Italie-Irlande : FrSerieA à Lille

Ce 3 ème match du Groupe E à l’enjeu diamétralement opposé, entre une équipe d’Italie déjà qualifiée et une équipe de la République d’Irlande cherchant à valider son ticket pour les 1/8 ème de finale, aura donné plus de spectacle dans les tribunes que sur la piteuse pelouse du Grand Stade Pierre Mauroy de Lille et nous y étions. Compte rendu.

Avant match

Parti en début de matinée de Normandie, je parcours les kilomètres sans encombre et je rejoins un copain nordiste pour une visite express du Vieux-Lille et du centre ville. Assez vite, je me rends compte que les fans irlandais ont investi massivement la Grand Place et la capitale des Flandres.

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Centre ville de Lille

Installés dans un petit pub, niché au coeur du Vieux-Lille, nous sommes vite encerclés de maillots verts mais aussi par des Anglais, des Belges et quelques Italiens présents pour voir sur l’écran géant le match décisif entre le Portugal et la Hongrie et déguster de la bonne bière dans une ambiance bon enfant. Un fan de Leicester porte un tee-shirt à l’effigie de Ranieri. Il est accompagné par des supporters de Chesterfield (League One anglaise) auxquels je conseille de recruter rapidement un coach italien pour une accession en Championship dès la saison prochaine.

Après un trajet de quelques minutes en voiture, je découvre enfin le Grand Stade. Il en impose. Il est vraiment très beau à l’instar des nouveaux stades construits ou rénovés à l’occasion de l’Euro 2016. Des orages sont annoncés en fin de soirée, du coup, le toit est fermé.

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Stade Pierre Mauroy

Il y a déjà beaucoup de monde aux alentours et sur le parvis. Une ambiance détendue y règne. Les fans italiens et irlandais sont mélangés, boivent des bières, discutent, regardent la fin du match de 18 h avant de pénétrer dans l’enceinte.

Après les contrôles d’usage, je pénètre enfin dans ma tribune. Je suis situé dans la partie italienne du stade (derrière le buts de Sirigu en 1ère mi-temps) même si les tifosi sont en minorité par rapport à la vague verte présente un peu partout dans le stade.

Sur les écrans géants, le match entre la Hongrie et le Portugal est diffusé, interrompu par le speaker italien qui annonce l’arrivée du bus de la Nazionale. Quelques instants plus tard, les joueurs italiens rentrent sur le terrain pour la traditionnelle inspection du terrain d’avant match. Les joueurs savent à quoi s’attendre tant le sujet est polémique en ce qui concerne la qualité de la pelouse lilloise (si on peut encore appeler ça ainsi). Merci l’UEFA.

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Reconnaissance du terrain

Pour meubler le temps, les animations s’enchainent avec la kiss cam, les speakers italiens et irlandais pour la « bataille vocale » entre les deux tribunes, l’annonce de la composition officielle des deux équipes en VO, un chant italien et un autre irlandais repris en cœur par les spectateurs des deux camps.

Puis les joueurs de chaque camps arrivent pour l’échauffement. L’ambiance monte d’un cran. Et après 20/25 min de montée en température, tout le monde repart aux vestiaires pour la dernière ligne droite avant le coup d’envoi.

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Toro lors de l’échauffement

Une petite animation a lieu avec la mise en place des deux maillots géants et du logo de l’Euro 2016 dans le rond central. C’est le moment de l’entrée des joueurs sur la pelouse puis celui des hymnes.

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Animation avant le coup d’envoi

L’Eire entame son Amhrán na bhFiann (ou A Soldier’s Call en anglais dans le texte) repris à l’unisson par toute la « Green Army ».

Fratelli d’Italia résonne à son tour dans la sono et là, que d’émotions … un mélange de fierté, de frissons et de joie. Vraiment un moment magique. Le décompte officiel est scandé par tout le stade et à 21 h précis, le coup d’envoi est donné par l’arbitre roumain de la rencontre.

Un match à oublier

Pour ce match sans enjeu pour la Squadra, Antonio Conte a fait massivement tourner son effectif avec pas moins de 8 changements par rapport au onze aligné face à la Suède. D’ailleurs Conte détient le record de turnover pendant les phases de poules de la compétition avec 20 rotations.

L’équipe se compose de :

Sirigu dans les buts, Barzagli-Bonucci (les 2 seuls titulaires contre la Belgique à Lyon) et Ogbonna en défense, Bernardeschi-Sturaro-Motta-Florenzi-De Sciglio au milieu et le duo Zaza-Immobile en attaque.

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Le 11 de départ

Les choix de Conte sont logiques dans l’optique du terrible 1/8 ème de finale contre l’Espagne lundi prochain à St Denis. Mais malheureusement, dès les premières minutes, le manque d’automatisme associé à un inattendu manque de détermination de la part de certains remplaçants ont de suite rendu la tâche plus difficile que ne l’imaginait le sélectionneur transalpin. Opposé à la grinta irlandaise, le 11 azzuri a été gêné par l’impact et le jeu so british de leur adversaire un peu brouillon mais débordant d’envie.

Poussé par les hordes irlandaises en tribune, Hendrick allume à la 9ème une 1ère mèche du gauche. Sa frappe passe de peu à côté des buts du gardien parisien. Dix minutes plus tard, le portier italien repousse au dessus de sa barre transversale une très belle tête de Murphy. Sur un centre de Brady, Sirigu manque sa sortie aérienne (la 1ère mais pas la dernière) et Duffy peut reprendre de la tête mais sans arriver à trouver le cadre. (31 ème)

L’agressivité et le pressing irlandais empêchent l’Italie de construire. Le trio Motta-Florenzi-Sturaro n’arrive ni à combiner avec les joueurs de côté ni à trouver le duo d’attaque. Le seul tir italien est l’œuvre de Ciro Immobile (43 ème) qui passe de peu à droite des buts de Randolph, auteur d’une feinte culottée devant le pressing de Zaza un peu plus tôt. (33 ème)

Peu avant la mi-temps, à la 44 ème, l’arbitre roumain se montre clément avec les italiens sur une charge de Bernardeschi dans les 16 m qui aurait pu être sanctionné d’un pénalty.

La mi-temps est sifflée sur cette 1ère période très poussive des Italiens bousculés par les Irlandais. Dans la tribune, on s’attend à voir une 2nde mi-temps d’un autre calibre de la part de nos favoris. On s’attend aussi légitimement à du changement tant certains « remplaçants » ont paru complètement perdus. La seule satisfaction est la défense qui a su endiguer les assauts de l’Eire.

La 2nde période reprend sans aucun changement. A la 53 ème, sur (quasiment) le 1er centre italien du match de De Sciglio, Zaza claque une magnifique reprise du gauche qui finit juste au dessus des buts du gardien remplaçant de West Ham United. On pense enfin voir une Italie élever son niveau de jeu et trouver la solution face aux Irlandais. Mais Murphy répond dans la foulée et adresse une bonne frappe que Sirigu repousse tant bien que mal.

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Green Army

La tribune italienne s’impatiente devant tant de médiocrité.(beaucoup de déchets techniques, de passes ratées, de manque d’implication) Certains réclament l’entrée en jeu du lutin napolitain pour dynamiser l’attaque. Conte les entend (un peu tard) et sort Immobile, peu à son avantage lors de ce match. La différence est visible instantanément puisque à peine 3 minutes après son entrée sur le terrain, Insigne perfore la défense irlandaise et adresse une frappe enroulée qui heurte le montant gauche d’un Randolph scotché sur ses appuis.

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Palo per Insigne

Mais ce qui devait arriver arriva. A force de pousser, les Irlandais bénéficient d’une erreur aussi inhabituelle qu’énorme de Bonucci qui laisse filer au but Hoolahan. Ce dernier manque inexplicablement son face à face avec Sirigu. Ce n’est que partie remise pour Hoolahan qui délivre un centre au cordeau pour Brady esseulé au milieu de la défense italienne. (85 ème) Bonucci et Sirigu se trouent.

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Le but irlandais

L’Irlande inscrit un but amplement mérité sur l’ensemble du match. Le Grand Stade chavire. Les fans Irlandais sont en fusion au grand dam des tifosi qui n’en reviennent pas de la si piètre prestation des joueurs italiens.

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La joie des Boys

La délivrance pour les Irlandais intervient avec le coup de sifflet final de M. Hategan. Ils se qualifient pour le prochain tour. Ils seront opposés à l’Équipe de France dimanche prochain au Parc OL de Lyon.

Belle expérience malgré la défaite

Les difficultés rencontrées par cette équipe italienne remodelée lors de cette partie sans enjeu sportif pour elle mais avec un vrai enjeu collectif posent quelques interrogations tant le niveau affiché par la majorité des remplaçants alignés semble assez éloigné de celui affiché par le 11 type lors de la rencontre initiale contre la Belgique et tant les ingrédients nécessaires pour jouer ce genre de match étaient absents hier soir.

Malgré ces réserves naturelles, Conte se veut positif et déclare à l’issue du match :

« J’ai eu de bonnes réponses de la part de ceux qui avaient eu moins de temps de jeu. C’était un match très difficile, très physique contre une équipe qui a usé de beaucoup de longs ballons et il y a eu pas mal de cafouillages dans la surface de réparation. Le terrain difficile les a sûrement un peu favorisés, mais ils ont mis beaucoup d’engagement, d’ardeur, d’envie. On a été punis dans notre meilleure période, mais l’Eire a voulu sa qualification à tout prix et elle a été récompensée. On savait qu’on allait jouer contre une équipe qui disputait le match de sa vie. »

Même son de cloche pour Thiago Motta :

« C’est toujours difficile de digérer une défaite mais on savait avant le match qu’on était qualifié. Paradoxalement cette défaite fera du bien car après deux matches on s’est retrouvé favori mais il faut garder les pieds sur terre. On va essayer de ne penser qu’à l’Espagne pour faire un bon match. On sait que l’Italie n’est pas au niveau de l’Espagne ou l’Allemagne mais on sait qu’on peut gagner en jouant sur nos forces. Personne ne croyait en nous avant l’Euro et en deux matches on s’est qualifié. L’Espagne est favori du huitième de finale mais on va essayer de faire les choses qu’on sait bien faire. Quand le match commence, il n’y a plus de favori. Ils vont essayer de contrôler le ballon, mais la Croatie a démontré qu’ils avaient des faiblesses. Nous avons les armes pour les gêner. »

Espérons comme le dit le milieu de terrain parisien que cette défaite sera un avertissement sans frais. Réponse lundi aux alentours de 20h. On saura alors si l’Italie continue son aventure ou si elle rentre « a casa ».

Le bilan de cette journée est quand même positif avec la découverte de la ville de Lille, du Grand Stade, la participation à l’Euro lors d’un match à l’ambiance incroyable même si j’aurais préféré assister à un plus beau match techniquement (gazon maudit) et à une victoire des Italiens.  Maintenant place au choc de ces 1/8 ème de finale contre l’Espagne. L’humiliation de la finale de 2012 est encore dans toutes les mémoires mais il faut aussi se souvenir de la belle victoire lors du match de poules (1-0 but de Di Natale) lors de ce même tournoi.

@FriulConnection

 

 

 

 

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