El Loco Marcelo Bielsa a fui un club encore plus fou

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Dans la vie il y a des histoires d’amour qui sont faîtes pour durer. Puis il y a aussi ces mariages forcés ou l’une des deux moitiés s’enfuit pour une vie meilleure. Et cette deuxième option c’est un peu l’histoire de Marcelo Bielsa et la Lazio.  

Le 6 Juillet 2016 la Lazio officialise la signature de Marcelo Bielsa, El Loco, l’homme du peuple, un romantique du football. Dans un pays comme l’Italie, dans une ville passionnée comme Rome, avec des tifosi vivant pour le football comme ceux de la Lazio, cette union aurait fonctionné 9 fois sur 10, 99 fois sur 100, 999 fois sur 1000. Mais voilà, à la Lazio, il y a un homme qui rendait cette union impossible, c’est Claudio Lotito. Pour comprendre pourquoi cet homme est semblable à l’acné présent sur le visage d’une jolie fille ou à la maladie rongeant un homme de l’intérieur, il faut revenir en arrière. 

Lotito et ses quelques faits d’armes.

Tout débute en mai 2013, la Roma est vaincue à l’Olimpico en finale de Coppa Italia par la Lazio, cette victoire est historique et unique car c’est la seule et unique fois dans l’histoire que les deux clubs de la capitale se sont affrontés à ce stade de la compétition. L’euphorie s’empare alors des tifosi Laziali. Lotito de son côté annonce débloquer une trentaine de millions d’euros pour renforcer l’équipe. Cette somme promise est utilisée pour acheter Lucas Biglia, Felipe, Anderson, Vinicius et Josip Ele. Deux noms sur ces quatre là ne vous disent rien ? C’est normal. Conscient du besoin d’épauler le grand, mais vieillissant Miroslav Klose, Lotito s’active pour recruter un attaquant. La cible est toute trouvée, Burak Yilmaz est le joueur ciblé. Galatasaray et la Lazio tombent d’accord. Le joueur et les Biancocelesti tombent également d’accord, mais la seule et unique place pour un extra-communautaire restante est finalement utilisée pour accueillir Bryan Perea. Lotito prétextera ensuite que l’agent de Burak Yilmaz était en fait trop gourmand et demandait une commission trop onéreuse.

Mais le 31 janvier de cette même année 2013, Lotito s’illustrait déjà dans l’art de la quenelle, une spécialité pourtant lyonnaise, les tifosi laziali apprennent que Felipe Anderson ne rejoindra pas le club, la cause ? Une panne de fax. Durant cette saison on assistera même au surprenant départ de Mauro Zarate signant un contrat avec le club argentin de Velez sans l’accord de la Lazio. Lotito fera donc appel auprès de la Fifa, mais le club donnera raison au joueur argentin. Le ridicule et la malhonnêteté  n’ont donc aucune limite avec cet homme. Après divers boycott de matchs de championnat, les tifosi ont décidé, suite à la démission de Bielsa, de manifester contre Lotito, encore une fois.

Nous pourrions vous compter encore quelques histoires au sujet de ce président, mais l’article paraîtrait interminable.

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Une saison prometteuse.

Nous sommes en Mai 2014, La Lazio sort à peine d’une saison galère, où elle termine à une oubliable 9 ème position en Serie A. Et ce, même malgré l’arrivée d’Edy Reja en cours de saison, comme entraîneur et capitaine d’un navire qui coule. La saison est passée, une autre s’ouvre, et Igli Tare, directeur sportif nommé par Claudio Lotito semble attirer quelques renforts permettant à cette Lazio de croire à un avenir un peu plus ensoleillé.

Tout d’abord, la Lazio enregistre la signature, avant même l’ouverture du mercato, de Filip Djordjevic, attaquant du FC Nantes, sortant d’une saison à 12 buts. L’international Serbe arrive gratuitement et vient pour occuper le rôle de doublure du grand Miroslav Klose. Le 12 Juin, Stefano Pioli est nommé entraîneur de la Lazio et remplace le friulan Edy Reja. 5 jours plus tard, le 17 Juin, c’est Dušan Basta, compagnon de Filip Djordjevic en sélection, qui quitte l’Udinese et signe dans le club dirigé par Lotito en prêt avec une obligation d’achat fixée à 5,5 millions d’euros. Le latéral à la tête blonde possède alors 6 saisons de Serie A dans les jambes, et vient occuper un rôle de titulaire.

Le 1 er Juillet 2014 c’est l’international italien Marco Parolo qui rejoint la Lazio en provenance de Parma pour un total de 5,5 millions d’euros, et ce, après une saison à 8 buts  en 36 matchs de Serie A. Un joli coup en somme pour une valeur sûre du championnat venue renforcer le milieu de terrain. Mais c’est bien le 30 Juillet 2014 que Igli Tare va réaliser l’un des plus gros coups du mercato Italien. En effet, pour une somme estimée à 8,5 millions d’euros, la Lazio voit arriver l’excellent Stefan De Vrij pour assurer le rôle de leader de la défense Romaine. Un prix peu gonflé malgré un mondial Brésilien plus que réussi par les Néerlandais, ayant réussis à se placer à la 3 ème place du Mondial en encaissant un total de seulement 4 buts.

Par le biais de ces 5 recrues, le mercato semble annoncer du bon, sachant que les 4 joueurs arrivés viennent se greffer à un effectif composé de Biglia, Marchetti, Felipe Anderson, Klose, Candreva, Lulic, Radu et compagnie. Cependant, André Dias et Giuseppe Biava, deux leaders de vestiaire, certes sur la fin, quittent le club respectivement pour la maison de retraite et pour l’Atalanta Bergame. C’est Diego Novaretti, défenseur argentin de San Lorenzo et inconnu en Europe qui signe, pour venir reboucher le trou provoqué par les deux départs cités plus haut. Pour boucler ce joli mercato, les Biancocelesti vont tenter un pari, en la personne d’Edson Braafheid arrivant gratuitement après une période d’essai jugée convaincante. Une arrivée pour occuper le poste de doublure, un risque minimum.

La saison commence, et la Lazio connaît des débuts quelque peu poussifs, mais cela ne va durer qu’un temps. Avec 3 points au bout de 4 journées, la Lazio va entamer une série de 6 matchs sans défaite (5 victoires et 1 nul) lui permettant de se remettre sur de bons rails. Lors de cette série, elle bat notamment Palermo d’un score fleuve de 4-0. (Triplé de Djorjdevic.) puis la Fiorentina au Stadio Artemio Franchi sur le score de 2-0. Au bout de 7 journées, Filip Djordjevic compte 5 buts à son compteur, tandis que Miroslav Klose, fraîchement champion du monde et meilleur buteur de l’histoire du mondial, lui, zéro. La Lazio termine sa première partie de saison avec un total de 31 points. Durant le mercato hivernal Igli Tare, chargé du recrutement Biancoceleste officialise l’arrivée de Mauricio du Sporting Portugal sous forme de prêt payant.

En seconde partie de saison les hommes de Pioli vont encore accélérer la cadence en engrangeant 35 points et en obtenant quelques remarquables succès comme face au Milan (3-1) ou la Fiorentina (4-0). Pour terminer une saison réussie, la Lazio va même obtenir sa qualification au tour préliminaire de la Ligue des Champions à la dernière journée face à son concurrent direct, le Napoli. Et quoi de mieux qu’un super scénario pour tirer sa révérence et fermer le rideau ? En effet, durant cette rencontre face au Napoli, les Biancocelesti vont d’abord mener 2 à 0 par Biglia et Candreva et ce, en une mi-temps. Au retour des vestiaires, Higuain va redonner espoir aux partonopei en inscrivant un doublé permettant au Napoli de rejoindre la Lazio. A la 73 ème minute, Lulic provoque même un pénalty permettant au Napoli de croire à la qualification. Higuain, comme souvent dans les moments décisifs se ratera en logeant son ballon au dessus du but de Marchetti. Puis vient la 85 ème minute, le jeune Onazi marque le but du 3-2. Enfin, le légendaire Miroslav Klose aggravera le score au terme de ce match palpitant. En plus d’une superbe saison en Serie A, la Lazio de Pioli atteint la finale de la Coppa Italia, mais la Juve s’empare du titre sur le score de 2-1.

La saison est réussie, Stefano Pioli est conforté, mais les espoirs d’une belle Lazio vont vite partir en fumée.

La fin d’un presque projet.

Et si nous vous racontions la saison 2014-2015 comme une belle épopée, l’année 2015-2016 s’est-elle déroulée de manière ridicule. Elle débute par une élimination en barrages de Ligue des Champions face au Bayer Leverkusen.

Et cela continue avec un mercato déjà moins ingénieux, Lotito et Tare valident les arrivées de Ravel Morrison et Patric deux jeunes footballeurs peu convoités et ne présentant aucune garantie. Si le seul pari qu’était Braafheid pouvait-être compréhensible, Tare et Lotito ne semblent pas comprendre que la politique du « joueur en perte de vitesse à 0 euros » ne permettrait pas à la Lazio de construire un projet stable et une équipe compétitive. Mais qu’importe. A cela ajoutez, un départ de Mauri qui reviendra quelques jours plus tard, l’arrivée de Wesley Hoedt à paramètre zéro, celles de Kishna et Milinkovic-Savic pour un total de 14 millions plus le prêt de Matri et vous obtenez un mercato malgré tout… loupé. Au rayon des départs, Cavanda prend un billet pour la Turquie et rapporte 2,5 millions d’euros à la Lazio. Ederson, Ledesma, Pereirinha, Ciani et Lorik Cana, eux, quittent le club en ne rapportant pas de billes au club de Claudio Lotito.

Et le championnat va-être tout aussi décevant, la Lazio termine la saison à la 8 ème place, Mister Pioli semble de plus en plus dépassé chaque jour qui passe, et les résultats viennent confirmer son impuissance. Les Biancocelesti vont connaître beaucoup trop de résultats décevant, par exemple dès la seconde journée, les hommes de Pioli vont s’incliner face au Chievo sur le score de…4-0. Deux semaines plus tard c’est sur la pelouse du San Paolo, face au Napoli que la Lazio s’inclinera sur le score de 5-0. Au bout de 4 journées, deux résultats de la sorte sont assez violents. La défaite de trop sera celle face à la Roma (4-1). Pioli est remercié et se voit remplacé par Simone Inzaghi, idole des biancocelesti. Présent pour sauver les meubles en fin de saison, l’ex-attaquant obtiendra 12 points sur 21 possibles. Pas folichon, mais pas horrible. En plus d’une mauvaise saison en Serie A, la Lazio va se voir éliminée en 8 ème de finale d’Europa League par un adversaire sensé être plus faible, le Sparta Prague, sur le score de 3-0.

Une saison ridicule, peut-être à l’image de la présidence de Claudio Lotito. L’Italien ne semble avoir aucun projet, aucune ligne à suivre pour que son club progresse. Certains recrutement manquent de cohérence, les joueurs choisis sont souvent mauvais (Bisevac, Patric, Vinicius etc) et ne justifient leur présence que par leur gratuité ou leur faible prix. Après 12 années à la tête du club, Lotito semble avoir réussi l’exploit d’aseptiser un club ayant l’une des ambiances les plus chaudes d’Italie. Lorsqu’on associe Claudio Lotito à la Lazio il est désormais difficile d’avoir de la sympathie à l’égard de ce club. Le président est depuis quelques temps en guerre contre les tifosi qui lui demandent de vendre le club (enfin même de le libérer), à ça, le président très contesté répond « la Lazio est à moi, et je la lèguerai à mon fils ». Ambiance.

Le problème dans cette histoire, c’est que Lotito gère la Lazio comme une entreprise lambda, en veillant à ce que les comptes soient toujours dans le vert. Prenez-le foot, enlevez le romantisme et le rêve et vous obtenez la Lazio façon Claudio Lotito. C’est encore plus frappant lorsqu’on la compare à la grande Lazio de Cragnotti, certes endettée, mais redoutable et emmenée par des top players comme Crespo, Mihajlovic ou encore Veron et Diego Simeone. Une entreprise qui vend du rêve.

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Et Bielsa dans tout ça ?

Revenons-donc à Marcelo Bielsa. Les rumeurs, puis l’annonce de sa venue, enthousiasmaient tout fan de football et de Serie A qui se respecte. Qui ne tremblait pas d’impatience à l’idée de voir Spalletti et Bielsa s’affronter dans l’un des derbys les plus chauds d’Europe ? Qui n’était pas emplit de joie à l’idée de voir Marcelo Bielsa aligner des 11 parfois improbables, tout en proposant un spectacle jamais emmerdant ? Qui n’était pas heureux de savoir que l’Argentin allait s’opposer à Maurizio Sarri ou encore Allegri ?

Malheureusement, comme nous vous le disions, Bielsa ne pouvait pas coller avec Lotito. L’un est la droiture incarnée et attend à ce que l’on soit aussi droit que lui en retour, l’autre est un affabulateur. L’un demandait quelques garanties au sujet du mercato, l’autre promettait mais n’agissait pas. L’un a des principes, l’autre un peu moins. En effet, suite à sa démission, avant-même d’arriver à Rome, Bielsa a adressé un communiqué pour justifier sa décision, dans lequel il explique que lui et la direction s’étaient mis d’accord sur l’arrivée de 5 recrues avant le 5 Juillet 2016. Cela peut paraître tôt, mais selon Bielsa, pour préparer son équipe il est nécessaire de disposer de son équipe au complet très vite. Le 8 Juillet, date de la démission d’El Loco, aucun des joueurs attendus n’avait encore signé au club. Lotito et Igli Tare auraient même omis de contacter certains joueurs demandés par Marcelo Bielsa. Résultat Lotito a encore réussi l’exploit de passer pour le roi des clowns. Le voilà obligé de prolonger Simone Inzaghi d’un an. Mais cela ne lui suffit pas, dans une conférence organisée le lendemain, le bon vieux Claudio déclare que « Le choix de Simone Inzaghi est lié à notre volonté de ramener une identité laziale. Il a évolué au club, ce n’est pas un choix par défaut. » A peine. Pour en rajouter une dernière couche, le 14 Juillet, Lotito déclare que Walter Sabatini, directeur sportif de la Roma ainsi que Veron, joueur emblématique de la Lazio, auraient appelés Marcelo Bielsa pour le convaincre de ne pas rejoindre la Lazio. Le 15 Juillet, Veron démentira cette accusation par une simple phrase « Je n’ai pas parlé à Marcelo depuis 10 ans. » La cerise sur le gâteau.

Bon vent san Marcelo, nous regrettons déjà ta non-venue. En tant que romanista je souhaite que Claudio Lotito libère la Lazio, le football italien ne mérite pas ça.

@Hugiannini

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