L’Italie, « Bestia Nera » des Allemands

Après l’Espagne, Championne d’Europe en titre en 1/8 ème, ce sont les Champions du Monde 2014 qui se dressent devant la Nazionale pour une finale avant l’heure de cet Euro. Historiquement l’Italie ne réussit pas aux Allemands, incapables de battre les Azzurri lors des compétitions internationales que ce soit en poules (4 nuls) ou lors des matches à élimination directe (4 défaites). L’Italie réalise un Euro 2016 inattendu avec des victoires magistrales, nettes et sans bavures contre la Belgique et donc l’Espagne malgré les critiques et/ou doutes que pouvaient susciter la sélection de Conte avant le début du Tournoi. L’Italie n’est jamais aussi forte que lorsqu’elle se retrouve dans la position d’outsider, souvent déconsidérée mais toujours au rendez-vous.

Retour sur 4 matches mythiques qui ont fait entrer les Allemagne-Italie dans la légende du foot mondial.

CmWj8dKWEAAkeyJ.jpg large

Coupe du Monde 1970 : victoire 4-3 (après prolongations) en demi-finale

Pour beaucoup, ce match est considéré (à juste titre) comme l’une des plus belles rencontres de l’Histoire de la Coupe du Monde.

D’ailleurs, une plaque commémorative est apposée sur la façade du Stade Aztèque de Mexico City pour célébrer les joueurs qui ont disputé en ce 17 juin 1970 : « le Match du Siècle ».

200px-Commemorative_plaque_Aztec_Stadium

Pourtant, ce match a juste failli être une demi-finale parmi d’autres. L’Italie ouvre le score dès le début de la partie par Boninsegna (8 ème) et tient en échec la RFA qui pousse tout le reste du match pour égaliser. Sans succès jusqu’à ce que Schnellinger arrache le 1-1 dans le temps additionnel et pousse les deux équipes vers les prolongations.

allemagne-italie-une-longue-histoire-de-football-ici-nous-sommes-en-1970-en-demi-finale-de-la-coupe-du-monde-avant-le-match-de-la-c-gende_62378_w620

Dès lors, le match bascule dans l’irrationnel. La dramaturgie est à son comble.

5 buts (record pour une prolongation d’un tournoi international) : Gerd Müller marque le 1-2 (94 ème) pour la RFA suivi par l’égalisation de Burgnich 2-2 (98 ème), Riva redonne l’avantage à la Squadra 3-2 (104ème) mais Gerd Müller (encore lui) ramène les Ouest-Allemands à parité 3-3 (110 ème) puis finalement la délivrance par Rivera dans la minute qui suit 4-3 (111 ème).

Une partie incroyable marquée par des retournements de situation à gogo.

L’image marquante de la rencontre, c’est aussi celle d’un « Kaiser Franz » obligé de rester sur le terrain le bras en écharpe suite à une luxation de l’épaule. (2 changements seulement à l’époque, déjà effectués)

1887092
Beckenbauer

L’Homme du match est Giovanni Rivera. 1er Ballon d’Or italien en 1969, Rivera n’entre pas dans les plans du sélectionneur italien : Ferrugio Valcareggi qui lui préfère son rival de l’Inter Sandro Mazzola.

Joker de luxe, Rivera entre au début de la seconde mi-temps à la place de Mazzola.

Lors des prolongations, il est dans tous les coups. Les mauvais et les bons.

Il est d’abord passeur sur le but égalisateur de Burgnich. Puis coupable sur le but de Müller, à l’issue d’un corner, où il ne tient pas son poteau. Pourri par son gardien, Albertosi, Rivera revient tête basse dans le rond central.

Mais 50 secondes plus tard, alors que la réalisation tv diffuse encore le ralenti du but Ouest-Allemand (3-3), c’est lui qui marque le 7e et dernier but de ce match hors normes pour devenir le héros de toute l’Italie. (4-3)

2023285_w2
Rivera au second plan

Coupe du Monde 1982 : victoire 3-1 en finale

La finale du « Mundial » espagnol, disputée à Madrid, au Bernabeu, rénové pour l’occasion, est à sens unique.

Après un début de Tournoi poussif en 1ère phase de poules (3N), l’Italie a dominé le Brésil, l’Argentine (2ème phase de poules) et la Pologne (en 1/2) pour atteindre la dernière manche de la compétition.

Les hommes d’Enzo Bearzot ont logiquement dominé une RFA diminuée physiquement par leur demi-finale (gagnée aux tirs aux buts) contre la France, jouée seulement 3 jours plus tôt.

Malgré un pénalty raté par Cabrini (le 1er en finale de Coupe du Monde) en première mi-temps, la Squadra étrille la RFA en seconde période en seulement 25 minutes avec des buts signés par Rossi, Tardelli et Altobelli.

Breitner a beau sauver l’honneur en fin de match, c’est bien l’Italie qui décroche sa 3 ème étoile. 44 ans après leur dernier succès.

1887085
Tardelli pour le 2-0

L’Homme du match c’est forcément Paolo Rossi. L’homme de cette Coupe du Monde en fait. C’est lui qui débloque cette finale peu avant l’heure de jeu pour lancer son équipe vers le sacre.

Rossi muet lors des quatre premiers matches de ce Mondial. Puis véritable héros grâce à son hat-trick contre le Brésil de Zico et Socrates permettant de propulser les Azzurri en demi-finales, grâce à son doublé contre la Pologne et, donc, ce but en finale face à l’Allemagne.

Meilleur buteur du Mondial, Paolo décrochera logiquement le Ballon d’Or en fin d’année.

C’est aussi une revanche à titre personnel pour Rossi, lui, qui était encore suspendu (pendant 2 ans)  quelques semaines avant le début de la compétition suite à sa condamnation lors du scandale du « Totonero » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Totonero_1980) durant lequel Paolo Rossi ne cesse de clamer son innocence.

italie-rfa - espana 82 - coupe du monde world cup mundial paolo rossi (27)
Paolo Rossi

Coupe du Monde 2006 : victoire 2-0 (après prolongations) en demi-finale

Vainqueur de 5 demi-finales consécutives en Coupe du Monde, l’Allemagne est éliminée de SA Coupe du Monde à Dortmund, pourtant place forte du football allemand (13 V/1 N en 14 matches pour la Mannschaft) jusqu’alors.

Leur dernière demi-finale perdue remonte à 1970 au Mexique face à …………… l’Italie.

En ce 4 juillet 2006, malgré la chaleur, les 22 acteurs sont les auteurs d’un match tendu avec beaucoup d’intensité et d’occasions. Le match se déroule sur un rythme élevé avec deux équipes très bien organisées. Les Italiens se montrent néanmoins techniquement supérieurs et se procurent les meilleures occasions.

Mais aucune équipe n’arrive à se départager lors du temps réglementaire.

Lors des prolongations, Gilardino et Zambrotta heurtent les montants.

Alors que la séance de tirs aux buts se rapproche inexorablement, l’Italie frappe coup sur coup en toute fin de la rencontre grâce à Grosso puis Del Piero.

Même si le succès italien est tardif, il apparaît globalement logique sur l’ensemble de ces 120 minutes.

1833846_w2
Fabio Grosso

L’Homme du match est indiscutablement Andrea Pirlo. L' »Architecte » délivre une prestation époustouflante avec toute sa maestria. Il dicte le tempo de son équipe. Il régale de nombreux redoublements de passes et de superbes ballons, dans la profondeur ou dans les intervalles. Il éclaire le jeu par sa vista. Enfin, il signe une splendide offrande pour décaler admirablement Fabio Grosso à la 119 ème minute de la partie pour le 1-0.

1176999_large-lnd
Andrea Pirlo

EURO 2012 :  victoire 2-1 en demi-finale

Vainqueur de leur groupe (3 victoires) et de la Grèce (4/2) lors du tour précédent, l’Allemagne est logiquement favorite de cette rencontre.

Avant le match, la presse et les joueurs allemands se montrent très sûrs d’eux. Ils font preuve d’une arrogance et d’un complexe de supériorité (fatal ?) envers l’équipe d’Italie qui reste sur le fiasco du Mondial 2010 et sur une qualification au bout du suspens face aux Anglais (0/0 4/2 tab)  malgré une domination constante.

Les-chiffres-apres-Allemagne-Italie

Mais l’Italie déjoue les pronostics des médias et des observateurs.

Grâce à une performance collective de haut niveau et à des individualités au dessus de la moyenne, ils éliminent une Mannschaft qui s’est délitée au fil de la rencontre.

L’Homme du match est sans aucun doute Mario Balotelli, auteur d’un doublé et dont la célébration sur le second but est entrée dans la postérité.

C’est le match le plus abouti du Bad Boy du foot italien avec la Nazionale, lui, qui a depuis disparu des radars alternant les prestations insipides et les choix de carrière hasardeux.

euro-2012.mais-qui-est-vraiment-mario-balotelli_2
Balotelli

 

Ce Classique, entre les deux sélections européennes les plus titrées du Vieux Continent, s’est toujours terminé à l’avantage des Italiens.

Le bilan est très largement en faveur de l’Italie et comme le résumait une banderole agitée lors de la dernière demi-finale de l’Euro 2012 :

« Avec vous, on a perdu qu’une seule fois, c’est quand nous étions alliés ». 

Pourvu que ça continue encore ce soir.

@friûlconnection

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s