Italie – Belgique, l’organisation prime sur le talent

Lundi 13 juin, l’Italie, très souvent décriée, bat l’une des équipes donnée comme favorite, la Belgique. Dans un stade largement aux couleurs Belges, le match se termine sur le score de 2-0, les buteurs sont Giaccherini et Graziano Pellè. La performance de l’Italie est saluée, et aussi très surprenante. Mais pourquoi une victoire de l’Italie est-elle si étonnante ?

Si l’Italie gagne son match, c’est avant tout grâce à son organisation, et sûrement aussi grâce à un néant tactique instauré par le sélectionneur Marc Wilmots en face.

B italie

Le pressing.

 

L’Italie évoluait avec le traditionnel 3-5-2, schéma cher à Antonio Conte, tandis qu’en face les Belges partaient avec un 4-3-3, classique.  La première, et sûrement plus grosse erreur des diables était certainement celle d’un manque de pressing criant. Si il y avait bien des tentatives de pressions, elles étaient frileuses et surtout très mal ciblées. Les ailiers Eden Hazard et Kevin De Bruyne se contentaient de presser les latéraux Antonio Candreva et Matteo Darmian, ce qui avait pour conséquence de laisser beaucoup trop d’espace à Andrea Barzagli et Giorgio Chiellini placés en défense centrale. Qui plus est, il n y avait aucun pressing sur le principal danger de cette sélection, Leonardo Bonucci. Presser le libéro italien semble pourtant être la clé pour déstabiliser l’Italie, bien que De Rossi ait également une superbe qualité de relance et de jeu long tout en verticalité. Ce manque d’effort est d’ailleurs fatal sur le premier but, Leonardo Bonucci jamais dérangé, trouve d’une balle lointaine Giaccherini qui ouvre le score.

BONUCCI

Une équipe en place

Malheureusement pour les hommes de Wilmots, en plus de ne pas faire un pressing suffisant, il était très difficile de trouver des failles dans le système italien. Les joueurs ne faisaient qu’un et coulissaient merveilleusement bien afin de ne laisser aucun espace aux diables. Si la Nazionale reculait parfois lors des phases de possession Belge, cela ne voulait pas pour autant dire qu’elle était dominée ou en danger, car comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous, à aucun moment les joueurs Belges ne transpercent une ligne italienne.

 

Combinaisons et mentalité 

Si la Belgique n’a pas su concrétiser ses quelques franches occasions, au delà de sa difficulté à créer des situations dangereuses, c’est notamment la faute à un Lukaku très hors de forme hier soir. Le buteur Belge était méconnaissable face au but, manquant même, de peu, l’égalisation suite à un face à face avec Gianluigi Buffon. Mais le problème ne venait pas simplement de l’attaquant d’Everton, c’était avant tout collectif.  Les Belges manquaient de créativité. Ils semblaient presque incapables de mettre à mal la défense italienne malgré une addition de joueurs de qualité. Si Axel Witsel et Radja Nainggolan ont su faire parler leur qualité de passe sur certaines situations, les 4 joueurs offensifs évoluaient malheureusement dans une zone bien trop quadrillée par l’équipe italienne pour espérer quoi que ce soit. Malheureusement la somme des talents ne fait pas non plus le collectif. Kevin De Bruyne et Eden Hazard bien que pétris de talent semblaient beaucoup trop doux lorsqu’en face des joueurs limités comme Eder et Giaccherini œuvraient pour le collectif en se battant avec leurs armes, l’envie et l’agressivité.

C’est là aussi où réside la différence entre l’Italie et la Belgique, au delà de l’organisation, de l’approche tactique, cette équipe de Belgique manque de vice, de méchanceté et d’envie. Cette mentalité dérange peut-être certains puristes, surtout lorsqu’il s’agit de l’Italie, mais les fautes de Chiellini, Eder, Bonucci, passée l’heure de jeu, pour anéantir les contre-attaques Belges sont le symbole de la différence de mentalité. Les Italiens se sont montrés prêts à tout pour gagner, les fautes n’étaient pas spécialement violentes, simplement agaçantes et très souvent salvatrices. Prendre un carton jaune ça en vaut la peine pour que l’équipe ne soit pas mise à mal.

conte

Autre erreur notable, le choix de laisser l’axe à un joueur très mal à l’aise dans l’utilisation du ballon comme Marouane Fellaini lorsque qu’Eden Hazard évoluait lui sur un côté. Placer le joueur de Chelsea au centre aurait pu-être utile lorsque que la Belgique tentait de marquer sur attaque placée, c’est à dire durant une longue partie du match tant les Italiens laissaient la possession aux hommes de Wilmots. Sa capacité à jouer dans des petits espaces, et combiner auraient été sûrement plus dévastateurs que les grands compas de Marouane Fellaini dont la Belgique pouvait objectivement se passer. La sortie de Radja Nainggolan fut également étonnante. Le Ninja est l’un des seuls capables de jouer de manière directe, en une touche de balle, mais aussi de verticaliser le jeu, tout en continuant à gratter des ballons. Cette sortie fut une perte conséquente dans la créativité de l’équipe. Si le choix est discutable sur la forme, on ne peut pas en vouloir à Wilmots d’avoir essayé d’aller de l’avant avec l’entrée de Carrasco. Malheureusement à la toute fin de match, une contre-attaque menée par Immobile, sublimée par Candreva et conclue par Pellè va mettre fin aux espoirs Belges.

L’organisation a donc primé sur le talent, le système a primé sur l’individu. Les soldats de Conte, mêmes les plus décriés ont étés salués hier, Eder, Giaccherini, Parolo et compagnie, ont prouvé qu’ils étaient allés chercher leur place en Nazionale grâce à leurs tripes. Et hier encore, cette Italie a gagné grâce à ses tripes et grâce à des joueurs prêts à faire don de leur corps pour l’équipe, pour le maillot, pour leur pays.

Hugo Sincé, @Hugiannini

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