D’un Frey à l’autre : « Mon fils, pense aux diplomes !! »

Sébastien est l’ex leader de la Viola et du Genoa, Daniel son fils joue avec les jeunes du Milan : « Le football a changé, j’essaye de reconstruire ma vie »

CALCIO
DANIEL FREY

« Je l’ai protégé, il n’y avait jamais de matches à la TV ou de journaux sportifs à la maison. J’ai produit l’effet inverse. »

Sébastien Frey à propos de son fils.

Frey est beaucoup de choses à la fois : un ancien du Genoa et un actuel rossonero, un gardien qui commença très jeune dans une équipe de Milan (comme Donnarumma, qui travaille maintenant avec son ancien préparateur, Magni), un ancien n°1 aux cheveux colorés et maintenant un sage père de famille qui s’occupe de suivre Daniel, ailier des U15 régionaux du Milan.

Sébastien, que deviens-tu ?

« J’ai pris ma retraite sportive en décembre, j’ai un peu coupé les ponts pour me détacher de tout. Après tant d’années dans le foot, et spécialement la dernière en Turquie, j’étais cuit mentalement. J’ai compris que dans le foot les valeurs humaines comptaient de moins en moins, à Bursaspor ils m’ont traité comme de la merde et je les ai dénoncé à la FIFA. J’étais le capitaine et un jour, l’entraîneur m’a appelé et m’a dit : «  je ne veux pas d’étranger dans les buts, débrouille toi » Maintenant, je pense à reconstruire ma vie entre commentateur sportif et le secteur immobilier.

Le football t’a également apporté de très grandes satisfactions : est-ce une incitation pour ton fils de faire carrière ?

« Je ne pousserai personne, il a de meilleures raisons. Je l’ai toujours protégé, il n’y avait jamais de matches à la télé ou de journaux sportifs à la maison, jamais. Je crois avoir produit l’effet inverse. Daniel est un amoureux du football, il l’a dans le sang. Tout au plus, je sens que je dois rester encore plus proche de lui. Avant on jouait dans la rue avec des chaussures cassées, aujourd’hui on regarde d’abord le gel dans les cheveux, il y a trop d’exhibition. Il m’arrive aussi de prendre des photos et de les poster sur les réseaux sociaux mais pour les partager pas pour me vanter. Je voudrais que Daniel pense en premier lieu à la passion, à s’amuser en jouant. Et qu’il ne sous-estime pas les études, c’est trop important ! J’étais fou, j’achetais 20 voitures par an, aujourd’hui j’ai d’autres priorités et j’ai regardé en arrière. Je me suis brisé le genou en 2006, si cela m’était arrivé avant, sans la moitié d’un diplôme en poche, qu’est-ce que j’aurais fait dans la vie ? »

Les gardiens ont toujours été plus téméraires : est-ce l’insouciance qui aide Donnarumma actuellement ?

« Il a seulement 3 ans de plus que mon fils, c’est pour cela que je pense que l’entourage est fondamental. Il est dans une phase plus délicate, je sent comme ils en parlent, les éloges, les chiffres fous que les grands clubs seraient prêts à dépenser pour lui. Beaucoup de choses qui étaient dites à mon sujet, je me revois en lui aussi pour l’inconscience, oui. Il a le physique, la technique et le caractère mais maintenant il faut surtout le protéger. Je ne voudrais pas que son énorme potentiel soit perturbé. Il doit plutôt penser à toujours rester concentré. A Gênes, je jouais avec son frère Antonio et pendant les vacances, il vînt même à s’entraîner avec nous, j’avais noté son incroyable prédisposition mais je dois dire que jusqu’alors il a surpris positivement tout son monde et même moi. »

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Sébastien Frey, 35 ans, a arrêté en décembre dernier. Ici avec le Genoa

Sur Milan-Genoa, quelles choses te viennent à l’esprit ?

« Sur le Milan, je pense à mon compatriote Niang, il s’améliore de façon impressionnante. Il est plus complet et plus mature, je suis content pour lui, comme moi il est aussi en train de se faire respecter en Italie. Sur le Genoa, je pense à l’équipe, une desquelles je suis resté le plus attaché, avec la Fiorentina, mon autre grand amour. »

Parmi tes ex, il y aussi l’Inter. Et à l’Inter, tu as joué avec Paulo Sousa, l’entraîneur qui aujourd’hui guide ton « grand amour ». Étonné ?

« La première fois que je l’ai revu, je jure que je ne l’ai pas reconnu. Il fait de l’effet. Mais je ne suis pas surpris, il s’est toujours distingué par sa classe, son élégance et sa diplomatie. J’ai toujours pensé qu’il était destiné pour diriger un groupe, une équipe ou même une entreprise. Au début du match, il y aura un peu de peur, l’Inter peine et dernièrement la Fiorentina souffre toujours un peu. Néanmoins, je ne la perds pas de vue et je reviendrai bientôt à Florence. J’ai investi là bas aussi. »

Interview issue de la Gazzetta Dello Sport du Samedi 13 Janvier et traduite par @FriûlConnection

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