Bertolacci « Avec Mihajlovic, le Milan peut aller loin »

« Un entraîneur a besoin de temps surtout dans une réalité où vous voulez tout tout de suite. Il nous manque la continuité dans le rendement et cela nous affecte. Mais regardez la Juve, leurs résultats sont le fruit d’un travail de beaucoup d’années. »

Stefano Pasquino envoyé à Cargano

Mieux vaut avoir sur les chevilles Kondongbia, un hargneux, que d’être ballotté à deux cents kilomètres par heure en pilotant un Offshore. A propos, il suffit de demander à Andrea Bertolacci : il aurait pu suivre les traces de son papa Fabio, champion du monde en 2010 de classe 3/C, il a plutot choisi le football. Et il rêve de jouer, et de gagner, une Coupe du Monde (ou un Euro) sur un terrain. Pour les rêves Azzurri, chaque chose en son temps, l’actualité immédiate porte sur le match contre l’Inter. Un derby que le Milan ne peut manquer.

Soccer: Serie A; AC Milan-Chievo Verona
Andrea Bertolacci

Bertolacci, demain soir, est ce que ce sera un tout petit derby ?

« Je ne pense pas : parce que ce sont deux équipes très fortes et parce que nous, si nous n’avions pas laissé 6-7 points en route nous aurions un classement différent. Au Milan, il nous manque un peu de continuité : nous avons fait des résultats importants contre la Roma et la Fiorentina, puis à Empoli nous avons manqué de cynisme pour clore la partie alors que nous avons mené deux fois au score. Maintenant le temps est venu de donner un signal. »

Peut-être, avant tout, le Milan devrait jouer avec un peu plus de spontanéité ?

« C’est vrai, il manque cette insouciance qui te permet de faire le pari. Cette insouciance que vous n’avez pas quand vous avez peur de ne pas avoir le résultat à domicile. »

Quelle est la solution ?

« Pour jouer l’esprit plus libre, nous devons prendre pleinement conscience que nous sommes une équipe forte. »

Ça ne doit certainement pas aider de jouer dans un stade où le manque de confiance envers ce que fait le club est clairement perceptible ?

« Ça n’aide pas, c’est vrai. Mais nous devons être bons pour isoler et comprendre que ce ne sont qu’avec les résultats que nous sortirons de cette situation. Ça ne me plaît pas de jouer dans un stade à moitié vide, mais un de nos objectifs est de redonner de l’enthousiasme à nos supporters. »

Est ce que le derby est le dernier train pour la Champions League ?

« Oui c’est très certainement un match important, parce que c’est contre un adversaire direct. »

Lors de sa dernière interview, Barbara Berlusconi a indiqué que l’Europa League était un objectif plus réaliste pour le club : comment avez-vous pris ce message à Milanello ?

« C’est un fait. Nous avions commencé avec des objectifs très différents. Nous manquons de continuité dans la performance et les résultats. Cela affecte tout, le classement mais aussi les performances individuelles. »

Par ailleurs, votre ami Sturaro, parti à la Juve, a eu une acclimatation plus facile.

« C’est clair qu’il est plus facile de s’acclimater dans une équipe qui a déjà tant gagné, où un entraîneur a longtemps travaillé à un projet et Allegri, sans surprise, a continué le travail initié par son prédécesseur et l’a porté avec beaucoup de sagesse. Conte a donné un type de jeu à la Juve et l’équipe que nous voyons aujourd’hui est le fruit d’années de travail de sorte que pour Allegri, une fois vendus les grands noms cet été, ça a été plus facile à partager. Milan, au contraire, a beaucoup changé d’entraîneurs et de joueurs ces dernières années et cherche encore à construire un projet de jeu. »

En ce sens, comme l’équipe vit le fait que Mihajlovic a été souvent remise en question ?

« Il serait hypocrite de dire que certaines rumeurs ne nous arrivent pas et que cela ne nous touche pas. Mais nous avons démontré le fait d’être un groupe uni et de rester avec l’entraîneur. Paradoxalement, nous avons donné le meilleur dans la difficulté : chaque fois que nous semblions au bord du précipice, nous en sommes sortis plus forts. Maintenant, nous devons démontrer à chaque match notre envie d’être … enragés. »

Ne trouves-tu pas qu’il est important de donner un moyen à Mihajlovic de donner un jeu codifié à ce Milan ?

« Un entraîneur a besoin de temps pour insuffler sa mentalité à l’équipe mais nous savons aussi, qu’au Milan, nous sommes dans une réalité où tout doit arriver tout de suite. D’une part je le comprends bien, mais de l’autre je ne pense pas qu’il soit si facile à réussir. »

Quelle est votre approche de la semaine du derby ?

« Vous devez garder les mêmes vieilles habitudes, ne chargez pas trop, ni, bien entendu, sous-estimer l’enjeu. Le derby est un « combat » au sein d’une ville et nous voulons bien faire pour nous et pour les fans à un moment un peu dur pour le Milan. Ne dites pas, cependant, que gagner le derby permettrait de sauver la saison: si par hasard nous battons l’Inter mais que nous n’avons pas une continuité dans les résultats, les gens oublieront tout de suite que nous avions gagné le derby. »

Excusez-nous Andrea Bertolacci, mais est-il vrai qu’enfant on vous appelait « grassouillet » ?

« « Grassouillet » pas vraiment, mais j’avais un … gros fessier et des jambes à la Seedorf »

Si vous n’étiez pas devenu joueur de foot, auriez vous suivi les traces de votre papa, champion du Monde de Offshore ?

« Non, non. Essayer m’a suffit et j’ai préféré faire autre chose. »

Racontez nous 

« Je suivais mon père partout et un jour, je devais avoir huit ans, je lui ai demandé si je pouvais monter dedans avec lui »

Comment ça s’est passé ?

« Ce fut un choc : j’étais assis sur ses jambes, tout était étroit, je n’arrivais à bien respirer, l’accélérateur était seulement à la moitié mais ça bougeait déjà beaucoup. J’ai eu une peur énorme: à partir de là, je n’ai plus suivi les courses de Papa et quand je jouais au football, je le faisais de façon à ce que ma mère ne m’ informe pendant la partie que lorsque que la course était finie tellement j’étais traumatisé. Peut-être que mon père l’a fait exprès pour me faire voir combien il risquait sa vie, pour me convaincre de ne pas le suivre sur cette route et heureusement il y a quelques années après être devenu champion du monde, je pris la balle au bond pour l’amener à cesser de fumer »

Que devez-vous à Stramaccioni ?

« Beaucoup car à un moment, vers 12-13 ans, j’étais dans les sections de jeunes de la Roma et je ne jouais pas beaucoup pour des raisons extra-football, il est arrivé et il n’a pas rien regardé sauf qui était le meilleur au milieu de terrain et m’a permis d’aller de l’avant et de sauter de catégorie chaque année. »

En outre, il te voulait à l’Inter …

« Oui mais il savait que c’était une situation difficile car mon contrat était en co-propriété entre la Roma et le Genoa »

En quoi Mihajlovic t’as fait progressé ?

« Sûrement dans la mentalité : il m’a donné plus de rage, d’envie et de détermination. C’est un entraîneur fort et que vous voyez, nous le voyons aussi au bord du terrain. »

Traduction de l’itw de Bertolacci à Tuttosport, le 30/01/2016 par Friûl Connection

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