Lettre à Osvaldo

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Pablo Daniel,

Quand tu es arrivé chez nous, à Rome, je ne te connaissais pas. Après un parcours chaotique en Italie, ou tu étais passé sans succès à Lecce, Bologne, ou encore la Fio, c’est en Espagne que tu t’étais finalement révélé.

Finalement, tu as débarqué chez nous discrètement, à l’aube d’une saison pleine d’espoir.
Très rapidement, les choses se sont compliquées. L’équipe s’est faite sortir piteusement en Europa League, mais toi, tu as commencé à nous montrer qui tu étais vraiment. Attaquant moderne, habile dans le jeu aérien, notamment pour les reprises de volée, tu as su séduire, tant par ta capacité à jouer dos au jeu que par tes qualités de finition. Puis surtout, rapidement, nous avons pu découvrir ton caractère.
Orgueilleux. Impulsif. Téméraire. Tout ce qu’il faut pour réussir à Rome.
Pour moi, ton adoption a été complète le 11 novembre 2011. Ce jour-là, face à Lecce, tu as inscrit l’un des plus beaux ciseaux retourné qu’il m’a été donné de voir réussi par un joueur de la Roma. A ce jour, je me souviens encore de ma réaction sur mon canapé, et celle de mes voisins, venus sonner car inquiets du cri que tu avais provoqué. C’était officiel : pour moi, plus de doute, tu étais l’avant-centre qu’il nous manquait, le chainon manquant, celui qui accompagnerait Totti sur le front de notre attaque.
J’ai même osé penser que ta folie dans les vestiaires, notamment ta brouille avec Lamela, n’était due qu’aux autres. personne ne pouvait remettre en cause ton statut à mes yeux.
Dans ma tête, un schéma bien précis se mettait en place : tu formais, avec Florenzi, le futur duo des leaders de la Roma. L’un, milieu de terrain génial, succèderait à Totti dans nos coeurs, tandis que toi, avec ton amour du combat et ton caractère sanguin, tu faisais un nouveau De Rossi, non pas par ton positionnement, totalement différent, mais par l’esprit que tu apportais à l’équipe. Je croyais en toi. Tu devenais un Romain, tu devais être Simba, le petit Roi Lion, le successeur de Batistuta. Il ne pouvait en être autrement.
Durant un an, j’y ai cru. Dur comme fer. Je regardais tous tes matchs. Je floquais mes maillots à ton nom. Puis, peu à peu, j’ai réalisé. Plus les résultats déclinaient, plus tu nous montrais tes mauvais côtés. Manque d’implication, expulsions débiles, puis, le pire, ton comportement après la prestation honteuse face à la finale historique de la Coupe d’Italie. Au club, tes incartades ont également fatigué, et on t’a envoyé à Southampton. Comme je ne suis pas rancunier, je suis allé jusqu’à te suivre, là-bas, dans un des championnats qui m’attire le moins. Je suis allé jusqu’à acheter ton maillot. J’avais envie que tu réussisses.
Et c’est là-bas, que j’ai commencé à t’oublier. En Angleterre aussi, tu t’es battu avec un coéquipier à l’entraînement. Tu as été mis à l’écart. Une fois de plus. Puis en 2014, tu m’as trahi. Tu as offert une fin tragique à notre relation. Tu as rejoint l’ennemi Turinois, toi qui te faisais passer pour l’un des nôtres. Oublié ton t-shirt face à la Lazio. Oubliées, tes déclarations d’amour pour la Roma. Tu es venu nous chambrer jusque dans notre stade avant que De Rossi, un vrai Romain, ne te remette à ta place.
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Depuis, ta carrière est en chute libre. De prêts ratés à contrats rompus, tu as voulu te relancer partout dans le monde, mais ton coeur ne semble plus y être. Il y a quelques semaines, j’ai lu quelques unes de tes déclarations, ou tu évoquais une possible retraite, alors que tu n’as à peine que trente ans. A la lecture de cette interview, tu as remué de douloureux souvenirs. Finalement, depuis ton passage, nous n’avons toujours pas trouvé notre buteur. Celui qui ravira nos coeurs, et qui nous renversera de plaisir lors de ses nombreux buts.
Et avant que tu partes définitivement loin du football, que tu continues ta vie de Rock-Star, je voulais te dire adieu. J’ai décidé de ne retenir de toi que les bons moments, je poserai un voile discret sur ce que tu as fait après. Je te dois bien ça. Ta première saison, tes ciseaux, et l’espoir que tu as fait, subrepticement, revivre en moi, pour tout ça, je te remercie. Je te souhaite le meilleur dans ta nouvelle vie, et j’espère qu’un jour, tu trouveras ta route. La mienne mène à Rome, toujours et ça ne changera pas. Il est donc peu probable que nous nous recroisions. Adieu, donc, Pablo Daniel, et merci pour ce que tu m’as apporté.
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