HELLAS VERONE 1984/85 : UN TITRE « SHAKESPEARIEN »

Hellas Verone 1984 85

Si le Leicester de Ranieri remporte le titre en Premier League en mai prochain, il réalisera une performance inattendue et remarquable dans un championnat trusté par les grosses écuries anglaises comme United, City, Arsenal et Chelsea.

Mais cet exploit a déjà eu lieu, il y a plus de 30 ans, lorsque le Hellas Vérone remporte le 1er (et unique pour l’instant) Scudetto de son histoire face aux géants de l’époque : la Juve de Platini, l’Inter d’Altobelli, la Roma de Pruzzo et le Napoli de Maradona.

Retour sur un grand moment du Calcio, retour en 1984.

Un début rêvé 

Le Hellas Vérone a beau être un des plus vieux club d’Italie, il passe la majeure partie de son histoire en Série B. Son palmarès en témoigne avec seulement 2 titres de champion de série B jusqu’alors. Même si depuis son retour dans l’élite en 1982 le club étonne par son parcours, personne n’imagine que les Gialloblù puissent inscrire leur nom à la longue liste des Campeoni, pas même Silvano Fontalan (stoppeur de l’époque) .

« On était partis pour faire un bon championnat comme les saisons précédentes, vu qu’on avait fait 4e et 6e et même deux finales de Coupe d’Italie. »

Mais pas plus. Verona est donc considéré comme un outsider parmi la pléthore d’équipes de stars du championnat réputé le meilleur du Monde. D’ailleurs lors de la journée inaugurale, c’est le Napoli qui se présente au Bentegodi avec sa recrue vedette, Diego Armando Maradona, fraîchement transféré du Barça. Le résultat est surprenant : victoire des locaux 3-1 qui en profitent pour s’emparer de la 1ère place. Ils ne la lâcheront plus.

L’équipe prend confiance, les victoires se suivent et le Hellas gère d’une main de maître l’enchaînement consécutif de matches contre des adversaires prestigieux.

  • 0-0 à Milan face à l’Inter
  • 2-0 contre la Juve, championne en titre avec un but entré dans la légende quand l’attaquant Danois Preben Elkjaer Larsen marque sans sa chaussure

  • 0-0 à Rome face à la Roma

  • 2-1 contre la Fiorentina

Il faut attendre la dernière journée des matches aller pour voir tomber les Véronais pour la 1 ère fois de la saison (2-1) dans des conditions météos très difficiles, le terrain de l’US Avellino est alors totalement enneigé. Cette défaite n’empêche pas les Vénétiens de décrocher le titre honorifique de « Champion d’automne »

Un coup à jouer

La phase des matches retour se déroule aussi idéalement avec 7 victoires pour autant de nuls. Pourtant le club se fait peur lors de duels contre des concurrents directs au classement en se faisant accrocher à domicile par l’Inter (1-1) ou en concédant sa 2ème et dernière défaite de la saison contre le Toro (1-2), son dauphin au classement final.

Ce n’est que tardivement que les joueurs pensent au sacre :

« Ce n’est qu’à la moitié des matches retours que l’on s’est rendu compte que l’on pouvait aller au bout. On s’impose 3-1 à Florence, et là, on s’est dit que si on ne faisait pas les cons, c’était pour nous. »

Le club est sacré suite à un nul 1-1 contre l’Atalanta. C’est la 1ère fois qu’un club qui n’est pas chef lieu de région est Champion d’Italie dans l’Histoire du Calcio. Pour cela, Verona bénéficie de la méforme des « gros » comme la Juve (3 titres en 1981, 1982 et 1984) futur vainqueur de la Coupe des Clubs Champions, la Roma (1 titre en 1983) le Milan (1 titre en 1979), l’Inter (1 titre en 1980) ou le Napoli.

Silvano Fontalan ajoute :

« C’est vrai, on a eu du pot, mais il faut savoir profiter d’une année sans des équipes favorites, car cela n’arrive pas deux fois de suite »

Il ne pense pas si bien dire puisque la Vecchia Signora récupère son bien dès la saison suivante.

Un effectif compact et complet

Seulement 17 joueurs participent aux 30 matches. La majeure partie de l’effectif est italien (avant arrêt Bosman oblige) avec Garella dans les buts, Ferroni à droite, Marangon à gauche, Tricella et Fontalan dans l’axe, Volpati au milieu, Di Gennero N°10 et regista, Fanna en attaquant droit et Galderisi en attaquant gauche (11 buts). Pour compléter l’effectif, les Gialloblù reçoivent le renfort de deux étrangers de grande valeur et d’expérience :

  

Briegel

Un défenseur international Ouest-Allemand, champion d’Europe avec la RFA en 1980 : Hans-Peter Briegel qui inscrit 9 buts, une belle perf pour un défenseur.

« Une force de la nature, qui ratissait et qui, en plus, a marqué plusieurs buts importants. Il nous a amené l’expérience qui nous manquait »

Elkjaer Larsen

Et un attaquant international Danois, serial buteur passé par la Bundesliga et la Belgique : Preben Elkjaer Larsen surnommé « le Bison »

« Un grand déconneur, un mec extra hors du terrain, mais quand il enfilait le maillot, il se transformait. Il nous apportait beaucoup de profondeur et était très rapide »

Tout ce petit monde est parfaitement coaché par Osvaldo Bagnoli, ancien de la maison à la fin des années 50 et tacticien hors pair. Il fait pratiquer à son équipe un football offensif mais sait aussi fermer le jeu quand il le faut.

Bagnoli

Une saison magique qui ne s’est plus reproduite depuis dans le Calcio pour un « petit ». Celle d’une osmose parfaite entre un groupe et son entraîneur, le tout sans un budget pharaonique, qui fait déclarer à son attaquant vedette danois :

« Parce que quand tu as la chance de connaître et d’apprécier qui souffre avec toi le dimanche et qui partage tes joies et tes douleurs même en étant dans les tribunes, tu t’attaches à lui. En tous cas moi je suis comme ça. Et pour cette raison, par respect pour qui m’a aimé et m’a célébré jusqu’à m’invoquer comme Maire de Vérone, je n’ai jamais accepté de porter un autre maillot en Italie. Leur respect méritait le mien … »

Leicester sera peut-être le digne successeur du Hellas Vérone, toute proportion gardée, mais le titre de 1985 est à jamais le plus inattendu de l’Histoire de la Série A.

@FriulConnection

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