ZICO « UN MOTEUR DE FERRARI DANS UNE COCCINELLE »

Espagne, été 1982, la Squadra Azzura est sacrée Championne du Monde contre la RFA. Pour remporter sa 3 ème couronne mondiale, il aura fallu un exploit lors de la seconde phase de groupes de la compétition : éliminer une des plus belles Seleção de tous les temps, considérée comme la meilleure du « Mundial ». Celle de Telê Santana composée de Falcão, Cerezo, Junior, Eder, Socrates et Zico, surnommé le « Pelé Blanc ».

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Icône à Flamengo

Malgré le « fiasco » avec l’équipe nationale, Zico n°10 de la Seleção a beaucoup de prétendants. De très grandes équipes rêvent de le faire émigrer en Europe pour profiter de ses talents. En 1983, Zico a 30 ans. Il est à l’apogée de sa carrière et collectionne les distinctions individuelles. C’est une idole vivante à Flamengo, où pendant un peu plus d’une décennie, il a permis au club carioca d’enrichir son palmarès. Durant cette période, considérée comme l’âge d’or du club, aussi dénommée « l’Ère Zico » sont venus s’ajouter de nombreux titres :

  • régionaux : 6 championnats de l’État de Rio,
  • nationaux : 3 championnats du Brésil (dont le 1er du club en 1980)

Mais surtout en 1981, le « Mengão » atteint les sommets du football mondial en remportant la Copa Libertadores contre les Chiliens de Cobreloa et la Coupe Intercontinentale contre les Champions d’Europe, les « Reds » de Liverpool de Graeme Souness et Kenny Dalglish (victoire 3-0) devenant ainsi le deuxième club brésilien à remporter ce titre après le Santos de … Pelé.

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Arthur Antunes Coimbra est un joueur créatif, il évolue comme meneur de jeu, très à l’aise techniquement et doté d’une excellente vision du jeu, il est aussi un redoutable finisseur. Meilleur buteur de l’histoire du Maracanã avec 333 buts en 435 matches, il inscrit plus de 500 buts (toutes compétitions confondues) en 732 matches sous le maillot « Rubro-Negro ». Enfin, il est l’un des meilleurs spécialistes dans l’exercice des coups francs, à tel point que lors de son passage en Italie, de nombreuses émissions tv consacrent des séquences entières pour essayer d’éviter les « punizioni » de la star brésilienne.

Bref Zico est un « fuoriclasse », un vrai, un joueur que toutes les équipes veulent avoir dans leur effectif.

Transfert controversé au Frioul

C’est dans ce contexte que les premières offres de transfert en provenance d’Italie arrivent au Brésil. Les cadors de Serie A, l’AS Roma et le Milan, flairent le bon coup. Le Calcio, championnat de référence dans les 80’s, veut ajouter cette pépite à son tableau de chasse. Contre toutes attentes c’est l’Udinese, modeste club qui rafle la mise avec une offre gigantesque de 4 millions de $. Devant un tel montant, les gros clubs font pression auprès de la FIGC pour bloquer le transfert dans l’attente de garanties financières. Cela provoque un véritable scandale dans l’Est de la péninsule, certains fans défilent dans les rues d’Udine en scandant « Soit Zico, soit l’Autriche » en référence à l’ancienne appartenance de la région à l’Empire Autrichien.

Ces protestations sont prises très au sérieux au plus haut sommet de l’État Italien. Sandro Pertini, Président de la République, autorise le transfert. Zico peut enfin rejoindre l’Udinese où il est immédiatement traité comme un Roi.

L’Udinese se met à rêver

Zico a clairement été recruté pour permettre au club de franchir un cap et de remporter le Scudetto qui manque à son palmarès. A son arrivée, l’effectif est assez limité mais compte néanmoins dans ses rangs Franco Causio (Champion du Monde 82), l’attaquant Pietro Paulo Virdis ou encore le défenseur international brésilien : EdinhoL’adaptation du « Coq de Quintino » à la Serie A est très rapide. Dès son 1er match, il signe un doublé sur le terrain du Genoa. Rapidement, les prestations du Brésilien permettent au club de gagner sur le terrain le respect de ses adversaires les plus réputés comme l’Inter (2-2), le Napoli écrasé 4-1 un jour de St Sylvestre, la Juve (2-2), ou encore la Roma, qui n’avait jamais perdu en déplacement au Stadio Friuli jusqu’à cette défaite 1-0 à la 85 ème sur une réalisation de … Zico. 

Il émerveille San Siro en réalisant une prestation XXL contre l’AC Milan. Menés 3-1, Zico arrache le résultat nul 3-3 dans les 10 dernières minutes. D’abord en égalisant à la 84 ème d’une magnifique « bicyclette » puis en offrant l’égalisation à Causio, 3 minutes plus tard.

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Le « Pelé Blanc » séduit partout en Italie et lors de plusieurs rencontres disputées à l’extérieur, il est ovationné et applaudit comme à Ascoli, au Genoa et à Catane. 

Toute la saison, Zico lutte avec un certain Michel Platini, autre N°10 de légende, star de la Vecchia Signora et Ballon d’Or 1983 pour le titre de « Capocannoniere ». Le Français remporte le « mano a mano » en claquant 20 buts, un de plus que le Brésilien. Ce dernier joue quelques matches de moins que « Platoche » suite à une blessure musculaire contractée lors d’un match amical contre Brescia.

Malgré son maître à jouer et buteur, la saison de l’Udinese n’est pas à la hauteur. Même si les stats offensives parlent en leur faveur (4 ème attaque du championnat avec 47 buts contre 25 buts la saison précédente) c’est défensivement où l’équipe pêche énormément avec 40 buts encaissés.

 Finalement, les Frioulans finissent à la 9 ème place, perdant même trois places dans la hiérarchie nationale par rapport à la saison 1982/83.

Amours contrariés

La suite de son épopée italienne est plus contrastée. La saison suivante, Zico ne dispute que 15 matches à cause de plusieurs blessures et des suspensions à répétition pour avoir ouvertement critiquer les arbitres. Même si son efficacité est toujours affolante avec 12 buts, cela ne permet pas à l’Udinese de faire mieux que 12 ème. Il entre en conflit avec ses dirigeants sur le manque d’ambition du club en matière de recrutement et sur la « Zico dépendance » de l’équipe.

Lors de son transfert, Lamberto Mazza, président des « Zebrette » lui a promis de bâtir une équipe compétitive pour atteindre l’objectif majeur : le Scudetto. Or hormis Andrea Carnevale, aucun renfort de poids n’est venu à Udine pour épauler Zico dans sa quête de sacre national. En plus de ça le FISC italien l’accuse de fraude fiscale. La justice italienne lui reproche de soustraire de l’argent à l’impôt en l’envoyant au Brésil. Il est finalement acquitté mais le mal est fait. A la fin de la saison 1984/85, il retourne chez lui, au Brésil, à Flamengo. Fin mai 1985, Zico porte pour la dernière fois le maillot « bianconero » lors de la réception du Napoli de Diego Maradona. Il livre un véritable récital.

Au final en 53 matches, il aura marqué 17 coups francs soit plus de la moitié de ses buts avec l’Udinese.

Frioulan d’adoption

Même si Zico n’a joué que 2 saisons à l’Udinese, il a marqué la ville frioulane et l’Italie  de son talent, de son charisme et de ses prouesses. Il reste un des joueurs préférés des tifosi. Le titre honorifique de Citoyen d’Honneur d’Udine lui est décerné en 2009 et en 2006 un sondage de La Reppublica classe Zico 1er brésilien parmi tous ceux ayant évolué dans le Calcio. Il devance ainsi des joueurs tels que Mazzola, Falcão, Careca, Ronaldo ou bien Kaka.

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Celui dont Pelé dira en personne :

« Au fil des ans, l’un des joueurs qui s’est approché le plus de moi était Zico ».

Rien que ça. 

Un vrai monument du football mondial et … italien.

@FriûlConnection

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