Bacca « Je ne veux pas rester 2 ans sans Europe »

En marchant à travers les salles d’un hypothétique musée du football mondial, les visiteurs ont pu admirer toute une série de chefs d’œuvres de gestes techniques exemplaires représentés par : le Double Passement de jambes de Ronaldo, les Dribbles de Maradona, la Roulette de Zidane, la Reprise de Volée de Van Basten, les Transversales de Pirlo, le Tir enroulé de Del Piero, le Retourné de Parola, les Centres de Beckham. Et peut-être, un jour, même le Coup du Foulard de Bacca. Le football est un sport donc l’art associé au ballon ne doit pas être abstrait. La beauté du geste passe à juste titre au second plan : l’extérieur du pied de Quaresma, par exemple, même si c’est élégant, ne passerait pas l’examen du directeur artistique du musée. Le coup du foulard de Bacca, en revanche, a l’avantage d’être concret : anticiper sur les défenseurs qui croisent sa route et en outre, satisfaire la recherche du but et le plaisir esthétique. En discutant avec Carlos, il suffit de dire ce mot – coup du foulard – pour le voir sourire, plisser les yeux et revoir son enfance en Colombie. « Quand nous étions plus petits, chaque enfant imaginait la façon dont il voudrait marquer un but, raconte l’attaquant du Milan, : certains rêvaient de marquer du milieu du terrain, d’autres de marquer une « chilena » (le retourné est appelé ainsi en Amérique du Sud et ainsi de suite. J’ai toujours voulu marquer un but sur un coup du foulard. J’ai essayé avec toutes les équipes avec lesquelles j’ai joué mais jusqu’à récemment, je n’avais jamais réussi. J’avais réussi en décembre, en vacances, avec des amis. Mais jamais en matches officiels. Jusqu’à Milan – Carpi. Je savais que je serais réprimandé par Mihajlovic pour le coup du foulard contre Palerme mais en Coupe d’Italie c’était le moyen le plus sûr de marquer et aussi le moyen le plus rapide pour frapper et anticiper les défenseurs. Je suis heureux d’avoir concrétisé mon rêve sous le maillot du Milan. J’ai laissé exploser la joie que je gardais en moi depuis mon enfance. »

AC-Milan-v-Empoli-Carlos-Bacca.jpgCarlos « Rabona » Bacca

Carlos, serais-tu prêt à marquer sur un coup du foulard contre l’Inter ?

« Eh … ce serait formidable si ça arrive et que je le tente mais le plus important est de marquer peu importe la manière et de gagner bien sûr. »

Comment se présente le derby à un moment où les deux équipes semblent être plus modestes ?

« Je suis heureux de la forme de l’AC Milan dernièrement, nous avons obtenu de bons résultats. Maintenant, c’est le clasico (dit ainsi, à l’espagnol, ndlr) contre l’Inter. Nous avons perdu le match aller, mais les derbys sont comme les finales : vous devez seulement gagner. « 

Par le passé, vous avez joué et marqué dans le derby de Bruges (contre le Cercle) et dans le derby de Séville (contre le Betis). Il ne manque que celui de Milan. Qu’est-ce que vous avez besoin pour battre l’Inter?

« J’entends dire que l’Inter n’est pas bonne en ce moment, qu’ils ne sont pas en très bon état. C’est peut-être vrai, mais ce sont des matches qui sortent de la logique classique des matches de championnat. Et pour obtenir les trois points nous avons besoin avant tout d’une mentalité de gagnant. Nous servir de la responsabilité, du désir, du travail, de la concentration. »

Quel est le derby est plus chaud : Milan ou Séville ?

« A Séville c’est impressionnant, on en parle un mois avant. Quand vous allez au restaurant, quand vous marchez dans la rue, quand vous allez au centre commercial, personne ne manque de vous demander de battre les rivaux de la ville. Vous pouvez même perdre tous les matches, mais pas le derby. »

Es-tu satisfait de ton bilan personnel ?

« Je suis content de mon rendement : la Serie A est un championnat très tactique et physique, mais je pense que je me suis bien adapté. Chaque fois que je vais sur le terrain, j’ai une meilleure connaissance du football italien. J’ai mis quelques buts, j’espère en marquer encore beaucoup, en particulier pour placer le Milan aussi haut que possible. Je veux donner le meilleur de moi à cette équipe. »

Il y a beaucoup de différences entre le Bacca du début de saison et celui de maintenant ?

« Oui, il y a beaucoup de différence. J’ai beaucoup travaillé d’un point de vue tactique pour apprendre à aider dans le replacement défensif et les mouvements demandés par l’entraîneur. En Espagne, je travaillais différemment. »

Que doit vous dire Mihajlovic dans le vestiaire pour vous motiver plus et vous pousser à faire la meilleure performance contre l’Inter ?

« Rien. Vous n’avez pas besoin des mots de l’entraîneur pour préparer pour ce genre de matches. L’Inter est un adversaire direct pour le championnat. Et puis c’est un derby, donc une finale. Nous devons trouver en nous l’intelligence pour jouer jusqu’à la mort. Et moi, de toute façon, j’ai cette motivation supplémentaire. »

Laquelle ?

« Dimanche c’est l’anniversaire de ma fille et je voudrais lui offrir un but. »

Ronaldo, Il Fenomeno, une de tes idoles, a marqué dans le derby della Madonnina aussi bien avec le maillot de l’Inter que celui du Milan.

« Je m’en souviens. Quand j’étais enfant, en Colombie, je suivais le foot italien car la télé colombienne retransmettait les matches de Serie A. C’étaient les années Asprilla et puis celles de Cordoba et Bolano. Je regardais Ronaldo et je l’étudiais. Et au Milan, il y a eu tant de très grands attaquants. J’espère démontrer être digne de revêtir ce maillot comme eux auparavant. »

Tu préfères jouer avec Niang ou Luiz Adriano ?

« Ce sont deux joueurs différents. Luiz Adriano est plus technique, nous discutons bien ensemble. Niang est plus dynamique et se déplace habilement tant à droite qu’à gauche. Je suis content que Niang soit resté avec nous ».

Higuain est-il le meilleur attaquant de Serie A ?

« Il est certainement exceptionnel et il a l’avantage de travailler avec une équipe très forte, avec des années de travail avec le même groupe »

La Serie A correspond elle à tes attentes ?

« Elle est encore plus compétitive que je le pensais. La Serie A est vraiment un championnat excellent. En Espagne, nous savons dès le début qui se battra pour le titre et probablement qui le gagnera. Pas ici. »

Qu’est ce qui te surprend dans le championnat italien ?

« La qualité de certains joueurs moins connus parce qu’ils ne font pas partie de grandes équipes. La Serie A n’est pas seulement tactique, elle est aussi très technique. »

Que manque t-il au Milan pour lutter pour le titre ?

« Les résultats. Un peu de chance. Un peu de joie. Et la conscience d’être forts. »

Donc c’est plus un problème mental qu’un problème technique ?

« Oui, c’est avant tout un problème mental. Nous croyons trop peu en nous. »

Si le Milan gagne le derby, vous pouvez encore accrocher la troisième place ?

« Notre objectif est de retrouver l’Europe. Pour atteindre ce but, nous devons gagner contre un concurrent direct. »

La finale de la Coupe d’Italie n’est plus qu’à un pas. Vous savez déjà comment on soulève les trophées. Vous pensez déjà à la finale à Rome ?

« Pas encore. La finale est loin, il manque quelques mois jusqu’à mai et en tout cas pour gagner nous devons encore battre Alessandria au match retour, qui va donner son maximum comme elle l’a fait à Turin. Ce ne sera pas un match facile ou cadeau. »

L’Europe t’a manqué cette année. Toi qui étais habitué à la jouer jusqu’aux dernières semaines de mai.

« Ça m’a beaucoup manqué. J’ai eu l’opportunité de jouer la Champions League avec Séville. Mais le Milan a un grand projet. Et nous travaillons avec la bonne mentalité chaque jour. »

Comment réagirais-tu à une autre saison sans compétitions européennes ?

« Non, non … Je ne vois vraiment pas l’année prochaine sans l’Europe. Et c’est pourquoi aussi bien moi que l’équipe nous travaillons si dur. Il faut absolument se qualifier pour une Coupe d’Europe. »

Quelle est la vie d’un attaquant jouant dans une équipe de contre-attaque ?

« Difficile. Je préférerais avoir six ou sept occasions par match mais le football est ainsi. Je m’adapte avec plaisir pour les besoins de mon équipe. J’ai appris que les attaquants doivent être les premiers défenseurs. »

Avez-vous déjà parlé avec Mihajlovic de votre faible alimentation en ballon ?

« Oui, nous en avons parlé. Maintenant, ça va un peu mieux, mais le début de la saison a été vraiment difficile : je n’avais seulement qu’un ou deux ballons pour essayer de tirer à chaque match. Nous avons trouvé une solution à l’entraînement à Milanello. Depuis que nous sommes passé en 4-4-2 ou en  4-4-1-1, la situation s’est améliorée. »

Comment faites-vous pour ne jamais rater ? Votre infaillibilité est un don naturel ou se travaille à l’entraînement ?

« On peut la travailler ou l’améliorer mais le don naturel qui fait la différence c’est la tranquillité. Je pense toujours positivement. A Empoli, alors que je courais avec le ballon vers le gardien, je n’ai jamais craint de rater : je me suis concentré uniquement sur le ballon et le défenseur que je devais garder à distance. J’ai décidé où je devais tirer et pan. »

Vous ne voyez jamais le but se rétrécir ?

« Je le vois toujours très grand. Il semble petit à la télé car les perspectives sont différentes. »

Qui est le plus sympa du vestiaire ?

« Nocerino. Il est toujours le premier à faire blagues et à maintenir le moral du groupe. Mais Boateng est très drôle aussi. Il donne de la joie à tous. »

Demain, pour la première fois, tu verras San Siro plein. C’est curieux ?

« Enfin ! J’ai attendu longtemps pour être en mesure de goûter notre fantastique stade plein. Enfant, je le voyais à la télévision et il me semblait impressionnant. Les fans seront très important dimanche. Et les joueurs sont mis en valeur quand ils voient un tel environnement. »

Ta famille s’est bien adaptée à l’Italie ?

« Nous sommes tous très heureux. C’est une merveilleuse opportunité de vie, nous apprenons à connaître une nouvelle la langue, un nouveau pays et de nouveaux amis. »

Quels sont vos trois endroits préférés à Milan ?

« J’en choisis deux : Trezzano, parce que je vis là-bas, et le Duomo, parce qu’il est si beau. Au lieu de choisir un troisième endroit, je choisis plutôt l’atmosphère de Milan : vraiment belle et attachante. Comme un coup du foulard. »

Traduction de l’itw de Bacca à la Gazzetta du 30/01/2016 par Friûl Connection

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