Rencontre avec Valentin Pauluzzi

Que se passe-t-il quand 2 amoureux de l’AC Milan vous offrent un jeu des questions – réponses ? Tout simplement l’occasion de connaître mieux Valentin « Billy » Pauluzzi, le papa de http://www.calciomio.fr/ qui opère aussi pour So Foot et Eurosport France notamment. Dai dai dai #billylastat !

calciobilly

  • Billy parle nous un petit peu de toi si tu veux bien, comment la passion pour l’Italie et notamment son football t’es venu ?

Bonjour à tous, et merci de vous intéresser à mon parcours. Alors, comme mon nom l’indique, je suis d’origine italienne, donc j’étais toujours été lié d’une façon ou d’une autre à l’Italie même si je n’ai pas grandi avec une double culture. C’est surtout la passion pour le foot qui m’a rapproché du pays de mes grands-parents, ça a continué avec un cursus LLCE italien et une année Erasmus à Venise, puis 5 ans en tant que prof remplaçant à enseigner cette langue dans la région lyonnaise, et puis ça a fini avec une italienne que j’ai rejoint à Milan il y a deux ans.  Je n’ai jamais fait d’études dans le journalisme, je suis juste un passionné qui a accompli son rêve d’ado, celui de devenir journaliste sportif, mais ça a nécessité beaucoup de sacrifices.

  • Sur quels projets travailles-tu à l’heure où nous parlons ?

En tant que journaliste freelance qui n’en est encore qu’à ses débuts, je suis toujours sur le qui-vive concernant d’éventuelles nouvelles collaborations. Par manque de temps, j’ai dû redimensionner Calciomio, ça devait arriver un moment ou un autre, donc pas de regrets. A l’heure où je te réponds, je dois avoir plus d’une dizaine de papiers à écrire, ça n’arrête jamais, j’ai des idées plein la tête.

  • Quels sont les aspects/personnages qui te font aimer la calcio ? Y’en a-t-ils qui te déçoivent parfois ?

Le grand Milan. Mon premier souvenir footballistique remonte à la finale contre l’OM en 1993. C’est là que j’ai découvert une équipe constituée de bonhommes charismatiques avec un certain sens de l’élégance. Ça s’est poursuivi avec le Milan d’Ancelotti, l’apogée du club en termes d’images selon moi. Les résultats c’est bien mais s’il n’y a pas le respect qui les accompagne, je trouve ça dommage. Je ne connais pas grand monde qui détestait ce Milan là, parce qu’il y avait des Nesta, Maldini, Costacurta, Inzaghi, Rui Costa et j’en passe. Une incroyable concentration de pros hors pairs et qui se distinguaient positivement sur et en dehors du terrain. Bref, c’est de là que tout est parti. Les déceptions ? Et bien en côtoyant le monde du foot en tant que journaliste, on se rend compte que tout n’est pas tout rose, et que certaines idoles de jeunesse, du Milan ou d’autres, ont des comportements particuliers pour rester gentil. Mais c’est bien, ça permet de prendre du recul.

 

  • Billy, qu’est-ce qu’une « journée type » d’un journaliste français en Italie ?

 

Je ne suis pas certain de représenter le journaliste-type. Mais disons que c’est beaucoup de temps derrière mon PC, j’ai la chance de pouvoir travailler à domicile, même si cela a ses avantages et inconvénients. Je me lève à 7h30/08h00, un café et je monte à l’étage. Revue de presse, recherche de sujets, écritures, chasse aux numéros de tel, planification de déplacement. Les journées passent vite car elles sont bien remplies puisque je peux bosser jusqu’à 12 heures par jour, et évidemment, je n’ai pas vraiment de week-end pour me reposer. C’est un beau métier, je ne me plains pas, mais je ne fais pas les 35 heures hein.

 

  • En tant que tifoso du Milan, quel constat dresses-tu des décevantes saisons passées et comment vois-tu celle qui vient de commencer ?

 

J’ai conscience d’être un tifoso particulier, tout ce qui m’a fait aimer ce club a pratiquement disparu et la belle image qu’il avait a été détruite. Le plus incompréhensible est que ce sont pourtant les mêmes dirigeants en place. Ça m’a longtemps mis en colère, maintenant, j’ai plus de recul et je me dis que c’est juste l’évolution du foot et du monde. Ce nouveau Milan a l’air moins improvisé que les derniers. Disons que Mihajlovic est l’homme qu’il faut pour mettre un coup de pied dans la fourmilière, pour le reste « Wait and see »

  • L’Euro 2016 débute dans moins d’un an, où en est la Nazionale d’Antonio Conte ?

Elle va se qualifier sans se faire peur mais le spectacle proposé est vraiment faible. Maintenant, tout comme Prandelli, il ne fait que subir le niveau historiquement bas de sélectionnables, mais aussi de joueurs de qualité. Donc il fait avec ce qu’il a. Ce qui est rassurant, c’est que les autres sélections européennes ne sont pas dans la forme de leur vie et que le prochain Euro pourrait être très serré.

  • Cet été nous avons retrouvé les clubs italiens investissant en masse (notamment les milanais), est-ce un des signes du retour en forme de la Serie A ?

Tout est lié aux investisseurs étrangers, les clubs milanais ont tenté un gros coup de poker afin de retrouver la Champions League et les revenues qui y sont liés. Tant que la grande majorité des équipes italiennes dépendront des droits TV, cela voudra dire que le calcio est encore convalescent. Il a fallu Thohir, Pallotta et bientôt Bee pour comprendre que le potentiel des top clubs italien était très mal exploité, c’est grave quand on y pense.

  • La part de joueurs étrangers augmente chaque saison en Serie A tandis que les U21 italiens foisonnent en Serie B, le constat est-il alarmant ?

Oui, comme dit précédemment, il y a eu de meilleures générations de joueurs italiens, mais sur les 55 % de joueurs étrangers, je ne vois pas une grosse part d’éléments indispensables ou foncièrement meilleur que les italiens. Seulement, ils sont généralement moins chers, moins exigeants, tandis que les tifosi s’en cognent de cet état de fait. C’est un souci global. Limite, il faut souhaiter que la Nazionale ne se qualifie pas pour le Mondial 2018.

  • Vu la dernière saison en coupes d’Europe avec la Juventus en finale et 2 clubs italiens en demies de l’Europa League, vois-tu un retour en force de l’Italie en compétitions européennes ? Et que dire de l’approche des clubs transalpins vis-à-vis de l’Europa League ?

Non, du tout. Il faut raisonner à long terme, l’Italie est en passe de dépasser l’Angleterre à l’indice UEFA, mais cette dernière va vite se reprendre. Le « sistema-calcio » a besoin d’être revu sur bien des aspects, formation, infrastructures, gestion des problèmes de violence et sécurité, transparence, renouvellement des dirigeants. La plupart des autres ligues rivales ont opéré leur révolution, pas l’Italie. L’Europa League c’est bien beau, mais tant que tu n’envoies que deux clubs italiens en Champions League, ça ne profite pas beaucoup au mouvement.

  • Comme tu es journaliste, quel avis portes-tu sur les médias sportifs italiens ?

J’ai parfait mon italien en lisant la Gazzetta et des revues de foot italiennes. Il y a un sens indéniable de la prose, c’est parfois presque de la poésie. Et la plupart des papiers sont très intéressants. En revanche, les émissions télé et les unes des journaux, c’est souvent la foire au populisme. Mais faut pas se leurrer, les médias s’adaptent au public qui sont en partie responsables de cette situation. Il y a des préférences affichées parfois édifiantes. Ça fait partie du jeu, je comprends, mais ce n’est pas ma conception du journalisme. Je ne veux donner de leçon à personne, chacun fait ce qu’il veut, faut juste ne pas m’en donner en retour. Un saluto a tutti !

Bon vent Billy ! Nous remercions https://twitter.com/CalcioBilly d’avoir joué le jeu et https://twitter.com/SignoreXyer pour avoir préparé l’interview.
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