Giampaolo « Spalletti est un des plus forts en Europe »

On parlait déjà de lui en 2009 pour prendre place sur le banc de la Vecchia Signora, oui la Juventus. Au printemps dernier, c’est du côté de l’AC Milan que son nom a circulé. Il n’en a rien été pour le natif de Bellinzona en Suisse qui s’est engagé du côté de la Sampdoria du président Ferrero. Goût du risque ? Plutôt un amoureux des projets ambitieux. C’est ce qu’il a confié à la Gazzetta dello Sport dans un entretien.

giampaolo

 

  • Pourquoi la Samp ?

Parce qu’à la fin du championnat la saison dernière je me suis demandé : « Si Montella devait s’en aller…». Et puis à un moment où je n’attendais rien en particulier je me suis dit : « Je vois 2 clubs pour programmer un nouveau projet : le Milan et la Samp ».

  • Mais vous vous êtes retrouvé dans une Samp différente de ce que vous aviez imaginé

C’est vrai : il y’avait Soriano, Corea, Fernando, Moisander et ils ne sont plus là. Mais il y’a des joueurs plus jeunes, d’avenir.

  • Praet (22 ans), Krajnc, Skriniar, Fernandes et Linetty (21 ans), Torreira et Schick (20 ans), Pereira (18 ans) : la Samp est-elle trop jeune ?

Il y’a aussi de l’expérience qui est restée : Palombo, mon capitaine, est un nom pour tout le monde, une grande découverte. Et puis l’enthousiasme des jeunes n’écrase pas la gestion d’équipe : il y’a plus d’insouciance et d’audace, moins de filtres pour mes consignes.

  • C’est plus compliqué avec beaucoup de joueurs étrangers : jouer son football et avant tout le comprendre non ?

Si tu ne parles pas la même langue que ton entraîneur, cela augmente le niveau d’attention : j’ai constaté qu’on peut arriver au même résultat et au même objectif.

  • Qui serait ?

La tranquillité, en valorisant les jeunes. La saison dernière la Samp a fait 40 points, pas 60, et maintenant elle s’est aussi rajeunie : la ligne d’arrivée ne peut pas être différente du départ.

  • Vous avez 4 lignes pour synthétiser le concept de votre football collectif

C’est un football où tout le monde doit raisonner en fonction du ballon, en occupant les espaces de façon équilibré et en tenant seulement compte de la position et la façon dont les adversaires se placent. Pour cela, tout le monde doit savoir parfaitement comment se déplacer. Et évidement il faut aussi des qualités individuelles pour enrichir le collectif.

  • Et vous expliquez aussi qu’entraîner c’est organiser 25 entreprises à caractère uninominale

Chaque joueur est une entreprise différente parce que tout le monde voudrait jouer. Moi je suis pour la gestion directe : entraîner tout le monde de la même façon vaut plus que distribuer de l’autosatisfaction ici ou là.

  • Parlons de la méthode que vous avez choisi pour entraîner Cassano : c’est vrai que pour lui aussi « on peut être un vieux à 20 ans et jeune à 40 » (il a 34 ans) ?

Je l’ai traité comme tout le monde tout en sachant qu’il faut le traiter différemment. Il est arrivé en stage sans surpoids, il s’est toujours bien entraîné, nous avons parlé franchement. Puis le club a fait son choix.

Giampaolo : « Ma règle est claire : ou je décide sur tout le monde ou sur personne. Et je me limite à entraîner »

  • Un choix qui a été subit, accepté ou corroboré ?

ça m’est passé au dessus de la tête comme les ventes dont j’ai parlé plus haut. Le jour où je serai manager ce sera différent, mais pour l’être en Italie je devrai arrêter d’entraîner. Ma règle est claire : ou je décide sur tout le monde ou sur personne. Et je me limite à entraîner.

ferreroo
Ce qui est bien avec Massimo Ferrero, c’est qu’il n’est jamais en roue libre.
  •  Vous avez toujours dit qu’avec vos présidents vous cherchez à parler le moins possible. Est-ce possible avec Ferrero ?

Tout à fait. S’il m’appelle c’est pour me demander comment je vais : il n’est jamais entré dans les considérations technico-tactiques. Lui a une vision du football plus ludique que moi, il tend à dédramatiser : c’est bien.

  • Quel est le compromis que vous n’accepterez pas à la Samp

Comme d’habitude : personne ne devra me dire que je dois faire jouer celui-ci ou celui-là. Et surtout pas en référence au prix de son transfert : les millions ne font pas une formation.

  • Pourquoi encore un 4-3-1-2 ?

Parce que j’avais encore Correa et aujourd’hui j’ai Alvarez et Praet, ce sont 2 meneurs de jeu. Et parce que Muriel « veut » un autre attaquant de point près de lui.

  • Alvarez comme Zielinski, de meneur de jeu à relayeur ?

J’y ai pensé. Mais pour le moment je dois dire non : il n’a pas encore la régularité qu’il faut pour un relayeur, il est encore proche d’un rôle offensif.

  • Muriel : l’année ou jamais ?

Il a des qualités que j’ai vu chez peu d’attaquants. C’est à lui de faire le saut de qualité avec lui-même pour ajuster sa vie hors du terrain avec le sportif. J’espère que l’âge de la maturité est arrivé pour lui.

muriel

  • Quagliarella est-il votre Maccarone ?

J’ai eu Fabio à Ascoli, mais dans le même temps il a eu la chance de jouer à la Juve où ils fabriquent des « prototypes de joueurs  » programmés pour gagner. Maccarone aussi était avec moi à 29 ans, à Sienne, et je l’ai retrouvé à 36 ans, à Empoli : il était devenu meilleur. Donc Quagliarella aussi peut encore s’améliorer.

  • Pourquoi un départ de Castan ?

Il a des habitudes défensives différentes de ce que j’inculque : il préfère plus le duel que l’espace. Je lui ai dit qu’il était venu pour jouer mais que je ne pouvais pas lui garantir, que s’il pouvait partir pour trouver du temps de jeu, qu’il y aille. Et il est parti.

  • Un joueur sur qui vous pariez ?

Schick, mais il doit encore comprendre comment se jouent les matchs : quand on peut être lucide et quand il faut être concret.

Giampaolo : « Les joueurs ne se retiennent pas contre leur volonté »

  • Avez-vous plus de regrets au sujet du départ de Soriano ou de l’arrivée manquée de Pucciarelli ?

Soriano avait une clause et les joueurs ne se retiennent pas contre leur volonté. J’ai pensé à Pucciarelli parce qu’il peut aussi jouer sur l’aile et avec lui on pouvait jouer un 433 avec un faux 9.

  •  A quel point vous manque Paredes que vous affrontez demain (dimanche) ?

Je suis amoureux des joueurs que j’entraîne, pas de ceux que je n’ai plus où que je n’ai jamais eu tout comme je suis amoureux des équipes que j’ai entraîné : je me serai jeté du 5ème étage pour l’Empoli, pas pour Paredes, comme aujourd’hui je me jetterai pour la Samp.

  • Qu’est-ce qu’il faudra face à la Roma pour la Samp en tête du classement ?

Une équipe pleine de qualités extraordinaires : ne pas subir et verticaliser à fond, sans s’égarer dans leur recherche de profondeur.

  • De quelle façon vous sentez-vous comparable à Spalletti ?

Il y’a peu nous avons dîné ensemble chez lui en Toscane, nous avions tous les deux faim de football. C’est l’un des plus fort en Europe. Je connais Luciano depuis des années : c’est un grand entraîneur, un grand manager, c’est aussi un très grand communicant, regardez sa gestion de Totti. C’est devenu un crack.

Traduction tirée de l’édition de La Gazzetta dello Sport du 10/09/16  par Giacomo.

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