AC Milan : la « Oranje touch »

A la fin des années 80 et jusqu’au début des années 90, la cité du «biscione» a vu ses deux clubs s’affronter dans une Guerre des Étoiles. Deux trios vont faire les beaux jours des clubs lombards : l’un est Batave à l’AC Milan, l’autre est Allemand (de l’Ouest) à l’Inter FC. Gullit, Van Basten et Rijkaard vs Matthaüs, Brehme et Klisnmann. Retour sur cette époque dantesque où les 2 frères ennemis du Calcio ont vampirisé la planète foot.

Épisode N°1 :

Zoom sur les Hollandais :

Trio Batave Milan AC

Eté 1987, Silvio Berlusconi est le nouveau proprio du club « rossonero » depuis un an et demi. Le club n’a plus été champion depuis la saison 1978/79, il a été relégué deux fois en trois ans au début des 80’s et n’a jamais été mieux classé que 5ème depuis son retour parmi l’élite en 1983.  Bref, l’ambitieux président veut du changement et … des titres. Il engage un certain Arrigo Sacchi, entraîneur de Parme, alors inconnu au bataillon. Berlusconi cherche à (re)devenir concurrentiel au niveau national et européen. Pour satisfaire ses ambitions, il enrôle deux pépites néerlandaises : Marco Van Basten, prolifique buteur de l’Ajax Amsterdam, pour la somme de 50 M de francs (7,7 M d’€) un record à l’époque, et le Ballon d’Or 1987 : Ruud Gullit, milieu très offensif du PSV Eindhoven, surnommé « la Tulipe noire ».

L’addition de ces deux talents aux joueurs déjà présents, ainsi que la révolution tactique de Sacchi, vont faire des étincelles. L’effectif Milanais en cette saison 1987/88 est composé des joueurs suivants : Baresi, Costacurta, Maldini, Tassotti, Colombo, Ancelotti, Donadoni, Evani, Massaro ou Virdis.  Sacchi impose un jeu offensif et spectaculaire, avec une défense de zone et un pressing haut dans le camp adverse dès la perte du ballon, qui fera des ravages.

Premières saisons : premiers succès 

Dès la première saison, le Milan est sacré champion concédant seulement 2 défaites : meilleure défense et 2ème meilleure attaque. Le titre est acquis principalement grâce à des succès contre :

  • la Samp (2-1),
  • la Roma (2-0),
  • la Juve (1-0),
  • l’Inter (0-1 et 2-0) ou encore
  • le Napoli (4-1 et 2-3)

Cependant Van Basten connait une saison difficile, handicapé par de multiples blessures à la cheville. Il ne participe qu’à 11 matches. Mais grâce à un Euro 88 flamboyant, il remporte son 1er Ballon d’Or. Gullit, quant à lui, s’adapte bien à la Série A et score 9 fois en championnat. C’est un des artisans du titre.

En 1988, ils sont rejoints par Frank Rijkaard, vainqueur de l’Euro en Allemagne. Joueur polyvalent pouvant évoluer en défense centrale ou milieu récupérateur, formé à l’Ajax, Rijkaard est un ami d’enfance de Gullit. Il arrive du Sporting Club du Portugal via le Real Saragosse. Le trio est enfin au complet. Il va marquer l’Histoire du Milan.

1988/89, année majeure pour le « Diavolo »

Marco Van Basten, enfin débarrassé de ses problèmes de cheville, flambe en inscrivant la bagatelle de 33 buts (toutes compétitions confondues dont 19 en Série A) alimenté par Gullit, le créateur de l’équipe. Rijkaard, lui, s’impose au milieu du terrain où sa puissance physique fait merveille avec le pressing intensif imposé par Sacchi. Et même si le tenant du titre termine à la troisième place du podium laissant les Intéristes lui succéder au palmarès, c’est leur parcours en Coupe des Champions qui est remarquable.

Après avoir éliminé successivement le Vitosa Sofia, l’Etoile Rouge de Belgrade (aux tirs aux buts), le Werder de Brême et le Real Madrid (5-0 au retour à San Siro). Ils retrouvent en finale, au Nou Camp de Barcelone, les roumains du Steaua Bucarest de Dan Petrescu, Marius Lacatus et Gheorghe Hagi, vainqueur en 1986. Et les Bataves vont être sans pitié. Avec un doublé chacun, Gullit et Van Basten offrent au Milan sa première C1 depuis 20 ans. Van Basten remporte un second Ballon d’Or après cette saison remarquable.

 

AC Milan 1989-90

La saison suivante, le Milan ajoute la Super Coupe d’Europe contre le Barça (la 1ère du club) et la Coupe Intercontinentale contre les Colombiens de l’Atletico National dans son armoire à trophées. Van Basten claque but sur but et finit, pour la 1 ère fois de sa carrière italienne, « Capocannoniere » avec 19 buts mais c’est insuffisant pour empêcher le Napoli de Maradona d’être sacré champion. Il faut dire que Gullit fait une saison blanche suite à un grave problème au genou. La performance majeure reste sa propre succession en C1 grâce à sa victoire contre Benfica 1-0 à Vienne. L’équipe est alors infranchissable, ne concédant QUE 3 buts lors de toute la compétition.

La saison 1990/91 marque la fin de l’ère Arrigo Sacchi. Même si le club réédite ses victoires en Super Coupe d’Europe et Coupe Intercontinentale, le titre national lui échappe au profit de la Samp du duo Vialli-Mancini. De plus, le club est éliminé de la C1 par l’OM. Suite à une panne d’un des projecteurs du Vél et alors qu’ils sont menés 1-0, Baresi refuse de reprendre la partie. Le Milan perd donc sur tapis vert sa double couronne européenne.

Capello : disciple de Sacchi

A l’été 1991, Fabio Capello, intérimaire en 1986/87, ex-joueur du club ayant fait ses gammes avec la Primavera, est intronisé n°1 par Berlusconi.

Le succès est au rendez-vous. Ce sera une des périodes les plus fastes du club rossonero avec plusieurs titres majeurs nationaux ou continentaux. Dès sa 1ère saison sur le banc, Capello permet au club de récupérer le Scudetto, son 12 ème. Le trio batave atteint sa plénitude. Van Basten redevient Capocannoniere avec 25 buts bien soutenu par Gullit et Rijkaard. Il remporte son 3 ème (et dernier) Ballon d’Or. Mais surtout l’équipe reste invaincue pendant … 58 matches de championnat (entre mai 1991 & mars 1993), ce qui lui assure un 13 ème titre. (le 2 ème consécutif). Ce sont les Invincibles de Capello.

Ce sera le dernier titre avec les Oranjes au complet. L’effectif, déjà pléthorique, s’agrandit encore avec les arrivées de Boban, Savicevic et Papin malgré les restrictions d’aligner plus de 3 étrangers par feuille de match. (avant l’arrêt Bosman). Van Basten, encore et toujours perturbé par sa cheville, effectue sa dernière saison pleine. Il n’arrête sa carrière qu’en 1995. Ruud Gullit fait les frais de cette abondance de joueurs. Il ne dispute que 15 matches de championnat. Mais surtout, il est envoyé en tribune lors de la finale de C1 1993 contre l’OM. Cela marque une cassure entre la « Tulipe noire » et les dirigeants du Milan. Il part la saison suivante à la Samp. Rijkaard, lui, après l’échec munichois en C1, retourne au bercail à l’Ajax où il termine sa carrière 2 ans plus tard.

Bilan

Durant la période « hollandaise » du Milan sont venus s’ajouter :

3 titres de champions d’Italie, 2 Super Coupe d’Italie, 2 Coupes d’Europe des Clubs Champions (C1), 2 Super Coupe d’Europe, 2 Coupes Intercontinentales.

@friûlconnection

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