De Laurentiis « Juve-Napoli sera « kolossal ». »

Au siège de la Filmauro, à deux pas, mais vraiment deux pas du Quirinale, Aurelio De Laurentiis profite de la beauté de Rome illuminée par le soleil. Dans le panorama, il y’a aussi son Napoli, leader du championnat et le Juve-Napoli de samedi soir.

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Aurelio De Laurentiis, président du Napoli depuis 2004

Président, c’est votre premier vrai match-scudetto. Comment vous l’affronterez ?

Il manque encore 13 journées, soit 39 points, le titre ne se jouera pas à Turin.

En mettant de coté l’aspect mathématique, comment imaginez vous le match ?

J’ai une grande solidarité avec Naples et les napolitains qui en ce moment vivent quelque chose d’extraordinaire, quelque chose qui n’était plus arrivé depuis l’époque de Maradona, Je me sent comme quelqu’un qui a fait l’école primaire, le collège, le lycée et l’université en un éclair. Je me rappelle encore des crachats des tifosi du Martina Franca quand le Napoli était en Serie C…

La Juve, c’est le meilleur ou le pire adversaire pour le scudetto ?

La Juve est un club extraordinaire avec une grande structure, et qui revient de très loin. Les battre, pas demain mais sur un championnat entier serait historique pour nous.

Le Napoli a 2 points de plus, mais la Juventus a un chiffre d’affaire 3 fois supérieur, qu’est ce qui fera la différence ?

Je ne me fais pas d’illusion, je pense que la lutte pour le titre se jouera à plus que 2 équipes. Cela signifie qu’au delà du bilan financier, on peut être compétitif, au moins en Italie. Mais il serait temps de changer les lois qui gouvernent le football italien si nous voulons lutter avec les principaux championnat européens.

Qu’est ce qui ne vous plait pas ?

Il n’y a pas de projet, il n’y a pas de vision, on ne regarde pas le futur. La question ce n’est pas de savoir si Carpi et Frosinone peuvent participer à la Serie A comme dirait Lotito, mais de commencer une révolution copernicienne (changer de manière de voir les choses, inverser la vision).

Avec qui voudriez vous faire la révolution ?

Andrea Agnelli est déjà prêt et il a tout intérêt à améliorer notre football. Diego et Andrea Della Valle sont en phase avec moi. Urbano Cairo sait gérer les affaires. L’Inter et la Roma ? Leurs propriétaires sont à l’étranger, aujourd’hui tu parles avec leurs très bons managers, mais ils ne seront peut être plus là demain.

Changer les dirigeants de la FIGC et de la Lega, cela suffirait ?

La fédération est incapable de protéger ses clubs, ce qui est arrivé à Parma ne nous a rien appris. A la Lega, encore aujourd’hui on se bat pour les droits TV, nous attendons encore des nouveautés sur l’affaire Antitrust, qui implique également l’Infront, Mediaset et Sky. Je dis : d’abord prévoyons un « business plan » et ensuite nous choisirons les bonnes personnes.

Si vous aviez le pouvoir, que changeriez vous ?

Je changerais la loi Melandri sur les droits TV(depuis 2006 les droits TV sont centralisés par la Lega et redistribués en fonction de 3 critères : 40% est reparti également entre les clubs, 30% en fonction de la popularité du club et 30% en fonction des résultats sportifs, ndlr) , j’en écrirais une nouvelle sur les stades. J’adopterais un nouveau format de championnat international à 20 équipes. Entre un championnat national en autogestion, et un championnat européen à 20 équipes on pourrait arrivé à un chiffre d’affaire proche de 10 milliards d’euros.

Vous mettriez qui pour diriger le football italien ?

Je ne vais pas donner un nom mais un identikit : il doit être italien, avoir étudié aux Etats-Unis, parce qu’on a besoin de quelqu’un qui ne nous fasse pas honte au moment de parler à une audience internationale et qui sait comment gérer les affaires.

En attendant vous avez déjà identifié l’entraîneur idéal, comment vous est venu l’idée de choisir Sarri ?

Je l’ai découvert lors des deux claques que nous avons reçu de la part d’Empoli la saison dernière, 2-2 au San Paolo et 4-2 au retour. Cependant, avant de choisir Sarri, j’avais déjà choisi Valdifiori.

Pourquoi êtes vous autant attaché à ce joueur ?

Dans le cinéma, le réalisateur(réalisateur se dit regista en italien, ndlr) est fondamental. Mais dans le calcio, que ce soit avec Mazzarri ou avec Benitez, je n’ai jamais vraiment eu de joueur de ce genre. Aujourd’hui Jorginho et Valdifiori ont tous les deux le rôle de regista. Justement, c’est grâce à Valdifiori que Sarri est ici. Sarri est de gauche, et dans le cinéma c’est toujours bien vu d’être de gauche, les plus grands réalisateurs sont de gauche.

Pourquoi c’en est resté là avec Benitez ?

« Je ne regarde jamais en arrière »

Qu’est-ce qui vous a le plus frappé chez Sarri lorsque vous l’avez rencontré pour la première fois ?

Il m’a dit qu’il lisait beaucoup et il a également ajouté « si quelqu’un a le temps de lire c’est qu’il a une grande capacité intellectuelle. » De plus, il travaillait dans le domaine des changes : cela signifie qu’il possède une souplesse d’esprit impressionnante. Mais je n’étais pas convaincu, je ne voulais pas faire comme avec Benitez et décider tout de suite. Nous nous sommes revus, et j’ai apprécié le fait qu’il ne me parle pas de mercato, mais de projet.

Higuain peut-il devenir pour vous ce que Maradona était pour Ferlaino ?

Maradona a été le plus grand de tous, plus que Pelé. Higuain a une rage de vaincre extraordinaire qu’il met au service de l’équipe.

Vous savez ce qui fait sa force ? Sa rapidité dans la surface de réparation ?

Non, cette famille qui l’entoure. C’est un groupe vraiment exceptionnel.

Il restera au Napoli ?

Il est arrivé très jeune ici. S’il reste avec nous encore trois ans, il aura un statut qu’il pourra difficilement trouver ailleurs. Il peut prendre le meme chemin que Maradona.

Comment a-t-il réagi face aux insultes qu’a subi Koulibaly?

Il a embrassé son coéquipier à la fin du match. Comme je le faisais avec lui la saison dernière quand il était critiqué.

Président, joueur ou supporter : vous avez le choix, de quelle manière allez vous affronter la Juve ?

En tant que président-supporter. Mais à la maison, ma femme est la supportrice et elle me rappelle que mon rôle est d’être le président.

A la Juve, tout le monde sauf Dybala est habitué à ce genre de rencontre, contrairement au Napoli. Pensez vous que cela aura une influence sur le match?

Je ne crois pas. Et pour tout vous dire, j’espère que Dybala ne jouera pas.

Quel type de match imaginez-vous ?

Au début, ce sera très tactique. Puis, si on prend l’avantage, ce match pourrait vite devenir un spectacle de folie.

Si Juve-Napoli était un film, qui le réaliserait ?

Je me l’imagine comme un film historique. Comme « Gladiator », Ridley Scott serait parfait.

Traduction de l’itw d’Aurelio De Laurentiis à la Stampa, le 12/02/2016 par Antonio et Maéva

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