En dehors des frontières : Les italiens qui brillent ailleurs, numéro 2.

Aujourd’hui en Italie, les clubs du Top ont du mal à s’armer d’italiens. Souvent jugés trop faibles, parfois trop chers, les clubs préfèrent se tourner vers d’autres pays, voire d’autres continents pour compléter leur effectif. Du coup, certains italiens ont décidé d’aller se faire les dents ailleurs, et parfois ça marche… plus ou moins ! Petit tour de ces italiens hors de la Botte avec FrSerieA.

Graziano Pellè

pellè
Graziano est bien foutu, et il le sait.

L’histoire de Graziano Pellè, c’est celle d’un gars qui avait tout pour réussir très jeune, mais qui a préféré prendre son temps pour éclabousser le monde du football de son talent et de sa belle gueule. A deux doigts de porter un nom légendaire, et d’être le nouveau Luca Toni, Pellè a préféré écrire son histoire, qui, elle, ne sera pas forcément légende. Le natif de la banlieue de Lecce se régale aujourd’hui en Premier League, championnat dont-il a toujours rêvé.
Très vite un grand espoir
Formé à Lecce, Pellè remporte deux fois le championnat Primavera, une Coppa Primavera, également une Supercoppa Primavera et fait alors ses débuts dans l’élite avec les giallorossi (nous ne parlons pas ici de la Roma, mais bien de Lecce) en 2004, à l’âge de 18 ans seulement. Comme pour beaucoup de jeunes joueurs, Graziano va connaître l’expérience du prêt pour se faire les dents, c’est donc pour cette raison que le géant rejoint alors la formation de Catania en Serie B. cependant, lors de ce premier prêt survînt un problème, Graziano ne prend pas la peine de marquer un but. Mais Graziano prend son temps, pour les buts, on verra l’an prochain.
Après cette expérience quelque peu ratée à Catania, personne ne doute du talent du colosse. Il revient donc chez lui, à Lecce, où il attendra bien sagement un nouveau prêt, et cette fois c’est Crotone, pensionnaire de Serie B, qui va récupérer l’Italien en janvier 2006. Résultat, l’attaquant aux mensurations de mannequin se décide enfin à planter quelques pions, un total de 5 buts en 17 matchs. Résultat correct, mais pas assez pour convaincre un club de renommée. Cependant, Cesena, également en Serie B, pointe le bout de son nez à l’été 2006 et lui offre l’opportunité de pouvoir faire une saison complète dans un club qui lui donne sa chance.
C’est décidé, pour Graziano, ce sera Cesena, et cette saison-là va permettre à Pellè d’éveiller l’intérêt de quelques clubs italiens et étrangers. On y découvre alors un attaquant de surface, physique, ambidextre et redoutable de la tête, capable de s’illustrer tant comme buteur, tant comme pivot. C’est ce Graziano là qu’on attendait, celui ci qui récolte l’étiquette de « futur Luca Toni » et c’est aussi ce profil qui lui permettra de terminer la saison à 11 buts en 39 rencontres.
Premier exil
Alors que le public pensait découvrir Graziano Pellè en Serie A, c’est finalement aux Pays-Bas qu’il va filer à l’âge de 22 ans. La décision peut paraître étrange, mais lorsqu’on sait que c’est le très célèbre Louis Van Gaal qui avait émis le souhait de recruter l’attaquant italien, on peut comprendre. On peut même être encore plus compréhensifs lorsque l’on apprend le montant du transfert : 6,5 millions d’euros.
En effet Graziano n’a pas beaucoup marqué, mais quand un entraîneur des plus réputés mondialement débourse une fortune pour s’attacher ses services, on comprend vite qu’il appartient à la classe des attaquants de très haut niveau. Toutefois, le problème est qu’une fois en Eredevisie, « Grazi » ne marque toujours pas beaucoup, et conclue son premier exercice par 29 matchs et 3 buts. Un constat : peut mieux faire.
D’ailleurs Pellè le dit lui-même « Pourquoi devrais-je apprendre le néerlandais, je repars bientôt en Premier League » Le bonhomme l’avait prédit, mais s’est trompé de quelques années…
Vient alors la seconde saison à Alkmaar. Terminée celle de l’adaptation, bonjour celle de l’explosion. Cet exercice se conclue avec un total de 23 matchs et 4 buts, un problème de détonateur sans doute. Malgré tout, la saison se termine quand même sur un titre de champion d’Eredivisie et une « Dutch Super Coupe » également en poche, chapeau. Mais Pellè transpire la classe, alors, nous commun des mortels, on l’excuse. Van Gaal, lui, fait ses valises direction le Bayern Munich : lui entraînera le vrai Luca Toni, et non plus sa parodie.
La rencontre qui change tout.
Van Gaal parti, c’est Ronald Koeman qui est chargé de remplacer Louis. Les cartes sont alors redistribuées, Pellè, cette fois c’est ta chance, saisis-là ! Et quelle saison splendide : 13 matchs de championnats 2 buts, 5 matchs de Ligue des Champions pour 0 réalisation, et un match de coupe également où il restera muet. 19 matchs, 2 buts, 25 ans, Pellè commence à faire mentir les pronostics de ses précédents mentors. L’été et les beaux jours viennent, Koeman n’est plus le coach d’Alkmaar, il remplacé par Gertjan Verbeek. Le mercato arrive, et Pellè a le choix : retourner au pays tête basse, ou se laisser une dernière chance. Pellè est joueur et décide de rester, cette fois il est prêt, et prouvera à tous qu’il est un grand talent. La saison commence mal pour lui, le coach a décidé qu’il ne serait pas retenu dans la liste des joueurs qualifiés pour disputer l’Europa League. Mais de toute façon, il en faut plus pour décourager « Grazi ». Revanchard, l’italien marque 4 buts en 4 matchs (dont un contre l’Ajax) et gagne la confiance des supporters. Malheureusement, quand il décide de mettre un coup d’accélérateur à sa carrière, c’est un virus intestinal en janvier 2011 qui va y mettre un frein. Graziano Pellè est admis pour passer un petit séjour à l’hôpital, le temps de perdre un peu plus de 2 kilos. Mais, déterminé, il refoule les pelouses néerlandaises dès février 2011. La saison se termine avec un bilan comptable de 20 matchs et 6 buts, toujours rien de terrifiant, mais cette fois, il est pardonnable.

Retour en Italie
Malgré ses nombreux efforts, Pellè comprend qu’il n’est pas à sa place à l’AZ Alkmaar et décide de partir. Parma flaire le bon coup et l’engage pour la modique somme de 1 million d’euros. Pellè veut continuer sur sa lancée, et il ne lui faut qu’un match pour marquer son premier but : c’est Grossetto qui l’encaissera, et en Coppa. A Parma, on commence alors à se frotter les mains, quel coup des dirigeants !
Le problème est qu’après ce premier but, Pellè ne marquera plus jusqu’à décembre. Mais pour relancer la machine, rien de tel qu’une rencontre contre son club formateur : Lecce. Résultat, Grazi inscrit un nouveau but, le deuxième en 6 mois. En janvier 2012 c’est la Sampdoria qui l’accueille en prêt. Bilan avec les Blucerchiati : 16 matchs 4 buts, pas mal.
Mais à l’été 2012, plus personne ne croit en Graziano Pellè, il a 27 ans, et le seul fait notable dans sa carrière est l’étiquette de nouveau Luca Toni.. on a fait plus glorieux.
Plus personne a-t-on dit ? En réalité, cet été là, un homme est encore assez fou pour faire confiance à l’Italien. Cet homme, c’est Koeman, qui l’aura commandé une saison durant à Alkmaar. Retour aux Pays-Bas, mais cette fois à Feyenoord et en prêt avec option d’achat.

Deuxième exil

« C’est décidé, Graziano, tu sera ma muse, et tu ne me quittera plus. » C’est un peu ce qu’aurait pu dire Koeman lorsque Graziano le rejoignit à Feyenoord. «Je suis sûr qu’il peut marquer 15 buts pour Feyenoord» Déclarera même Koeman. Et cette fois, le néerlandais a eu du flair. Mais Pellè cette année là, c’est aussi un homme qui en a gros sur le coeur et qui décide de dénoncer « l’excès de passion » en Italie.

“Je n’étais pas heureux en Italie, j’aime l’honnêteté et on la trouve difficilement en Serie A. Il y a beaucoup d’histoires sur ce qui se passe hors des terrains et sur les matchs que la Juve a acheté pour être championne d’Italie. Ce n’est pas le monde du football dont j’ai rêvé. Si vous jouez mal, on peut détruire votre voiture, certains considèrent même cela normal de se faire gifler par des tifosi. Durant les entraînements, vous pouvez siffler ou insulter qui vous voulez, mais hors du terrain on doit me respecter. Si je vais dans une pizzeria et que la pizza n’est pas bonne, je dois taper le pizzaïolo et ne pas le payer ? Heureusement, je n’ai pas eu de problème avec les tifosi, mais je connais beaucoup de personnes qui en ont été victimes. De plus, en Italie les stades sont vieux et vides et un certain nombre de clubs payent les salaires en retard. Enfin, si les joueurs ne s’inquiètent pas d’un match perdu c’est parce qu’ils ont parié.”

Libéré, l’attaquant peut désormais se concentrer sur son football.

Pellè conclut son premier exercice avec un total exceptionnel de 29 matchs pour 27 buts. Des statistiques de meilleur buteur, mais qui ne lui permettront pas de terminer sur la première marche du classement des buteurs. C’est Bony qui s’installe sur le trône avec 4 unités de plus. Dommage,  mais Bony, lui, décide de partir faire le grand saut à Swansea, la voie est libre et Graziano compte bien la saisir !  C’est donc avec 23 pions en 28 matchs que Pellè termine son second exercice sous les couleurs de Feyenoord, mais encore une fois, le titre de meilleur buteur lui échappe. Cette fois c’est Alfred Finnbogason goleador du SC Heerenveen qui prend la succession de Bony avec 29 buts. Finalement Pellè est devenu lui aussi un « goleador » mais aussi un loser magnifique.

Enfin en Premier League

L’été 2014 arrive vite, l’entraîneur argentin Mauricio Pochettino quitte son poste d’entraîneur de Southampton pour rejoindre Tottenham, et ce avec plusieurs joueurs phares du club (Shaw, Lallana…). Et c’est finalement Ronald Koeman qui sera choisit pour faire le sale boulot : reconstruire.

Et la décision donc de ramener, en Angleterre, Graziano Pellè dans ses bagages paraît donc tout à fait normale !

Et ce choix va finalement porter ses fruits, au bout de 6 journées de Premier League, Graziano comptabilise déjà 4 buts et 1 passe décisive. Le mois d’Octobre arrive donc avec ses bonnes nouvelles, Graziano reçoit une convocation du sélectionneur italien Antonio Conte, pour affronter Malte et l’Azerbaïdjan. 76 minutes de jeu et 1 but plus tard, Graziano rapporte 3 précieux points à l’Italie face à Malte dans la course à la qualification pour l’Euro 2016. Ses débuts sont réussis, et cette fois c’est sûr, Pellè est lancé.

Aujourd’hui Pellè peut se targuer d’avoir marqué 12 buts en 37 matchs de Premier League pour sa première saison, mais également d’avoir distillé 2 passes décisives, mais également d’être le meilleur buteur de sa nouvelle maison : Southampton.

Et le constat est le même en sélection, «Grazi» a marqué 2 fois en 3 matchs (Malte, Angleterre) Certes à l’heure actuelle, l’attaquant n’apparaît pas comme un titulaire en Nazionale, mais le géant à toutes ses cartes à jouer. Et cette fois ci, les cartes ont bel et bien étés redistribuées, en la faveur de l’Italien.

Le but exceptionnel de Graziano Pellè face aux Queens Park Rangers. La pure classe, vous êtes prévenus.

Un but fantastique de notre géant, contre Stoke City.

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