Oliver Bierhoff, le Panzer des surfaces

Héros de la « Nationalmannschaft » à l’Euro 1996, auteur d’un doublé lors de la finale contre la République Tchèque de Pavel Nedved dont le fameux « Golden Goal » de la 95ème minute permettant à l’équipe d’Allemagne de décrocher le titre européen, Oliver Bierhoff a la particularité d’avoir connu la notoriété hors de ses frontières. Plus particulièrement à l’AC Milan où il gagnera son seul titre en club mais c’est avec l’Udinese qu’il s’est révélé aux yeux du grand public. Retour sur un des grands attaquants de notre Calcio.

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A la lutte avec Taribo West

L’exil pour exploser

Après avoir fréquenté les équipes de jeunes de Schwarz-Weiss d’Essen où il se forge une solide amitié avec Jens Lehmann, le jeune Oliver Bierhoff débute sa carrière pro au Bayer Uerdingen, club basé à Krefeld en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, soutenu financièrement par le géant pharmaceutique éponyme et évoluant à l’époque en Bundesliga. Il passe ensuite par deux clubs historiques de la Buli (successivement Hambourg et Mönchengladblach) sans parvenir à marquer les esprits. Suite à ces expériences mitigées dans son pays natal où il peine à s’imposer, il entame son exil en rejoignant l’Autriche pour essayer de percer. Il signe à l’Austria Salzbourg. Il ne reviendra plus jamais en Bundesliga Allemande.

Son choix est payant. Il claque 23 buts en 32 matches en Bundesliga Autrichienne. Suffisant pour attirer les prétendants et le débaucher de Salzbourg. L’Inter Milan obtient son transfert en 1991. Mais barré par Klinsmann et Delvecchio, il est prêté à Ascoli. Le club des Marches vient d’être promu en Serie A et a besoin de renfort offensif. Le grand attaquant connait une acclimatation difficile : 2 buts en 17 matches. Son club fait l’ascenseur en terminant bon dernier et retrouve l’échelon inférieur dès la saison suivante.

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Duel germanique : Bierhoff/Kohler

Il n’aura jamais sa chance à l’Inter. Les dirigeants nerazzurri lui préfèrent le buteur yougoslave Darko Pančev, ancien joueur de l’Etoile Rouge de Belgrade, vainqueur de la C1 en 1991 à Bari. Son prêt à Ascoli est donc renouvelé pour les 3 saisons suivantes. Malgré une réussite certaine, il est d’ailleurs sacré meilleur buteur de Serie B lors de l’édition 1992/93 et du club à chaque saison, son passage à Ascoli se termine mal. Les tifosi le prennent en grippe. Ses dirigeants veulent l’évincer. Mais il honore son contrat jusqu’au bout.

L’explosion à Udine

Plus en odeur de sainteté à Ascoli et persona non grata à l’Inter, Bierhoff se décide à quitter Milan. L’Udinese tente le pari. Ils engagent le buteur allemand. D’ailleurs, ce dernier a une affection toute particulière pour la ville du Frioul puisqu’il s’agit de la ville natale de sa mère et de sa grand-mère.

Sous la houlette d’Alberto Zaccheroni, Bierhoff connait enfin la réussite au plus haut niveau. Malgré une 10ème place au classement, il marque 17 buts dès sa première saison sous les couleurs « bianconeri ».

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Prototype du buteur germanique : grand, puissant et doté d’un très bon sens du but, ce Golgoth d’un mètre 91 pour 90 kilos est un « panzer » des surfaces. Il n’est pas le plus sexy des buteurs, à l’instar de son aîné Horst Hrubesch, mais il est devenu terriblement efficace. Si Oliver Bierhoff est habile des deux pieds, son atout majeur est son jeu de tête. Il possède une détente verticale importante qui lui permet de s’élever au-dessus de la barre transversale. Il déclare à ce sujet :

« Le jeu de tête est effectivement mon point fort. Et cela tient à plusieurs paramètres. D’abord mon volume physique et ma structure musculaire, mais également l’expérience acquise au fil des saisons, qui m’a aidé à améliorer mon timing, à devenir plus malin et à mieux sentir les coups. Enfin, un but de la tête est souvent le fruit d’un bon centre. C’est pourquoi je demande à mes partenaires de centrer le plus vite possible et de façon tendue, pour pouvoir couper la trajectoire du ballon en pleine course. »

Le modeste club frioulan connait alors l’une des périodes fastes de son histoire. Lors de la saison 1996/97, ils étonnent malgré un effectif sans star mais au style de jeu très offensif organisés en 3-4-3. Ils réussissent à décrocher une qualification historique pour la C3 (la première du club) avec une 5 ème place devant des équipes plus huppées comme la Sampdoria, la Fiorentina, le Milan, la Roma ou encore le Napoli.

L’année suivante, ils récidivent et améliorent même leur classement final terminant à la 3 ème place du podium. Cette dernière marche du podium est en bonne partie due à la réussite inédite et maximale de Bierhoff.

Avec un total de 27 buts en championnat, il est sacré Capocannoniere en réalisant le meilleur total pour un joueur de Serie A depuis la saison 1960/61 et surtout il devance la star brésilienne évoluant à l’Inter, le légendaire, Ronaldo * (25 buts)

Il est le premier joueur de l’Udinese à remporter cette distinction. Il est imité la saison suivante par le brésilien Márcio Amoroso (22 buts) et plus tard par la légende : Antonio « Toto » Di Natale en 2010 (29 buts ) et 2011 (28 buts)

« A l’Udinese, j’ai pris une nouvelle dimension. J’ai enfin pu travailler sereinement, dans une saine ambiance et exprimer pleinement mes qualités. Je dois beaucoup à ce club. »

Grandeur et décadence

Auteur de 57 buts en 86 matches à Udine, il attire l’attention du côté de Milan. Mais cette fois plus question de l’Inter, Bierhoff se dirige vers les voisins, les rivaux : l’AC Milan. Là-bas, il retrouve là-bas son ancien entraîneur à Udine : Zaccheroni mais aussi une vieille connaissance, son compatriote : Jens Lehmann. Alimenté par le stratège croate Zvonimir Boban ou le brésilien Leonardo, il forme un duo explosif avec le Ballon d’Or 1995 le libérien « Mister » George Weah. Il inscrit 19 buts et remporte son seul et unique titre en club : celui de champion d’Italie 1999.

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Après cette saison couronnée de succès, il baisse de régime. Ses stats s’en ressentent. Son temps de jeu aussi. Il s’amenuise saison après saison. En 2001, il est prêté à Monaco. Mais il ne parvient pas à se refaire une jeunesse en D1. Il ne participe qu’à 18 matches pour 4 buts. L’équipe frôle la relégation.

A 34 ans, il fait une dernière pige au Chievo Verona. Expérience réussie puisque les Mussi Volanti terminent 7 ème aux portes d’une qualification européenne. Le bomber teuton clôture son tableau de marque avec 7 buts au compteur en 26 matches de championnat. Et comme pour prouver qu’il est encore et toujours un grand buteur, il finit sa carrière par un feu d’artifice offensif en claquant un triplé contre la Vecchia Signora lors de son dernier match en Serie A.

Auteur de 102 buts en Serie A, capocannoniere et champion d’Italie, on peut dire que Bierhoff a marqué le championnat italien de son empreinte. Et même si ce n’est pas le joueur le plus technique ou le meilleur dribbleur, il n’en demeure pas moins l’un des grands finisseurs du calcio.

@friûlconnection

* NDLR : Le vrai, l’unique

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