Euro 2016 : la fin de la malédiction italienne ?

Ce soir, à 21h, au Parc OL de Lyon, la Squadra Azzura entame la compétition face aux Belges : les Diables Rouges, un des favoris du Tournoi. Malgré 4 étoiles mondiales sur son blason, le Championnat d’Europe ne réussit guère aux Transalpins. Avec seulement un titre décroché il y a près de 50 ans, l’Italie ne brille guère lors de cette épreuve. Et quand elle atteint enfin la finale, l’Italie reste abonnée à la seconde place du podium, la Coupe Henri Delaunay se refusant jusqu’à présent toujours à la Nazionale. Est-ce que le sélectionneur, Antonio Conte, et ses hommes vont enfin mettre fin à cette longue période de disette ? Ou est-ce que l’Italie est condamnée à jouer les places d’honneur à l’échelle continentale ?

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La Nazionale version Euro 2016

Un seul titre en 13 participations

D’abord Coupe d’Europe des Nations à sa création en 1960, le Championnat d’Europe des Nations connait plusieurs formats depuis son instauration par l’UEFA, mettant en application une idée de 1927 de l’ancien secrétaire général de la 3F, un certain Henri Delaunay. Les deux premières éditions se déroulent en 2 phases distinctes. Une première phase « éliminatoire » pendant laquelle les Nations engagées se rencontrent en matches aller-retour jusqu’en quarts de finale. Puis une phase « finale », organisée par un pays hôte choisi à ce moment par les 4 derniers qualifiés, lors de laquelle se disputent les demies finales et la finale du Tournoi.

Absente de la 1ère édition à l’instar de la RFA et de l’Angleterre, l’Italie est éliminée lors de la phase éliminatoire de 1964, dominée 3-1 (2-0; 1-1) par les tenants du titre, l’URSS de Lev Yachin.

En 1968, changement de format, les qualifications pour la phase finale sont réparties en huit groupes. Les nations arrivant en tête de chaque groupe s’affrontent en quarts de finale (par matchs aller-retour) pour déterminer les quatre nations qui disputent les demies-finales en Italie. (Jusqu’en 1996, voir plus bas) L’Italie remporte le titre après avoir vécu, sans aucun doute, les phases finales les plus cocasses de l’Histoire de l’Euro.

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Facchetti soulevant la coupe

Opposée à l’URSS en 1/2 finale, les deux équipes terminent la rencontre par un résultat nul et vierge. Seulement à l’époque, les prolongations sont réservées pour la finale. Le vainqueur de ce match est donc désigné par un … tirage au sort.

Le capitaine azzuro Giacinto Fachetti raconte cet étonnant dénouement :

Je suis allé avec le capitaine russe (Albert Shesternev). Nous sommes descendus jusqu’aux vestiaires ensembles, accompagnés par deux administrateurs des deux équipes. L’arbitre a sorti une vieille pièce de monnaie et j’ai choisi le côté pile. C’était le bon choix. Nous étions en finale. Je suis remonté en courant sur la pelouse, le stade était encore plein et 70 000 personnes attendaient le résultat. Mes célébrations leur ont indiqué que l’Italie était en finale.

Là encore, c’est une finale historique qui se dispute à Rome. La finale se termine sur un score nul (1-1). Il est décidé qu’elle sera rejouée. Ce sera le dernier match d’un Euro rejoué, et aussi la seule finale d’une compétition internationale de football.

Lors du « replay », deux jours après la 1ère finale, les coéquipiers de Dino Zoff et Gigi Riva l’emportent 2-0 face à la Yougoslavie, finaliste malheureux en 1960, avec un but magnifique de Pietro Anastasi.

Traversée du désert

Suite à ce titre, l’Italie traverse les Euro comme un fantôme malgré les nombreuses générations brillantes lors des Mondiaux mais ne parvenant jamais à concrétiser en Europe. De 1972 à 1996, rien à se mettre sous la dent. Deux accessits en 1980 et 1988 avec des places en demies-finales. Mais rien de plus malgré l’instauration d’un format de compétition plus conforme avec ce que nous connaissons lors des autres compétitions internationales (à partir de 1996 : phase de groupe : les deux premiers du groupe sont qualifiés puis 1/4, 1/2 et finale).

Il faut attendre l’Euro 2000 pour retrouver une Nazionale en finale. Auteurs d’un Euro flamboyant, les joueurs (Totti, Del Piero, Madini, Nesta, Cannavaro, Inzaghi, Albertini …) de Dino Zoff atteignent facilement le dernier stade de la compétition après une phase de poules magnifique. (3 matches, 3 victoires). La seule véritable frayeur a lieu lors de la demie finale contre les Pays-Bas avec une qualification aux tirs aux buts (0-0; 3-1).

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L’équipe lors de la finale de l’Euro 2000

Tout le monde se souvient de la finale contre la France, championne du monde en titre de Zidane, Henry, Trézéguet … Un match si particulier pour tous les franco-italiens ou tous amoureux du calcio et dont le cœur balance entre les deux sélections.

Le match est équilibré avec des actions chaudes de part et d’autres. Delvecchio débloque la situation en 2nde mi-temps. Les Italiens sont debout devant leur banc à la 90ème minute, se tenant par les épaules. Le titre est presque dans la poche. Mais ça c’est avant l’égalisation de Wiltord d’une frappe croisée dans le temps additionnel (90 +4) puis avant la reprise en demie volée du gauche de Trézéguet (103) dans les prolongations avec le « But en Or » privant la Squadra d’un sacre tant attendu et si proche.

12 ans plus tard, c’est une Roja (championne du monde et d’Europe en titre) au sommet de son art qui barre la route d’une sélection enthousiasmante mais logiquement battue par plus fort lors de cette finale à Kiev en Ukraine.

Les tifosi retiendront la superbe demie-finale contre les rivaux allemands (2-1) et la célébration toute en simplicité de Super Mario Balotelli.

L’Italie ne part pas favorite lors cette édition 2016 mais plutôt outsider. Conte va s’appuyer sur le bloc défensif de la Juve (BBC et Buffon), devoir composer avec les blessures de Verratti, Marchisio au milieu et l’absence d’un véritable bomber à la pointe de l’attaque pour sortir d’un groupe relevé composé des Belges, Irlandais et Suédois. Une chose est sur même si cette équipe ne sera certainement pas la plus brillante et prolifique en but, la sortir risque d’être difficile. Conte n’est pas là pour faire de détails en France, des guerriers, une défense de fer et une mentalité sans faille. Rendez vous à 21h.  

@FriulConnection

 

 

 

 

 

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