Interview de Vincent Laurini, de la galère au monde professionnel.

Aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir un joueur qui fait petit à petit son nid dans le Calcio. Vincent Laurini, latéral de poche, passé par les plus bas étages du football italien, et qui a grimpé les échelons un à un, malgré les galères et les épreuves, il n’a jamais baissé les bras. Vincent évolue désormais à Empoli, en Serie A.

vincent laurini
Vincent Laurini sous les couleurs d’Empoli

– Tu es un franco-italien né en Moselle (plus précisément à Thionville) c’est donc tout logiquement que ta carrière commence au FC Metz le grand club le plus proche de chez toi.. cependant tu n’es pas resté au club, quelles ont été les raisons de ton départ? Ta taille (1,73m) a-t-elle posé problème?

Je suis né en France mais je suis originaire d’Italie, j’ai commencé ma carrière à Metz mais après 6 années le club a décidé de ne pas me garder, ma petite taille était un problème pour eux. J’ai ensuite effectué une saison à Magny en 16 nationaux avant d’aller à Sedan pour 3 ans.

– Tu as donc fait ta valise direction la Champagne-Ardenne et Sedan. Pourquoi ne pas y être resté encore une fois?

Au bout de trois années, Sedan a lui aussi décidé de me virer car ils ne croyaient finalement pas en mon potentiel.

– Deux expériences ratées, et un départ vers l’Italie, ta seconde patrie, et plus précisément à Gubbio en Ombrie où tu passes des essais qui ne se révèlent pas convaincants. A ce moment là tu commençais à douter de toi ou tu étais toujours sur-motivé?

Après 2 échecs consécutifs en France, j’ai décidé de tenter ma chance en Italie. A Gubbio où habite toute ma famille et du coup j’ai pu faire un essai dans le club qui se trouvait alors en CFA italienne (4ème division). Malheureusement pour moi, le club ne m’a finalement pas engagé. Ça a été très dur pour moi, à 18 ans je dois avouer que j’ai commencé a déprimer un peu et l’idée de lâcher le morceau m’est venue a l’esprit. J’ai eu la chance d’avoir ma famille présente pour me réconforter et me pousser à continuer (en particulier mon père Serge), sans eux je ne sais pas ce que je serais devenu aujourd’hui.

– Heureusement, à l’époque tu posais comme mannequin pour Dirk Bikkembergs, qui était président de Fossombrone (à 30 minutes de Gubbio alors en Serie D), c’est lui qui t’a proposé de passer des essais dans son club?

J’ai appelé Bikkembergs après 10 jours difficiles et je lui ai demandé si c’était possible de venir jouer dans son club qui était en DHR italienne (6ème division).

 – J’en conclue donc qu’il a répondu positivement! Mais le choix ne te paraissait pas risqué pour la suite de ta carrière de footballeur?

Disons que je n’ai pas trop eu le choix, le mercato était presque terminé, c’était la DHR ou l’abandon total du foot. Je n’ai pas hésité un seul moment et j’étais très motivé pour cette nouvelle aventure!

– En 2010-2011 tu es repéré par Cristiano Giuntoli, le directeur sportif de Carpi (aujourd’hui directeur sportif du Napoli). Tu as hésité avant de partir pour l’Emilie Romagne?

Je n’ai pas hésité un instant avant d’aller à Carpi, on avait perdu la finale pour monter en Serie C et Carpi me voulait tout en me garantissant le poste de titulaire donc j’ai accepté l’offre de Cristiano Giuntoli.

– Deux saisons en Serie D, puis C (toutes deux avec plus de 30 matchs à ton actif) tu es contacté par Empoli alors en B. Tu as senti que cette opportunité était unique?

Quand l’Empoli m’a contacté j’étais super heureux, j’avais enfin pu réaliser mon rêve de jouer au haut niveau après plusieurs années de galère. Je ne pouvais pas refuser!

– Tu arrives donc durant la même période de mercato que ton entraîneur Maurizio Sarri, aujourd’hui très réputé en Italie mais il y a peu encore un inconnu, tu peux nous parler de lui, de son travail et ce qu’il t’a apporté en tant que footballeur?

Je suis arrivé la même saison que Sarri en effet qui n’était pas très connu du grand public en Italie. Si je dois résumer Sarri je dirais que c’est un fou! Il fume sans arrêt et gueule à tout bout de champ. Il est très pointilleux et ne laisse jamais rien au hasard. Je pense que Sarri est un des entraîneurs les mieux préparés en Italie. Il m’a apporté énormément au niveau tactique et au niveau de l’organisation.

– Deux saisons en Serie B où tu approches la quarantaine de matchs (37 et 39) et te voilà enfin en Serie A, un championnat majeur, historique et celui de ton pays d’origine, un rêve qui se réalise?

Oui voilà 80 matchs en deux ans et une montée en Serie A, comme tu le dis, c’est un rêve qui se réalise! Sur le coup je n’y croyais pas.

– Cette saison Empoli se maintient, tout le monde s’accorde à dire que c’est un « beau promu » qui prône un football offensif avec de jeunes talents, un peu comme Sassuolo, toi cependant ta saison est un peu « plombée » par une pubalgie, tu n’es pas trop déçu? (Malgré tout tu feras deux excellentes parties qui te vaudront le titre « d’homme du match » contre le Milan (2-2) et le Napoli (victoire 4-2) et ce même malgré un but contre ton camp)

Malheureusement pour moi vers le mois de Novembre, j’ai choppé une pubalgie qui m’a tenu 3 mois en dehors des terrains de foot. Après un bon début de saison j’ai du m’arrêter et pour reprendre c’était intense mais j’ai quand même réussi à participer à une vingtaine de match!

– Quelles sont tes ambitions personnelles et collectives pour cette saison?

Cette saison d’un point de vue personnel mon objectif est de faire une belle saison complète et collectivement se maintenir une année de plus en Serie A avec Empoli.

– Et quelles sont tes ambitions à long terme? Rejoindre un club plus « prestigieux » (Le Milan par exemple, dont tu es fan il me semble)? L’Equipe de France un jour?

A long terme j’aimerai bien jouer au Milan AC, car je suis tifoso des rossoneri depuis que je suis tout petit. Ça serait vraiment mon rêve, mais c’est difficile d’arriver dans un club prestigieux comme le Milan AC. Mais il faut toujours être ambitieux tout en restant humble sans se monter la tête, donc on peut dire que mes objectifs sont le Milan AC et l’Equipe Nationale!

(Et nous te le souhaitons!)

– Où places-tu la Serie A par rapport aux autres championnats que sont la Ligue 1, la Premier League, la Liga et la Bundesliga?

Je pense que la Serie A, actuellement, se trouve au même niveau que la Bundesliga et ces deux là se trouvent un petit peu au dessus de la Ligue 1. A part deux équipes je trouve la Bundesliga inférieure à la Serie A qui est beaucoup plus équilibré, le niveau en Serie A est plus homogène.

– Tu n’as jamais eu envie de revenir dans un club français?

On va dire que je n’en ai jamais eu l’occasion. Pour l’instant je suis en Italie et je suis super content d’y être, mais dans la vie, au final, on ne sait jamais ce que nous réserve le futur!

– Aujourd’hui de plus en plus de joueurs s’exposent sur les réseaux sociaux et dans les médias, tandis que toi tu restes très discret pourquoi un tel choix?

Je préfère rester discret, car je n’aime pas trop me mettre en avant, de toute façon les personnes qui comptent vraiment pour moi je sais qui elle sont , et c’est la seule chose dont j’ai besoin finalement !

– Qu’est- ce que le foot italien t’ apporte physiquement, tactiquement, mentalement et techniquement?

Le football italien c’est surtout au niveau physique et tactique que tu taffes ! On court énormément et on fait des séances de 2 à 3 heures de tactique de temps en temps, sans parler des réunions et clips vidéos qu’on regarde! 
– Tu savais que Fabio Cannavaro avait eu des problèmes aussi en centre de formation à cause de sa petite taille? Au final, on peut se le dire ton objectif c’est le Ballon d’Or non?
Non je ne le savais pas! Cannavaro est un de mes joueurs préférés, un des meilleurs défenseurs du monde. Le Ballon d’Or qu’il a gagné, à mon avis, était totalement mérité (et pourtant très discuté encore aujourd’hui), moi pour le coup j’ai encore vraiment beaucoup de route à faire!
Nous te souhaitons une grande et belle saison Vincent !
L’équipe de FRSerieA remercie du fond du coeur Vincent Laurini pour sa disponibilité et cette entrevue ! L’équipe remercie également Maxime Laurini, sans qui cela n’aurait pas été possible.
Interview réalisée par @Hugiannini
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