouvé avec un groupe de 27 joueurs il y’a donc eu une période de rodage pour moi et pour eux.  Dans l’équipe il y’a des sénateurs et des jeunes, un mix intéressant. Durant les entrainements je me suis rendu compte que beaucoup étaient prêt à jouer. Le président rêve d’un effectif composé en majorité de joueurs formés au club et de cette façon j’ai pu le contenter.

Vous avez commencer à faire confiance aux jeunes au moment le plus difficile, après la défaite à Palermo quand vous risquiez le licenciement, une décision courageuse ou forcée ?

Si nous avions bien commencé cela aurait été plus difficile de les faire jouer, mais je savais qu’ils avaient beaucoup de ressources, ce n’était qu’une question de temps, j’ai du accélérer à cause des résultats car j’étais à un pas du précipice, quasiment dehors c’est vrai. La victoire contre Crotone, moins évidente que que ce que l’ont peut penser a été utile mais le véritable tournant c’est contre le Napoli.

Il parait que la veille, Percassi n’a pas dormi de la nuit…

J’ai décidé de lancer Caldara et Gagliardini. Le samedi j’ai donné ma composition au président qui s’est agité au point de ne pas dormir de la nuit mais j’étais serein car je les avais vu à l’entrainement.

Contrairement à ce qui s’est passé à l’Inter, le président de l’Atalanta vous a fait confiance même dans les moments difficiles.

Oui il m’a toujours soutenu, ma philosophie lui plait mais d’autres clubs redécouvrent également les joueurs italiens et possiblement les jeunes. Avant on cherchait des joueurs étrangers, pour des raisons économiques notamment, mais maintenant la situation a un peu changé.

Selon certains de vos collègues, il faut attendre les conditions idéales pour lancer un jeunes. A force d’attendre ils jouent plus tard en Serie A par rapport à des étrangers du même âge. Vous avez démontré que si un jeune est bon, il peut jouer même dans des situations difficiles.

Ce n’est pas la carte d’identité qui compte, mais le terrain. Si tu coures, que tu joues bien, et que tu as une bonne technique, il n’y a aucune raison d’attendre. Souvent les entraineurs se trompent, mais pour être correct, il faut rappeler que c’est eux qui risquent leur poste.

Parmi vos joueurs, lesquels sont prêts pour la Nazionale ?

Je vais être un peu plus traditionnel, c’est trop tôt pour dire si quelqu’un est déjà prêt pour jouer avec la Nazionale. Hormis Papu Gomez évidemment. Je souhaite seulement à Ventura de faire ses propres choix.

Petagna est plus Vieri ou Borriello ?

Je ne le sais pas, mais il a beaucoup de talent. Durant le stage estival il n’était pas en forme, peut être qu’il n’avait pas l’habitude de bien s’entrainer mais maintenant il est dans une grande condition physique. Je suis curieux de voir son évolution, l’entraineur ne peut pas donner à un joueur plus que ce qu’il a mais il peut lui permettre d’en tirer le maximum. C’est ce que j’essaie de faire avec Petagna et les autres.

Comment trouvez vous le Genoa de Juric ?

Je le connais tellement bien que j’avais très peur du match parce qu’au Genoa je l’ai vu faire de grands matchs à haute intensité.

C’est vrai que Juric a les pieds tordus ?

Très tordus mais quand il courrait…

Et ceux de Kessie comment ils sont ?

Pas mal, techniquement il a une bonne base et une surpuissance physique impressionnante. J’imagine qu’un jour il pourra aller dans une grande équipe, parce que dans ce genre d’équipe il faut des joueurs physiques. En coupe les équipes italiennes ne souffrent pas techniquement ou tactiquement mais physiquement. En Italie on a un peu perdu le gout pour le jeu en cherchant à colmater le gap physique et nous sommes à mi-chemin entre les deux. Kessie pourra devenir un joueur important parce qu’il a tout

Gagliardini vous a surpris ?

Il m’a impressionné il y’a 2 ans. En rassemblement il a eu des hauts et des bas, il était titubant. Mais il est extraordinaire : il est technique, physique, possède une vision du jeu, les moyens de devenir un milieu de terrain important. Parfois avec les jeunes il suffit de trouver la bonne clé. Ça vaut aussi pour Conti : il avait des dons évidents, mais une évolution si rapide était difficile à prévoir.

Comment êtes vous parvenu à donner épaisseur et profondeur au jeu de l’Atalanta ?

En trouvant petit à petit les solutions justes, j’ai perdu un peu de temps à essayer de jouer avec D’Alessandro, Gomez et un avant-centre. Ensuite j’ai inséré Kurtic qui nous a donné de l’équilibre. On dit que c’est la meilleure défense qui gagne mais les buts il faut les marquer et c’est de ça que je me suis préoccupé.

La gestion d’un groupe aussi large n’est pas un problème ?

Non mais seulement parce que ceux qui ne jouent pas, en particulier les sénateurs ont fait preuve de professionnalisme. Je pense à Migliaccio, Raimondi, Carmona et Pinilla : ils ont été précieux en garantissant une ambiance sereine. En général un groupe aussi nombreux risque de ne créer que des problèmes.

La loterie des tireurs de penalties est finie ?

Les arbitres ne nous en donnent plus, comme ça le problème est résolu…blague à part, contre l’Inter Pinilla a pris une grosse responsabilité mais j’étais sûr qu’il marquerait. Pinilla est comme vous le voyez, un gars qui répond toujours présent, même hors du terrain, il est joyeux, ses coéquipiers l’aiment.

Paloschi partira en janvier, de toute façon vous n’êtes pas en manque d’avant-centre…

Moi au contraire j’espère que Paloschi aura une occasion et qu’il parviendra à la fructifier

Toloi est favorisé par la défense à 3 ?

Non, cela n’existe pas des défenseurs bon que dans la défense à 3 ou dans la défense à 4. Il y’a juste des bons et des mauvais défenseurs. On dit que je défends à 3 mais c’est une étiquette, quand on défends j’aime qu’on soit 9, voire 10 si j’arrive à convaincre Papa Gomez de donner un coup de main.

Sportiello reprendra sa place ?

C’est un très bon gardien qui a perdu sa place à cause de quelques prestations négatives, entre temps, Berisha a été très bon mais je suis sûr qu’il sortira de cette situation plus fort qu’avant.

L’Inter est une plaie ouverte ?

Non, cela m’est arrivé de la battre, de finir devant en championnat. Cela a été une expérience qui m’a fait souffrir, un gros coup d’arrêt pour moi mais je ne crois pas avoir porté préjudice à l’Inter.

Quel est le profil idéal pour le post De Boer ?

Je ne le sais pas, mais l’Inter peut être une excellente équipe. Le nouvel entraineur aura une belle opportunité parce qu’il part du bas avec un effectif fort, il est destiné à bien faire.

Etes vous favorable aux équipes B (comme en Espagne ndlr) ?

Je suis favorable à tout ce qui peut faire changer notre football et garantir la progression des jeunes.

Votre Atalanta finira en Europe ?

C’est un très beau moment mais ça sera difficile de défendre cette place, pour arriver en Europe il faut espérer que certains grands clubs ratent leur saison.L’Atalanta doit grandir petit à petit, c’est possible parce que la société est sérieuse, les infrastructures excellentes, le public passionnel et que dans le secteurs jeunes j’ai vu des garçons intéressants. Le projet est clair et s’appuie sur les jeunes du centre de formation. Une Atalanta dans le style de l’Athletic Bilbao, sans forcément être aussi excessif qu’eux, parce que si un joueur est bon mais qu’il ne parle pas le dialecte bergamasco, je le prends volontiers…

Pourquoi la Juventus souffre en Europe ?

Au-delà du discours athlétique évoqué précédemment, peut-être qu’Allegri a juste besoin de temps. Bien sûr, après la campagne d’achats taillée pour la Ligue des Champions, la Juve doit atteindre un niveau plus élevé dans cette compétition. Parfois en Italie elle réussit à s’arranger, en Europe elle ne peut pas.

Guardiola reste votre modèle ?

Je l’aime beaucoup, lui et son idéologie, certain disent que le tiki-taka est ennuyeux, je ne suis pas d’accord. Luis Enrique est également un bon entraineur, je le pensais même à la Roma quand il était très critiqué.

Traduction de l’interview de Gasperini à la Gazzetta Dello Sport (4/11/2016) par Antonio

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