Entretien avec un champion : Sébastien Frey.

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Sebastien Frey ou Wolverine? Un grand gardien en tout cas

Le joueur avec qui nous avons eu l’honneur de discuter aujourd’hui a eu la chance de faire le tour de l’Italie, il a connu les plus grands, et est même devenu l’un des plus grands, entretien exclusif avec Monsieur Sébastien Frey.

Formé à Cannes comme plusieurs grands champions, tu débarques très jeune à l’Inter, qu’est ce qui t’a amené en Italie?

Le club de Cannes à l’époque, avait de gros problèmes financiers donc, pour trouver de l’argent ils devaient vendre trois joueurs dont moi. Parmi plusieurs propositions j’ai choisi l’Internazionale car j’étais fasciné par le football italien.

Tu arrives donc à l’Inter au milieu de grands champions tels Ronaldo, Baggio, Zanetti, Simeone, un mot là dessus ?

L’année où je suis arrivé à Milan, chaque entraînement aux côtés de toutes ces stars était simplement énorme !

En 1999 tu es prêté à Verona, un contexte sûrement plus calme, un coach (Cesare Prandelli) qui te fait totalement confiance, c’est l’endroit parfait pour grandir?

Vérone a été sans aucun doute la saison révélatrice. Ma saison ! … j’ai gagné une place de titulaire en travaillant très dur, car étant français ça n’a pas été facile du tout en Italie.

Finalement en 2000-2001 tu enchaînes avec une saison dans la peau d’un titulaire à l’Inter avec 30 matchs au compteur, et te voilà parti pour Parma. Pourquoi n’as-tu pas essayé de t’imposer à l’Inter ?

A l’inter ça a été très important pour moi, c’est un honneur d’avoir pu porter ce maillot. Mais j’étais très jeune et le club à cette époque était en pleine confusion. C’était trop de pression à gérer. Je n’ai pas voulu prendre de risques.

A Parma tu rejoins un club encore une fois prestigieux avec un effectif possédant quelques français (Boghossian, Micoud, Lamouchi notamment) ça a pesé dans ton choix ?

Oui car Parma était considéré comme un des meilleurs clubs italiens à l’époque avec de grands joueurs, je ne regrette pas d’avoir fait ce choix.

En 2003, tu évolues tout de même dans un Parma au bord du gouffre, presque rétrogradé et en proie à de grosses difficultés financières, n’est-il pas difficile d’exercer son rôle de footballeur dans un « navire à la dérive » ?

2003 a été une année très particulière footballistiquement parlant … Le club a fait faillite mais malgré tout on a réussi à finir la saison avec honneur, à la 5 ème place, grâce à un collectif magnifique.

Le club de Parma va finalement se maintenir, et en grande partie grâce à tes grandes performances; mais le club se voit obligé de te vendre pour lutter contre ses problèmes financiers, c’était difficile de partir dans ces conditions?

De partir comme ça oui, car Parma est une belle parenthèse de ma carrière, c’est dommage d’avoir réduit un club avec un tel blason comme ceci.

Tu quittes Parma pour Firenze, mais durant ta première saison tu joues 18 matchs et la Fio‘ engage Bogdan Lobont pour pallier à ta blessure, tu étais confiant au sujet de ta place de titulaire lors de ton retour de blessure ?

A Florence ça a été le coup de foudre dès que j’ai porté le maillot, malheureusement je me suis gravement blessé à la mi-saison. Mais malgré tout, le club, la ville et mes coéquipiers n’ont jamais perdu confiance en moi, ça m’ a donné la force de revenir.

Finalement à Firenze il te faudra 2 saisons pour retrouver l’Europe, ou tu atteindras même les demis-finales de Coupe UEFA face aux Rangers (0-0 à l’aller comme au retour) mais la séance de tirs aux buts vous est fatale (2-4) cela n’est-il pas démoralisant de sortir face à une équipe jugée plus faible sur le papier ?

Ça nous a fait très mal, car on revenait de très loin. Problèmes de calciopoli notamment.. Et je pense que pour la saison qu’on avait réalisée… ça aurait été logique cette année là de remporter la coupe UEFA, c’est dommage.

 

Quand tu es à Firenze tu es vu comme le meilleur gardien étranger en Serie A, et pourtant, tu te fais très rare en équipe de France, selon toi qu’est ce qui a joué en ta défaveur dans cette carrière internationale que tu méritais?

J’ai toujours été quelqu’un d’intègre, ça a été un bien pour mon honneur mais peut-être pas un bien pour ma carrière internationale….

Après Florence, tu continues ton tour d’Italie et te voilà au Genoa, où tu termines deux fois 17 ème de Serie A, mais où tu contribues grandement au maintien, les tifosi t-ont-ils remercié pour tes services à ton départ?

Oui, malgré le classement ça a été une belle expérience à Gênes. J’ai gagné le respect de tout le monde là bas et je les remercie, ils ont été formidables.

Tu quittes finalement l’Italie pour la Turquie, pourquoi ce choix?

Je voulais changer d’air, car j’ai pu voir beaucoup de changements dans le Calcio, je voulais tenter un nouveau challenge ailleurs.

Aujourd’hui tu n’es plus sous contrat à Bursaspor et tu étais un temps annoncé proche de Cagliari cet été, pourquoi ça ne s’est pas fait?

J’ai décidé de résilier mon contrat avec Bursaspor, la mentalité là-bas n’était pas faite pour moi. Ensuite j’ai reçu pas mal de propositions dont Cagliari en effet, mais ça n’a pas abouti… Les mystères du football !

Tu envisages un retour en Italie? Si non qu’envisages-tu?

Là, actuellement, je suis à la maison et je réfléchis encore sur mon futur.

Où places-tu la Serie A par rapport à la Premier League, la Bundesliga, la Liga et la Ligue 1

Ces dernières années la Serie A a pris du retard sur les autres championnats importants, mais j’espère que la tendance va rapidement être inversée.

Selon toi qu’est ce que le football italien a-t-il de particulier?

La passion !  Je dirais même plus, c’est une religion là bas.

Tu as connu beaucoup de grands champions comme coéquipiers, mais lesquels t-ont le plus impressionné?

Je dirais Ronaldo. (le brésilien pour nos plus jeunes lecteurs ndlr.) Même si je pourrais en citer au moins une vingtaine !

Mais tu as également connu de très bons coachs, lequel t’a le plus apporté en tant qu’homme et tant que joueur ?

 En tant qu’homme j’ai eu la chance de travailler avec Gianluca Spinelli ( l’entraîneur des gardiens à Gênes ) et Cesare Prandelli en tant qu’entraîneur car nous avons longtemps collaboré ensemble.

Quel regard portes-tu sur la faillite de Parma ?

La faillite de Parma à été un drame pour le football ! C’est une honte d’avoir réduit un club comme celui-ci de cette manière.

En 2000 tu déclarais que les journaux italiens avaient la réputation de haïr les français, 15 ans après, tu penses que ça a changé ? 

On va dire que c’est plus dur de s’imposer en Italie en étant français, mais avec du recul tout s’est très bien passé pour moi en général. J’ai par exemple beaucoup plus eu de problèmes avec la presse française au cours de ma carrière.

Certains coach demandent désormais aux gardiens de beaucoup plus utiliser leurs pieds, quitte à presque évoluer comme un 11 ème joueur de champ. De quel oeil vois-tu cette évolution du poste de gardien de but?

En tant que gardien je trouve que c’est super ! Ça rend encore plus actif le gardien dans les matchs, c’est une superbe évolution.

Que peut-on te souhaiter pour la suite Sébastien ?

Simplement le bonheur… Je ne demande pas plus… Merci.

Et nous te le souhaitons Sebastien, merci champion.
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