Gunnar Nordahl, le pionnier.

C’est lors d’un 19 octobre 1921 qu’un certain Gunnar Nordahl voit le jour, il arrive dans une famille aussi pauvre que nombreuse. Son père travaille dur pour nourrir ses dix enfants, qui vivent avec leur mère dans une modeste maisonnette. Gunnar découvre le beau jeu à l’âge de 8 ans. Son gabarit impressionnant lui vaut d’effectuer ses grands débuts à Hornefors dès 16 ans. Trois saisons, 41 matches et 68 buts plus tard, il rejoint Degerfors, qui évolue alors au sein de l’élite suédoise. Le jeune homme poursuit son ascension fulgurante et continue de marquer avec la même régularité métronomique.

Gunnar Nordahl commence sa carrière à Degerfors avant de rejoindre l’IFK Norrköping. Champion de Suède quatre fois consécutivement en ayant marqué 149 buts en 172 matchs.

Après avoir remporté la médaille d’or aux Jeux olympiques la Suède en 1948, terminant meilleur buteur du tournoi avec sept buts, Nordahl a pris la décision de devenir joueur professionnel. Cela signifiait que sa carrière internationale devait s’arrêter prématurément en raison de la politique de la Suède d’aligner uniquement des joueurs évoluant au pays, mais après 43 buts en 33 matchs en sélection nationale il est tout de même le deuxième buteur le plus prolifique de l’équipe suédoise.Avant de devenir professionnel Gunnar était pompier.

En rejoignant l’AC Milan le 22 Janvier 1949, Nordahl est devenu le premier joueur suédois à quitter son pays d’origine pour jouer dans un pays étranger. Il arrive à Milan dans l’anonymat. À la fin de la saison 1948-1949, il avait marqué 16 buts en 15 matchs avec le maillot rossonero. Nordahl mesure 1m81 pour 95 kilos. Sa puissance n’est cependant pas son seul atout. En plus de son excellent jeu de tête, il fait preuve d’une redoutable précision dans l’art des reprises de volées. Sa technique et sa puissance convainc les tifosi milanais qui décidèrent de l’appeler « Il Cannoniere » (Le Cannonier) ou « Il Bisonte » (Le Bison).

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« Gre-No-Li, Gren-Nordahl-Liedholm »

Sa grosse saison lui a permis d’obtenir un contrat de deux ans et a incité le Milan à se déplacer pour aller chercher deux des joueurs les plus influents de l’équipe nationale suédoise avec Nordahl, son coéquipier à la pointe de l’attaque Gunnar Gren et Nils Liedholm milieu de terrain créatif. Ensemble, ils étaient surnommés «Gre-No-Li». Les trois Suédois marquent à eux seuls 71 buts en 38 matchs lors de la saison 1949-50 et ils gagneront le Scudetto en 1951, mettant fin à 44 ans de disette pour le club lombard. Liedholm et Nordahl le remporteront de nouveau en 1954 après le départ de Gren à la Fiorentina.

« Avec Gren et Liedholm, nous avions développé une sorte de lien télépathique à force de nous entraîner ensemble », se souvient Il Bisonte. « En arrivant en Italie, je me suis rendu compte que les joueurs étaient beaucoup plus mobiles en Suède. Je me suis donc tout de suite attaché à essayer de trouver des espaces entre les défenseurs. Liedholm and Gren l’avaient compris et ils essayent toujours de me servir en profondeur. Ensuite, je n’avais plus qu’à conclure. » 

Malgré l’énorme influence de Liedholm, qui selon la légende a mit deux ans avant de manquer une passe, et de Gunnar Gren, c’est Nordahl, le premier arrivé en Italie, et son incroyable nombre de buts marqués qui sera la « star » de Gre-No-Li. En 257 apparitions pour Milan, Nordahl a marqué 210 buts et a remporté le titre de Capocannoniere, titre de meilleur buteur du championnat italien, à cinq reprises en 1950 (35 buts), 1951 (34 buts), 1953 (26 buts), 1954 (23 buts) et en 1955 (27 buts) Gunnar est le 3e meilleur buteur de l’histoire de la Serie A (225 buts) derrière Silvio Piola (274 réalisations) et Francesco Totti (244 réalisations) mais qui fera de lui meilleur buteur de l’histoire de l’AC Milan devant Andriy Shevchenko (127 buts) et Gianni Rivera (122 buts)

Gren a souvent eu l’occasion de revenir sur le parcours de son compatriote: « Il tirait tellement fort qu’il pouvait aussi bien marquer du gauche. Il était aussi à l’aise pour conclure à bout portant que pour tenter des frappes spectaculaires. Il trouvait des espaces dans les conditions les plus invraisemblables. C’est sans aucun doute l’un des plus grands joueurs qu’il m’ait été donné d’observer. Je connais très peu d’attaquants de son niveau. »  

Nordahl quitte Milan en 1956, après 7 saisons et rejoint la Roma, il jouera 34 matchs avec les giallorossi et inscrit 15 buts soit 0.44 but par match, entre 1956 et 1958.

Au moment Nordahl a quitté le football italien en 1958, il avait marqué 225 buts en 291 matchs, avec un ratio de buts par match de 0,77, ce qui le place loin devant l’ensemble des joueurs ayant disputé au moins 100 rencontres parmi l’élite italienne. Son compteur personnel affiche 1,33 but par match en équipe nationale, un record inégalé à ce niveau.

Succès sans précédent de Nordahl en Serie A fut un précurseur, en effet grâce à son succès, les clubs était à la recherche de la prochaine superstar étrangère, et les joueurs se dirigeaient vers l’Italie à la recherche d’un nouveau contrat très lucratif, l’Italie proposait les plus grandes de rémunération dans le football.

En 1957, le légendaire attaquant gallois John Charles, un cas similaire à Nordahl, a rejoint la Juventus de Leeds United dans une affaire qui a vu Charles devenir l’un des premiers joueurs britanniques à jouer à l’étranger et devenir meilleur buteur de la Serie A lors de sa première saison avec les Bianconeri. En effet, suite à l’arrivée de Nordahl en 1949, le titre de Capocannoniere est allé à un natif non-italien dans quatorze des 16 prochaines saisons, quoique dans une période ou le football italien est marqué par le drame du Superga, crash de l’avion du Torino en 1949, qui a coûté la vie aux plus grands talents italiens.

Après la génération Nordahl, une pléthore de grands talents étrangers ont fait leur nom en Serie A. Michel Platini, Marco van Basten, Ruud Gullit , Zlatan Ibrahimović et le grand Diego Maradona par exemple ont connus les meilleures saisons de leur carrière en jouant en Italie.

Gunnar Nordahl s’est éteint en septembre 1995 mais sa légende, elle, n’est pas près de disparaître. Les supporters de la Suède et de l’AC Milan sont là pour entretenir la flamme. Ses records, eux, sont encore là pour quelques années.

Palmarès
* 1 Tournoi Olympique de Football Masculin (1948)
* 4 Championnats de Suède (1945, 1946, 1947, 1948)
* 2 Championnats d’Italie (1951, 1954)
* 4 Titres de meilleur buteur du Championnat de Suède (1943, 1945, 1946, 1948)
* 5 Titres de meilleur buteur du Championnat d’Italie (1950, 1951, 1953, 1954, 1955)

@EnzoCalcio

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